Commune de Neufchâteau — Province de Luxembourg
Dès le VIIe siècle, un domaine mérovingien appelé Longolare est attesté à Longlier. En 759, le roi Pépin le Bref y séjourne et y célèbre Noël, ce qui laisse supposer qu'une église existait déjà. Son fils Charlemagne y réside en 771 et en 773, et l'empereur Lothaire Ier y passe en 844.
En 888, Longolare fait partie des 43 domaines appartenant au chapitre Sainte-Marie d'Aix-la-Chapelle, propriétés que confirme le roi Arnoul de Carinthie. C'est le même acte de 888 qui cite aussi Amberloup et Neu-Moresnet : voir l'histoire d'Amberloup et l'histoire de Neu-Moresnet.
La paroisse du domaine devient la paroisse mère d'une trentaine de localités du pays de Neufchâteau. Ce n'est qu'à partir du XVIIe siècle, et jusqu'au début du XIXe, que les villages s'en détachent un à un. Depuis l'époque carolingienne, on enterre les morts autour de l'église.
En 1055, Godefroid le Barbu, duc de Haute-Lotharingie, fonde un prieuré près de l'église. En 1056-1057, il donne l'église et tous ses revenus à l'abbaye bénédictine de Florennes. Le prieuré n'abrite jamais beaucoup de moines.
L'église Saint-Étienne actuelle porte la date de 1753, sur le chevet et au-dessus de la porte de la sacristie. Elle a gardé des fonts baptismaux romans du XIIe siècle, ornés d'arcatures et de têtes aux angles, seul mobilier ancien qui ait survécu. Dans le cimetière se dressent un calvaire de pierre de 1647 et des pierres tombales du XVIIIe siècle, dont certaines rappellent des moines bénédictins. Les moines ont aussi tenté, sans grand succès, d'exploiter une ardoisière.
En 1797, les révolutionnaires français suppriment le prieuré et le vendent. Il n'en reste que des granges et des écuries, intégrées à une ferme ; un linteau porte encore un agneau crucifère, symbole de saint Jean-Baptiste, patron de l'abbaye de Florennes.
En 1823, Longlier est réuni à Lahérie, Massul, Molinfaing et Tronquoy pour former une seule commune. Hamipré s'en sépare dans les années 1860. Le village est desservi par la ligne de chemin de fer 162, entre Namur et Arlon.
C'est à Longlier qu'est enterré Jules Lejeune, ministre de la Justice de 1887 à 1894, ainsi qu'Albert Leblanc, organiste de la cathédrale de Luxembourg.
En août 1914, soldats allemands et français s'affrontent violemment dans le village, dont une grande partie est détruite. Les Allemands incendient ce qui restait du prieuré. Une chapelle dédiée à Notre-Dame de Luxembourg, sur la route de Martelange, rappelle ces événements.
En mai 1940, dans les premiers jours de l'invasion allemande, Longlier est défendu par le 11e régiment de cuirassiers français. Un matin, les chars du Panzer-Regiment 2, de la 1re Panzerdivision, qui fonce vers la Meuse à Sedan, attaquent le village. Les défenseurs détruisent plusieurs chars, et les Allemands renoncent à prendre Longlier de front ; ils contournent Neufchâteau par le sud, ce qui oblige les Français à se replier. Le village est occupé dans l'après-midi.
Longlier a vu naître Albert Claude, qui a reçu en 1974 le prix Nobel de physiologie ou médecine. En 1977, la fusion des communes rattache Longlier à Neufchâteau.
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