Accueil Chaîne YouTube Je m'inscris
← Ville-sur-Haine

Commune de Le Rœulx — Province de Hainaut

Histoire complète de Ville-sur-Haine

Un menhir et une villa

Des silex taillés ramassés sur les versants entre la Wanze et Creuse montrent une présence humaine dès la Préhistoire. En 1893, on découvre au lieu-dit « Bonnier de la grosse pierre » un grand menhir néolithique, qui avait été enterré, comme beaucoup d'autres au début du Moyen Âge.

Le village est cité pour la première fois en 1071, sous la forme latine « Villam super Hainam », la villa sur la Haine. Son nom rappellerait un ancien grand domaine agricole, peut-être celui que l'abbaye Sainte-Waudru de Mons aurait reçu à sa fondation au VIIe siècle, mais rien n'est sûr.

La « Hurée au sang »

En 1070, la mort du comte de Flandre et de Hainaut Baudouin VI ouvre une guerre de succession entre sa veuve, la comtesse Richilde, et Robert le Frison. Battue à Cassel en 1071, Richilde perd la Flandre. Selon la tradition, une nouvelle bataille, vers 1072, aurait commencé près de Saint-Denis-en-Broqueroie et se serait étendue à Gottignies et Ville-sur-Haine. Les noms de lieux des environs en gardent le souvenir : la « Hurée au Sang », les « Bonniers sanglants », les « Mortes Haies ».

Sur une butte, la chapelle Notre-Dame-aux-Tombeaux passe pour marquer le tumulus élevé sur les morts. Dans les années 1830, près d'un four à chaux, on aurait découvert une fosse commune avec des armes et des vases, et d'autres armes en 1870 et en 1884. Mais l'Agence wallonne du patrimoine reste prudente : rien, dans le bâtiment, ne prouve son lien avec la bataille. La chapelle, citée en 1673 comme « Tombe à Ville », date dans son état actuel au moins du XVIIIe siècle ; elle est classée depuis 1990.

Richilde et son fils Baudouin fondent l'abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie, toute proche, qui recevra plus tard l'autel de la paroisse de Ville-sur-Haine.

Un village partagé

Sous l'Ancien Régime, Ville-sur-Haine dépend du comté de Hainaut et de la prévôté de Mons. Les terres sont partagées entre plusieurs maîtres : le chapitre de Sainte-Waudru, l'abbaye de Saint-Denis, la commanderie de Piéton et les seigneurs du Rœulx, qui possèdent un moulin à eau. La paroisse dépend de celle de Gottignies.

L'église, en hauteur, est restaurée en 1657 ; les religieux de Saint-Denis font reconstruire son chœur et son autel en 1672, puis elle est rebâtie en 1767, comme le disent deux chronogrammes. Dans un vallon, la chapelle Notre-Dame de Creuse remonte au plus tard au XVIe siècle ; une légende attribue son origine à une statuette de la Vierge trouvée par un berger. Un pèlerinage y a lieu chaque année le jour de l'Ascension.

En 1794, avec l'arrivée des Français, l'Ancien Régime prend fin : le village entre dans le département de Jemappes, canton du Rœulx.

Le canal, le verre et la chimie

Au XIXe siècle, les voies de communication transforment la vallée : la chaussée de Mons au Rœulx est pavée en 1842, le chemin de fer de Mons à La Louvière passe en 1849, et le canal du Centre est creusé à partir de 1883. Les usines suivent : une sucrerie près de la gare de Havré-Ville de 1870 à 1883, puis une cimenterie, l'une des premières de Belgique, qui ferme en 1908.

En 1908 s'ouvrent les verreries de Jean-Baptiste Doyen, arrêtées pendant la Première Guerre mondiale, puis remplacées en 1924 par les Verreries-Gobeleteries Doyen, qui fermeront en 1975. Dans les années 1920, l'usine chimique UCB se développe à son tour, en traitant le benzol et les goudrons, et une centrale électrique s'installe dans la vallée.

Le 11 novembre 1918

Au matin du 11 novembre 1918, les soldats canadiens du 28e bataillon, venus d'Havré, atteignent le canal face à Ville-sur-Haine. Ils savent que les combats cesseront à 11 heures. Une petite patrouille, menée par George Lawrence Price et Art Goodmurphy, traverse le pont pour fouiller les maisons, où des soldats allemands installent des mitrailleuses.

Au moment où Price sort dans la rue, un tireur allemand l'atteint à la poitrine. Une jeune infirmière belge le soigne dans une maison, mais il meurt presque aussitôt, à 10 h 58, deux minutes avant l'armistice. Il est considéré comme le dernier soldat du Commonwealth tué au combat pendant la Première Guerre mondiale. D'abord enterré à Havré, il repose aujourd'hui au cimetière militaire de Saint-Symphorien, près du premier soldat britannique tué en 1914.

La mémoire de George Price

En 1968, ses camarades posent une plaque près de l'endroit où il est tombé. En 1991, la passerelle qui franchit le canal du Centre reçoit son nom, et en 2015 l'école du village devient l'École George Price. Pour le centenaire de l'armistice, en 2018, un monument en forme de larme est inauguré à Ville-sur-Haine.

Ville-sur-Haine est une commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, qui l'intègre au Rœulx. En 2008, l'église s'est dotée de nouveaux vitraux sur le thème des Béatitudes, créés par l'artiste Joost Caen.

Vous connaissez l'histoire de Ville-sur-Haine ?

Cette page est écrite à partir de sources publiques et elle peut toujours s'enrichir. Vous avez une information, un souvenir de famille, une vieille photo ou une carte postale ? Vous avez repéré une erreur ? Écrivez-nous : chaque information est vérifiée avant d'être ajoutée, corrigée ou retirée.

[email protected]