Commune de Mons — Province de Hainaut
Les bois d'Obourg ont livré de nombreuses traces préhistoriques. Au Bois du Gard, des outils en silex trouvés en 1950 remonteraient à plusieurs centaines de milliers d'années, mais leur datation reste discutée. Au Bois du Gard et au Bois Saint-Macaire, des campements de plein air de chasseurs de la fin de la dernière glaciation, entre 12 500 et 8 500 avant notre ère, ont été fouillés avant leur destruction. Des harpons ont été découverts lors du creusement du canal du Centre.
Au Néolithique, des hommes de la culture de Michelsberg exploitent le silex du sous-sol. Des haches polies et des outils en bois de cerf ont été datés entre 4690 et 4450 avant notre ère, plus tôt encore que les premières minières de Spiennes.
Le village a aussi eu son faux célèbre : le « mineur d'Obourg », un squelette trouvé en 1879 à cinq mètres de profondeur et présenté comme celui d'un mineur préhistorique. Une datation au carbone 14, au début des années 1990, a montré qu'il était bien plus récent.
À l'époque romaine, des fondations, des tuiles, de la céramique, une coupe en bronze et des monnaies montrent que le site était occupé. En 1966, huit tombes mérovingiennes contenant des armes ont été mises au jour.
Le village naît au XIe ou au XIIe siècle dans une clairière de la forêt de Broqueroie, le long de l'Aubrecheuil, sur le chemin de Mons à Saint-Denis. Son nom apparaît au début du XIIe siècle, sous les formes Oborch ou Alburg, puis Alborghen en 1183. Le suffixe « -burg » désigne un bourg ; l'origine du début du nom reste discutée.
Selon la tradition, la bataille qui oppose vers 1072 la comtesse Richilde de Hainaut à Robert le Frison ravage aussi Obourg (voir l'histoire de Ville-sur-Haine). Peu après, Obourg passe des chanoines de Saint-Pierre de Mons à la nouvelle abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie, voisine.
Les abbés de Saint-Denis deviennent les seigneurs d'Obourg, avec la haute, moyenne et basse justice. Dès 1295, ils sont représentés au village par un mayeur et des échevins. En 1395, un abbé fait reconstruire le moulin banal, et en 1399, une charte-loi fixe les droits des habitants. Les maraîchers d'Obourg, qui vendent leurs légumes au marché de Mons, sont exemptés du tonlieu, la taxe sur les marchandises, dès le XIIIe siècle.
L'abbaye possède au village la ferme-château des Wartons, citée avant le XIVe siècle et restaurée en 1531, et la cense de la Cour des Dames, mentionnée en 1348. En 1194, la forêt de Broqueroie est partagée entre les villages voisins.
La paroisse Saint-Martin dépend de l'abbaye. Le clocher gothique de l'église date de 1547 et reçoit une flèche en 1590. Après l'épidémie de peste de 1615, l'abbé Henri de Buzegnies fait bâtir en 1616 la chapelle Saint-Macaire, qui reçoit des reliques venues de Gand et devient un lieu de pèlerinage ; l'église garde un tableau de la même année représentant la translation du corps du saint.
En 1678, pendant le siège de Mons par Louis XIV, l'armée française affronte à Saint-Denis celle du prince d'Orange, venue secourir la ville : le village subit de gros dégâts. En 1754, trente-deux des soixante et un ménages d'Obourg vivent dans une grande misère.
En 1794, avec l'arrivée des Français, l'Ancien Régime prend fin : Obourg entre dans le département de Jemappes, canton de Mons.
Vers 1830, Obourg compte environ 850 habitants, une brasserie, une fabrique de chocolat, une fabrique de chicorée, deux moulins à farine et un moulin à huile. On y cultive les céréales, la chicorée, le houblon et surtout le tabac, la spécialité du village pendant environ 250 ans, jusqu'au début des années 1970. L'ancienne église, qui menace ruine, est reconstruite et achevée en 1841, en gardant son vieux clocher.
En 1849, le chemin de fer de Mons à La Louvière s'arrête à la gare d'Obourg. Au début du XXe siècle, le canal du Centre attire de vastes usines. En 1911 naît la Société des Ciments artificiels d'Obourg : la craie, transportée par un ruban, alimente quatre grands fours. L'entreprise change plusieurs fois de nom au fil des fusions et devient Holcim en 2002. Les anciennes carrières, inondées, forment aujourd'hui des étangs.
Le 21 août 1914, John Parr, un éclaireur à vélo de 17 ans du 4e bataillon du Middlesex Regiment, part repérer les Allemands vers Obourg et y est tué : il est considéré comme le premier soldat britannique tué au combat de la guerre. Il repose au cimetière militaire de Saint-Symphorien.
Le 23 août, au premier jour de la bataille de Mons, son bataillon tient la ligne du canal à Obourg, avec le 2e Royal Irish Regiment en réserve. Les Allemands attaquent violemment le pont et le quartier de la gare ; les combats sont sanglants, la section de mitrailleuses irlandaise est anéantie. Vers 15 heures, les Britanniques commencent à se retirer. Une plaque, sur la gare d'Obourg, rappelle les soldats britanniques tombés ce jour-là.
En 1964, Obourg absorbe sa voisine Saint-Denis. Par un arrêté royal du 18 février 1971, la commune fusionne avec Mons, Cuesmes, Ghlin, Hyon et Nimy, six ans avant la grande fusion de 1977.
De 1961 à 1977, le Festival d'Obourg a fait du village un rendez-vous de la chanson française ; il a été relancé en 2015 sous le nom de Festival d'Obourg 2.0. Depuis 2001, la Maison des Sciences de la Vie et de la Terre accueille expositions et stages.
Dernière mise à jour : 22/10/2026
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