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Commune de Mons — Province de Hainaut

Histoire complète de Ciply

Une mer sous les champs

Bien avant les hommes, la région de Mons était couverte par la mer. À la fin de l'ère des dinosaures, au Maastrichtien, il s'y est déposé une craie très particulière, riche en grains de phosphate. Les géologues l'appellent la « craie phosphatée de Ciply-Malogne ». Elle est pleine de fossiles : bélemnites, ammonites, coquillages, et parfois de grands reptiles marins.

En 1844, l'historien Alphonse Wauters décrit aussi à Ciply une grande grotte calcaire, le « trou des Sarrazins », avec ses salles, ses galeries et ses cristaux.

Deux seigneuries de part et d'autre d'une voie romaine

Ciply apparaît pour la première fois en 973, dans une donation de l'empereur Otton Ier à l'abbaye de Crespin. Au Moyen Âge, le village est partagé entre deux seigneuries, Ciply et Montrœul, séparées par la chaussée Brunehaut, la voie romaine de Bavay à Utrecht. Chacune a ses propres mayeurs et échevins.

En 1177, les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem possèdent un fief à Ciply. Au XVIe siècle, l'abbaye de Bélian, à Mesvin, y fonde une école. Les querelles de limites entre les deux parties du village ne prennent fin qu'en 1805, quand ses frontières sont enfin fixées.

Jean-Pierre de Ciply, chauffeur du Hainaut

À la fin du XVIIIe siècle, le Hainaut est terrorisé par les « chauffeurs », des bandits qui brûlaient les pieds de leurs victimes pour leur faire avouer où était caché leur argent. Ciply a donné l'un d'eux : Nicolas-Joseph Gérin, dit « Jean-Pierre de Ciply », né vers 1778, dernier lieutenant du célèbre Antoine-Joseph Moneuse. Il est mort à Douai, en 1798, avant même ses vingt ans.

Le temps des phosphates

Au XIXe siècle, Ciply vit d'abord de l'agriculture : céréales, lin, betteraves et moutons. Une houillère y fonctionne aussi à partir de 1859, jusqu'à la fermeture des charbonnages d'Hyon-Ciply en 1928.

Tout change en 1873, quand les géologues Alphonse Briart et François-Léopold Cornet reconnaissent les grains de phosphate dans la craie de Ciply. Le phosphate sert d'engrais, et l'agriculture en a un grand besoin. L'exploitation commence à Ciply dès 1874, puis à Cuesmes en 1876. Au début des années 1880, plus de quarante sites sont en activité, et les phosphates partent jusqu'en Grande-Bretagne.

Les mineurs creusent sous terre des galeries parallèles, en laissant des piliers d'environ quatre mètres de côté pour soutenir le plafond, à la poudre noire, au pic et à la lampe à huile. Dans les années 1890, la concurrence des gisements de Hesbaye entraîne fermetures et fusions. L'activité est interrompue par la guerre de 1914-1918, connaît encore un sommet dans les années 1920, puis s'effondre avec la crise de 1929 et l'arrivée de phosphates moins chers de Russie et d'Afrique du Nord. Avant la Seconde Guerre mondiale, l'extraction de la craie a cessé à Ciply.

Le monstre de 1885

En janvier 1885, dans une carrière de phosphate du bassin de Ciply, près de Mesvin, un ouvrier découvre huit vertèbres géantes. Avec l'accord de l'industriel Léopold Bernard, qui dirige la carrière, on fouille pendant un mois et l'on dégage tout un squelette de mosasaure, un énorme reptile marin.

Le paléontologue Louis Dollo le décrit la même année sous le nom d'Hainosaurus bernardi, d'après la Haine, la rivière de la région, et le nom du directeur de la carrière. On l'a d'abord cru long de 17 mètres ; les spécialistes l'estiment aujourd'hui autour de 12 mètres. Le squelette est conservé par l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique.

Du XXe siècle à aujourd'hui

Le 23 août 1914, pendant la bataille de Mons, la 6e division allemande franchit le canal et se lance à la poursuite des troupes britanniques en direction de Frameries et de Ciply, avant de s'arrêter à la tombée de la nuit.

Entre les deux guerres, les galeries abandonnées des carrières voisines de la Malogne deviennent une champignonnière, jusque dans les années 1980. Une fois le pompage arrêté, l'eau a envahi une partie du réseau : un lac souterrain d'environ deux kilomètres de long, réserve d'eau potable. Le site de la Malogne est devenu réserve naturelle en 1987 et a été classé en 1990 ; plus de mille chauves-souris y passent l'hiver.

En 1977, Ciply perd son statut de commune et rejoint la ville de Mons.

À découvrir au village

Pour prolonger la découverte de Ciply, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : MW Fisca.

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