Commune de Leuze-en-Hainaut — Province de Hainaut
Des chasseurs du Mésolithique ont laissé des traces au lieu-dit « Ville d'Anderlecht ». Mais c'est au Néolithique ancien que Blicquy entre dans l'histoire de la préhistoire européenne. Entre environ 4950 et 4650 avant notre ère, des agriculteurs venus de l'est s'installent dans l'ouest du Hainaut et en Hesbaye. Les archéologues ont donné à leur culture le nom de Blicquy/Villeneuve-Saint-Germain, d'après les sites de Blicquy (« la Couture du Couvent », « la Couture de la Chaussée ») et d'un village du nord de la France. Ils taillaient notamment de longues lames dans le silex de Ghlin.
Leurs voisins d'Ormeignies, d'Irchonwelz et d'Aubechies appartenaient au même monde. Plus tard, au Néolithique moyen, un vaste enclos d'environ 950 mètres de diamètre, entouré d'un fossé et d'une palissade percée de quatre entrées, est aménagé à Blicquy par des hommes de la culture de Michelsberg, la même que celle des mineurs de silex de Spiennes.
À la fin de l'âge du Bronze, une nécropole à incinération de la civilisation des Champs d'Urnes, avec 35 tombes, s'installe à la Ville d'Anderlecht.
Le lieu devient ensuite sacré. Entre 200 et 50 avant notre ère, on y dépose des restes humains, des armes et des pièces de harnachement, ce qui évoque des rites celtes. Des monnaies des Nerviens, le peuple gaulois de la région, et de petites armes miniatures, datées d'entre 50 et 30 avant notre ère, montrent que ce culte s'est poursuivi au moment de la conquête romaine.
À l'époque romaine, la chaussée qui part de Bavay se dédouble à Blicquy. Une agglomération routière, le « Camp Romain », se développe à ce carrefour dès le Ier siècle. À 2,5 kilomètres à l'ouest, le vieux lieu de culte gaulois devient un grand sanctuaire, sans doute financé par la cité des Nerviens.
D'abord modeste, il devient au IIe siècle un ensemble monumental : un temple de tradition gauloise, l'un des plus grands de Belgique, dans une enceinte sacrée de 85 ares entourée de portiques, des thermes alimentés par un aqueduc, des ateliers où l'on travaillait le bronze, le fer et la céramique, et un théâtre d'environ 70 mètres de diamètre, construit vers le deuxième quart du IIe siècle, qui pouvait accueillir quelque 5 000 spectateurs. C'est le seul théâtre de cette époque connu à ce jour en Belgique.
On ne sait pas à quel dieu le sanctuaire était consacré : aucune inscription n'a été retrouvée. Mars, Mercure ou le culte de l'empereur sont envisagés, et deux statuettes de Mars y ont été découvertes. Le site atteint son apogée aux IIe et IIIe siècles, sur une cinquantaine d'hectares, puis il est peu à peu abandonné dans la seconde moitié du IIIe siècle.
Dès 1783, on remarque des monnaies romaines à Blicquy, et en 1848 des tessons et des tuiles. Les premières fouilles de la Ville d'Anderlecht ont lieu en 1953, mais pendant des décennies, on croit avoir affaire à une simple villa. Une statuette de Mars est trouvée en 1965, le quartier artisanal est fouillé en 1968, et c'est une photographie aérienne qui révèle le temple en 1976.
L'archéologue amateur Léonce Demarez, fondateur de l'Archéosite d'Aubechies, mène des campagnes à partir de 1978. En 1993, un plan d'ensemble du site permet de découvrir le théâtre, fouillé de 1994 à 1996 avec l'aide de la Région wallonne. Une nécropole d'environ 500 tombes, surtout de la seconde moitié du Ier siècle et du IIe siècle, a aussi été étudiée. Le sanctuaire a livré environ 500 monnaies romaines et une soixantaine de monnaies gauloises ; l'une des statuettes de Mars est conservée aux Musées royaux d'Art et d'Histoire à Bruxelles, l'autre est exposée à Aubechies.
Après les Romains, les sources se taisent pendant des siècles. Le village apparaît sans doute au XIe ou au XIIe siècle ; il est cité pour la première fois en 1084 sous le nom de Belchi, puis Bilchi en 1101 et Bliki en 1262. En 1101, l'évêque de Cambrai donne l'autel de la paroisse Saint-Lambert à l'abbaye d'Aubechies, puis le patronage passe à l'abbaye de Saint-Ghislain. En 1358, un petit hôpital dédié à saint Julien est tenu par des religieuses augustines.
Blicquy dépend du comté de Hainaut et de la châtellenie d'Ath. Ses premiers seigneurs seraient liés à la famille de Silly-Trazegnies, celle du fondateur de l'abbaye de Cambron. Le château est détruit en 1478 par les armées du roi de France Louis XI ; il en reste une tour. La seigneurie passe aux Crécy vers 1478 ; Charles Quint la confisque en 1552 à François de Crécy, et Antoine de Crécy la vend en 1594 aux Hénin-Liétard. Elle passe ensuite aux Prévost de Lapeyrière, puis, par un mariage de 1742, à la famille du Roy.
En 1776, Blicquy reconstruit son église Saint-Lambert, en briques. Elle abrite un autel de la Renaissance, une statue en bois polychrome de saint Lambert du XVe siècle, des fonts baptismaux gothiques en pierre bleue et les dalles funéraires des seigneurs du village.
En 1794, avec l'arrivée des Français, le régime féodal prend fin : Sylvestre du Roy est le dernier seigneur. Blicquy entre dans le département de Jemappes, canton de Chièvres. La famille du Roy reste pourtant au cœur du village, dont plusieurs de ses membres deviennent bourgmestres ; Alexis du Roy de Blicquy (1798-1875) fait une carrière politique en Belgique.
Le village reste essentiellement agricole. Commune à part entière jusqu'en 1977, il fait depuis la fusion partie de Leuze-en-Hainaut.
Dernière mise à jour : 22/10/2026
Cette page est écrite à partir de sources publiques et elle peut toujours s'enrichir. Vous avez une information, un souvenir de famille, une vieille photo ou une carte postale ? Vous avez repéré une erreur ? Écrivez-nous : chaque information est vérifiée avant d'être ajoutée, corrigée ou retirée.
[email protected]