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Commune de Walcourt — Province de Namur

Histoire complète de Thy-le-Château

Un tertre et une rivière

Le nom de Thy, Tî-l'-Tchestea en wallon, viendrait du latin termen, le « tertre », une racine qu'on retrouve dans les mots wallons tièr ou tiène ; « le-Château » a été ajouté après la construction d'un premier château. Le village est arrosé par la Thyria, qui fera tourner ses forges.

Pendant l'entre-deux-guerres, on a découvert à Thy un cimetière romain et un embranchement d'une chaussée romaine.

De l'abbaye de Lobbes au comte de Hainaut

Thy apparaît dans les archives au IXe siècle, parmi les biens de l'abbaye de Lobbes. Une légende raconte qu'un seigneur du lieu, Jean, aurait participé à la prise de Tyr pendant les croisades, vers 1124, et aurait bâti à son retour un château sur le plan de cette ville ; rien ne le prouve.

Le château est cité pour la première fois à la fin du XIIe siècle : il appartient alors au comte de Namur Henri l'Aveugle. En 1188, Baudouin V, comte de Hainaut, l'assiège et le prend de force. En 1190, il le donne à son frère Guillaume, dit « de Saint-Sauve ».

Le château, avec sa cour féodale, passe ensuite à de nombreuses familles nobles : les de Neuville, de Werchin, de Barbençon-Jeumont (une branche des seigneurs de Solre-sur-Sambre), de Melun, de Ligne et de Croÿ.

Le village du fer

Dès le Moyen Âge, on travaille le fer à Thy. Aux siècles suivants, le village compte des marteaux, des moulins à fer, des affineries et des platineries ; le minerai et la castine sont extraits sur place et dans les villages voisins, et le charbon de bois vient des forêts de la région.

L'église gothique Saints-Pierre-et-Paul est construite aux XVe et XVIe siècles ; sa haute tour-porche est retouchée en 1719. La pierre tombale du curé P. Yernaux, mort en 1764, y est conservée.

En 1763 est créée la société de Thy, avec une forge et une fonderie. Vers 1790, les révolutionnaires incendient le château vide, qui tombe en ruine.

Forges, brasserie et chemin de fer

Vers 1830, la famille Henseval achète les ruines du château et les transforme en granges et en habitations. En 1848, le chemin de fer relie Thy au bassin de Charleroi, et le XIXe siècle est l'apogée de la grande métallurgie. En 1893, la société de Thy transfère ses activités et son siège à Marcinelle, mais le village continue de vivre du métal au XXe siècle avec la Compagnie générale des Aciers et le laminoir Saint-Éloi.

Le château, lui, devient une brasserie (en 1870 selon Castles.nl, en 1896 selon Wikipédia, après avoir appartenu à Louis Mouvet en 1872). De 1910 à 1919, Auguste et Félicien Choisis y exploitent la Brasserie de Thy-le-Château.

Le footballeur international belge Paul Bouttiau, né à Thy en 1887, meurt pendant la Première Guerre mondiale, en 1916 ; il est enterré au village. Pendant cette guerre, des réfugiés de la région de Thy vivent à Bonnières-sur-Seine et Bennecourt, en France ; Bonnières-sur-Seine deviendra la ville jumelle de Thy en 1972.

Louis Piret et le 14 mai 1940

Louis Piret, maître de forges et propriétaire de l'usine Saint-Éloi, achète le château (en 1910 selon Castles.nl, en 1919 selon Wikipédia). Il le fait restaurer dans son aspect médiéval, en enlevant les constructions ajoutées et en s'appuyant sur des fouilles : courtines, tours d'angle et châtelet d'entrée sont refaits sur les plans de l'architecte Puissant, de 1928 à 1931 selon Wikipédia, travaux terminés en 1939 selon Castles.nl.

Le 14 mai 1940, un convoi de munitions français est arrêté dans le village quand une bombe de la Luftwaffe fait exploser un des camions. Le feu gagne les autres camions et les maisons : le centre du village est en grande partie détruit, avec l'église gothique, et le château est très endommagé. Quatre personnes meurent, deux soldats et deux civils.

Pendant l'occupation, neuf religieux et cinq laïcs sont arrêtés lors de rafles et déportés en Allemagne ; quatre seulement reviennent en 1945. Une stèle rappelle leur souvenir rue du Fourneau, devant l'ancien séminaire des Pères Blancs.

Thy-le-Château aujourd'hui

Après la guerre, Louis Piret reconstruit le château, qui doit son aspect actuel à cette restauration. Le porche et la tour de l'église, seuls rescapés, sont classés en 1948 ; une nouvelle église en calcaire est construite de 1955 à 1959 sur les plans de l'architecte G. Puissant, avec un décor en céramique de Vinck et la châsse de saint Pierre.

Thy-le-Château est une commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, qui l'intègre à Walcourt. Le village est connu pour sa marche Saints-Pierre-et-Paul, une des marches folkloriques de l'Entre-Sambre-et-Meuse reconnues par l'UNESCO, avec trois compagnies : la Relève, la Compagnie Saints-Pierre-et-Paul et la Compagnie des Zouaves.

Le château, propriété privée, accueille des activités culturelles. Une promenade balisée, « d'un château à l'autre », le relie au château de Berzée, le village voisin.

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