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Commune de Sainte-Ode — Province de Luxembourg

Histoire complète d'Amberloup

L'époque romaine

À l'époque romaine, l'Ardenne s'appelle en latin Arduenna, du nom de la forêt et de la déesse qui la protège, Arduinna. Une voie romaine reliant Bavay à Trèves traversait la région d'Amberloup.

Selon la tradition, l'église d'Amberloup a été construite à l'emplacement d'un temple païen du IIIe siècle. Le témoin le plus précieux de cette époque est encore visible : une pierre placée au-dessus de la porte de l'église porte l'inscription « Curia Arduenn... ». Elle est répertoriée dans les grands recueils d'inscriptions latines (Corpus Inscriptionum Latinarum XIII, 3631, et Inscriptions latines de Belgique, 61).

Le sens de cette inscription a fait l'objet de plusieurs hypothèses. Les historiens anciens y voyaient la trace d'un domaine forestier appartenant à l'empereur. Une étude plus récente de l'archéologue allemand Christoph B. Rüger y voit plutôt une « curia », c'est-à-dire une confrérie d'hommes réunis autour du culte d'un ancêtre mythique.

Le domaine romain d'Amberloup aurait été détruit lors des invasions germaniques des IVe et Ve siècles.

Le haut Moyen Âge

Au haut Moyen Âge, Amberloup redevient un centre important. Le domaine a peut-être servi, par moments, de résidence aux Pippinides, la famille de Pépin de Herstal et des ancêtres de Charlemagne.

Le roi Lothaire II fait don de 44 domaines (appelés « villas ») à l'Église d'Aix-la-Chapelle. Amberloup figure dans la liste, avec notamment Bastogne, Paliseul, Chevigny et Ortho. Cette donation est confirmée en 888 par le roi Arnoul de Carinthie, dans un acte qui est parvenu jusqu'à nous. La même année, le même roi attribue aussi à l'église d'Aix-la-Chapelle les biens de Moresnet, à l'autre bout de la Wallonie (voir l'histoire de Neu-Moresnet).

La paroisse et l'Ancien Régime

Amberloup fait partie des toutes premières localités de l'archidiaconé d'Ardenne à avoir possédé une église. Un curé y est mentionné dès 1152.

L'archidiacre d'Ardenne vient inspecter l'église en 1602 et en 1719. En 1647, un autel est fondé en l'honneur de saint Nicolas.

Sous l'Ancien Régime, Amberloup, Sainte-Ode, Wigny et Tonny forment ensemble la mairie d'Amberloup, qui dépend de la prévôté de Bastogne, dans le duché de Luxembourg.

L'église actuelle est construite en 1734. Trois ans plus tard, en 1737, elle fait déjà l'objet de travaux importants.

Le XIXe siècle

Après la Révolution française, la paroisse d'Amberloup est rétablie en 1808, d'abord dans le diocèse de Metz, puis dans celui de Namur à partir de 1823.

Le 1er octobre 1823, l'ancienne commune de Tonny est rattachée à Amberloup. Pour la paroisse, la section de Tonny passe de Lavacherie à Amberloup en 1835.

En 1828, l'église est agrandie : on construit le chœur et la tour, et elle prend l'aspect qu'on lui connaît aujourd'hui. Lors de ces travaux, on découvre un monolithe (un bloc de pierre d'un seul tenant) sculpté de quatre divinités, sans doute un vestige du temple romain.

L'église est en pierre, avec une nef unique plus basse que le chœur à cinq pans. À l'ouest, la tour et deux constructions rectangulaires forment un avant-corps. L'architecte n'est pas connu.

Le presbytère est reconstruit par la commune en 1849, à l'emplacement de l'ancien. L'église est restaurée en 1871 puis en 1889, et des orgues y sont installées aux frais de particuliers (autorisation royale de 1886).

Les deux guerres mondiales

Le cimetière d'Amberloup garde la mémoire des deux guerres. On y trouve notamment la tombe de Léon Fabrics, employé des postes à Arlon et caporal au 10e régiment de ligne, tué à Termonde le 27 septembre 1914, et celle de Félicien Campin, déporté au camp d'Altengrabow, mort à 20 ans en 1917.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Georges Poncin, cheminot soupçonné de sabotage, est abattu par les Allemands à Bertrix en 1944. Il repose lui aussi à Amberloup, comme deux victimes du massacre de Bande (nuit de Noël 1944).

Lors de la bataille des Ardennes, le ciel d'Amberloup est le théâtre de combats aériens. Le 30 décembre 1944, des chasseurs-bombardiers américains P-47 Thunderbolt du 406th Fighter Group attaquent une colonne blindée allemande, sous un tir antiaérien très précis. Trois avions s'écrasent près d'Amberloup : le sous-lieutenant John I. Smith est tué sur les collines de Sprimont (hameau d'Amberloup), le sous-lieutenant Vincent Pittala au sud-ouest du village, et le pilote William Norris survit mais est fait prisonnier.

L'église et le presbytère sont endommagés pendant l'offensive de l'hiver 1944-1945. Le presbytère est réparé après 1948, l'église en 1951.

Amberloup aujourd'hui

Amberloup reste une commune à part entière jusqu'à la fusion des communes de 1977. Elle comprenait alors les hameaux d'Aviscourt, Fosset, Herbaimont, Ménil, Sprimont et Tonny. Avec Lavacherie et Tillet, elle forme la nouvelle commune de Sainte-Ode, dont Amberloup devient le siège : la maison communale s'y trouve.

En été, Amberloup accueille les Marchés du Terroir des Deux Ourthes, le jeudi en fin de journée, en alternance avec Champlon.

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