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Commune de Mons — Province de Hainaut

Histoire complète de Saint-Symphorien

Des silex et un menhir

À la carrière Hardenpont, on a retrouvé des silex taillés vieux de 200 000 à 325 000 ans environ. Au Néolithique, des ateliers de taille travaillaient ici le silex de Spiennes, tout proche, et même celui du Grand-Pressigny, en France. Au Champ Mellet, une herminette polie et des silex des premiers agriculteurs ont été découverts, sans traces d'habitat.

Un menhir, mis au jour en 1860 et déplacé en 1951, a été ramené près de l'église en 2005. À l'époque romaine, une chaussée passait à l'ouest du territoire, et des fondations du IIe siècle auraient été trouvées au XIXe siècle au hameau de Cerneau.

Les chevaliers de Saint-Jean

Le village prend le nom de saint Symphorien, martyr d'Autun au IIe siècle ; il apparaît sans doute au XIe ou au XIIe siècle, sur des terres du chapitre de Saint-Vincent de Soignies. En 1177, l'évêque de Cambrai donne l'autel de Saint-Symphorien, avec ceux de Spiennes et de Vellereille-le-Sec, à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, les Hospitaliers.

Au plus tard en 1286, leur maison devient une commanderie. Le commandeur est le vrai seigneur du village : il a la haute, moyenne et basse justice, nomme un bailli, un mayeur et des échevins, et dispose d'un pilori. En 1363, le commandeur Nicolle de Fretemoule est en procès avec l'abbaye d'Épinlieu, qui possède la seigneurie voisine de Sassinies. Au XVIe siècle, l'ordre, installé à Malte, prend le nom de chevaliers de Malte.

L'église paroissiale, bâtie au XVIe siècle, conserve une châsse romane que la tradition dit offerte par l'évêque de Cambrai au XIIe siècle. Chaque année, la procession du « Grand Tour » sort le jeudi après la Pentecôte.

Les seigneurs et le château

À côté de la commanderie existe une seigneurie laïque, qui relève de Havré. Elle passe des de la Vallée, cités dès 1244, aux de Ghelet, échevins de Mons au XVe siècle, puis aux de Crohin, aux de Bousies et à d'autres familles. En 1412, une charte-loi permet au village de nommer ses échevins.

En 1708, Jérôme-Alexis Robert achète la seigneurie et fait construire un château, dans l'actuel parc Maigret de Priches. Sa famille est faite baronne de Saint-Symphorien au milieu du XVIIIe siècle et reste au château jusqu'en 1876. L'église est reconstruite en 1783. En 1743, le duc de Fleury devient commandeur ; la chapelle de la commanderie est supprimée en 1767.

En 1794, avec l'arrivée des Français, l'Ancien Régime prend fin. La commanderie est supprimée et sa ferme vendue à un particulier ; un de ses bâtiments, daté de 1757, subsiste encore. Saint-Symphorien entre dans le département de Jemappes, canton de Mons.

Chicons, phosphates et fanfare

Au XIXe siècle, le village reste agricole et se fait un nom avec le chicon : vers 1900-1910, on en vend près de 60 000 kilos par an, en partie jusqu'à Paris. On y trouve aussi une distillerie, dont des annexes datent de 1854, une tuilerie, un moulin à vent, une fabrique de pipes, une fabrique de cartes à jouer et une blanchisserie de toiles.

À la fin du XIXe siècle, onze carrières de craie phosphatée, la même que celle de Ciply, font la prospérité du village ; un train industriel les relie à la gare d'Obourg. Elles disparaissent après la Seconde Guerre mondiale. Un tramway à vapeur relie Nimy à Saint-Symphorien à la fin du XIXe siècle, puis il est électrifié en 1930 et remplacé par des autobus dans les années 1950.

En 1853 naît la Philharmonie de Saint-Symphorien, devenue Royale, qui réunit encore près d'une centaine de musiciens bénévoles.

Août 1914

Le 21 août 1914, la guerre arrive. John Parr, un jeune éclaireur à vélo du 4e bataillon du Middlesex Regiment, âgé de 17 ans, part repérer les Allemands vers Obourg. Il tombe sur une patrouille et y est tué : il est considéré comme le premier soldat britannique tué au combat de la guerre. Des recherches de 2014 suggèrent qu'il pourrait avoir été touché par un tir de son propre camp.

Les 23 et 24 août, la bataille de Mons se déroule en partie sur le territoire du village, entre l'armée britannique et l'armée allemande. Le lieutenant Maurice Dease, tué en défendant le pont de Nimy, sera le premier soldat de la guerre à recevoir la Victoria Cross à titre posthume.

Le cimetière de la réconciliation

En 1916, l'armée allemande, qui occupe le pays, cherche un terrain pour enterrer les morts de la bataille de Mons. Le botaniste Jean Houzeau de Lehaie, spécialiste des bambous, refuse de le vendre ou de le laisser réquisitionner : il l'offre, à une condition, que les soldats des deux camps y reposent avec le même respect. Le cimetière, dessiné à la manière d'un cimetière en forêt, est inauguré le 6 septembre 1917. Un obélisque de pierre bleue de 7 mètres y rend hommage, en allemand, aux soldats allemands et anglais tombés près de Mons les 23 et 24 août 1914.

Le 11 novembre 1918, à 10 h 58, deux minutes avant l'armistice, le soldat canadien George Lawrence Price est tué par un tireur allemand à Ville-sur-Haine, tout près de là. D'abord enterré à Havré, il est ramené à Saint-Symphorien. Le cimetière réunit ainsi le premier et le dernier soldat du Commonwealth tués pendant la guerre, ainsi que George Ellison, un autre des derniers soldats britanniques tombés ce jour-là.

Après la guerre, la commission britannique des sépultures de guerre reprend le cimetière, que l'architecte William Harrison Cowlishaw transforme en jardin à l'anglaise. Il compte 513 tombes : 284 allemandes et 229 du Commonwealth, dont 105 de soldats non identifiés. Le 4 août 2014, pour le centenaire de la guerre, le roi Philippe, la famille royale britannique et les présidents allemand et irlandais s'y retrouvent.

Saint-Symphorien aujourd'hui

Saint-Symphorien est une commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, qui l'intègre à Mons. Le village est devenu surtout résidentiel. La Confrérie Saint-Symphorien organise sa procession le quatrième week-end d'août, et les Gilles du village sortent chaque année pour la fête.

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