Commune de Viroinval — Province de Namur
Nismes compte parmi les plus anciens lieux habités de la région : on y a retrouvé des traces humaines antérieures au Magdalénien, à la fin de la dernière glaciation. Des tombes et des retranchements gallo-romains y ont aussi été découverts, ainsi que des vestiges de l'époque mérovingienne.
Le décor naturel explique en partie cette longue présence. Le calcaire du pays s'est formé au Dévonien, il y a environ 375 millions d'années, et l'eau l'a creusé. L'Eau Noire s'engouffre sous terre à Petigny, où elle a creusé les grottes de Neptune, et ressort à Nismes. Sur les hauteurs, des gouffres anciens, les « fondrys », percent le plateau.
Au haut Moyen Âge, Nismes appartient, avec Couvin et Frasnes, au domaine de la célèbre abbaye parisienne de Saint-Germain-des-Prés. En 996, ces villages font partie de la dot d'Hedwige de France, sœur du roi Robert le Pieux, qui épouse le comte de Hainaut Régnier IV.
Un siècle plus tard, le comte Baudouin vend Couvin et ses dépendances à Otbert, évêque de Liège. Nismes dépendra dès lors de la châtellenie de Couvin, dans la principauté de Liège, jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. Son château, détruit peu après 1096, est reconstruit en 1148 par le prince-évêque Henri de Leyen. Au XVe siècle, le village accueille une foire.
Le fer fait la richesse de Nismes : plusieurs forges sont attestées dès 1451. Les fondrys tirent sans doute leur nom de l'exploitation du minerai de fer ; l'un d'eux, le Matricolo, a fourni du minerai jusqu'à la fin du XIXe siècle. Le plus impressionnant, le Fondry des Chiens, profond d'une vingtaine de mètres, devrait son nom à une légende : on y aurait jeté des cadavres d'animaux, et notamment de chiens.
Village frontière, Nismes souffre des guerres. En 1469, une troupe bourguignonne de 300 soldats démolit en partie ses remparts et ceux de Couvin. En 1544, les gens de Nismes aident Couvin à se défendre contre des bandes de pillards. Puis vient la guerre entre Charles Quint et le roi de France Henri II, la même qui voit tomber Mariembourg : en 1554, le château de Nismes est détruit pour de bon.
En 1606, l'église Saint-Lambert est reconstruite. En 1626 ou 1627 selon les sources, le curé Jean Noël fait bâtir la chapelle Saint-Roch sur l'ancien cimetière des pestiférés ; la chapelle Saint-Joseph, près d'un vieux tilleul, date de la fin du XVIIe siècle.
Nismes voit aussi naître Pierre Bosseau, marquis de Châteaufort, militaire au service de l'Espagne, devenu capitaine général de la Vieille-Castille et vice-roi de Catalogne, mort à Zamora en 1741. En 1730, il offre un calice à l'église de son village.
Le futur château Licot est d'abord une ferme, la cense du Maugré, qui appartient à la famille Martin jusqu'en 1658, puis aux Baillet ; une pierre datée de 1736 orne son entrée. Mise en vente, elle est achetée en 1745 par Michel Licot.
Sous le régime français, Nismes devient le chef-lieu d'un canton du district de Couvin, dans le département des Ardennes, avec Dourbes, Olloy et Fagnolle.
Vers 1830, un haut fourneau tourne encore grâce à l'Eau Noire. En 1829, la nouvelle église Saint-Lambert, de style néoclassique, est construite par l'architecte Jean Kuypers ; l'ancienne est désaffectée en 1845, démolie en 1890, et ses ruines sont classées en 1936. De 1864 à 1890, Auguste Licot, cofondateur des usines La Providence, transforme la vieille cense en château.
Le bois fait vivre une grande partie du village : bûcherons, charbonniers, préparateurs d'écorces de chêne pour les tanneries, et surtout sabotiers. Au début du XXe siècle, Nismes compte 200 sabotiers. Les ateliers ferment peu à peu dans les années 1950, quand la chaussure en cuir devient accessible à tous. Le chemin de fer, lui, dessert le village pendant un siècle.
En 1940, les habitants fuient vers le sud ; la passerelle du monument saute et de nombreuses maisons sont détruites. Plus tard dans la guerre, un bombardier britannique Short Stirling qui revenait de Stuttgart est abattu vers 2 h 15 du matin au-dessus du bois de Nismes : ses sept aviateurs sont tués, et une stèle rappelle leur mémoire à Regniessart, là où s'abritait aussi le maquis (voir l'histoire de Vierves-sur-Viroin).
En 1923, la commune rachète le domaine du château Licot, restauré en 1964. À la fusion de 1977, Nismes s'unit à sept autres communes pour former Viroinval et en devient le siège : le château Licot est depuis l'hôtel de ville.
La grande fête du village est la Marche Saint-Lambert, le deuxième week-end de septembre. Les trains à vapeur des Trois Vallées traversent toujours Nismes entre Mariembourg et Treignes, et le Fondry des Chiens, dans la réserve naturelle, attire les promeneurs.
Dernière mise à jour : 22/10/2026
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