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Commune de Couvin — Province de Namur

Histoire complète de Cul-des-Sarts

Les sarts du plateau de Rocroi

Cul-des-Sarts se trouve à la pointe sud de l'Entre-Sambre-et-Meuse, sur le plateau de Rocroi, entre 320 et 375 mètres d'altitude, sur la route de Couvin à Regniowez, en France. Son nom vient des « sarts », les terres de forêt défrichées : il rappelle les essartages des XVIe et XVIIe siècles qui ont donné naissance au village. Les bois couvrent encore environ la moitié de son territoire.

Une forêt des princes-évêques

Au Moyen Âge, l'endroit n'est qu'une grande forêt. En 1096, le prince-évêque de Liège Otbert l'achète, et elle reste à la principauté de Liège. En 1571, on n'y trouve encore que deux maisons. La même année commencent des disputes sur les limites des terres, d'abord entre le prince-évêque de Liège et le duc d'Aerschot ; elles se poursuivront plus tard entre la Belgique et la France.

Bûcherons, charbonniers et ferblantiers

À la fin du XVIe siècle, et surtout au XVIIe, des colons viennent défricher la forêt : ce sont pour la plupart des bûcherons, des charbonniers et des ferblantiers ambulants. Vers 1680, un oratoire est sans doute construit, et en 1743 une chapelle dépendant de Couvin a son propre prêtre. Pendant longtemps, Cul-des-Sarts n'est qu'un hameau de Couvin.

La commune et la contrebande

En 1826, Cul-des-Sarts devient une commune à part entière, avec ses propres bourgmestres. Vers 1830, beaucoup de maisons sont encore en bois ; elles s'améliorent au fil du siècle. On vit de l'élevage et des produits laitiers vendus sur les marchés voisins, mais aussi de moulins et d'ardoisières : l'une d'elles a déjà une machine à vapeur vers 1830, chose rare dans la province de Namur.

Avec ses grands bois, au bord de la frontière, le village devient un repaire de contrebandiers. Au XIXe siècle, ils font passer surtout du tabac, avec des chiens dressés qui portent la marchandise de l'autre côté de la frontière.

Sabots, allumettes et cigares

En 1879, une route relie enfin le village à Couvin. En 1894, le partage de la forêt de Géronsart entre trois communes lui donne 121 hectares de bois. À la fin du XIXe siècle, une saboterie emploie environ 80 ouvriers, et une fabrique d'allumettes, la seule de la province, s'installe au village. La fabrique de cigares Thomas-Philippe fait travailler environ 120 personnes, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Thomas Philippe Philippe est d'ailleurs le bourgmestre resté le plus longtemps en fonction, de 1888 à 1921.

En 1897-1898, le village se dote d'une église néo-gothique, Saints-Pierre-et-Paul, en briques et en pierre bleue, sur les plans de l'architecte Édouard Van Gheluwe. Un tram vicinal relie Cul-des-Sarts à Chimay et à Couvin ; plus tard, des bus le remplacent. Le téléphone arrive en 1922 et l'électricité en 1929.

Cul-des-Sarts aujourd'hui

Commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, Cul-des-Sarts fait depuis partie de Couvin. Il n'y a plus d'usine au village. L'ancienne école abrite le musée de la vie régionale des Rièzes et des Sarts, et les tourbières ont longtemps abrité une petite plante carnivore rare, la droséra à feuilles rondes. Le village fait partie du Parc national de l'Entre-Sambre-et-Meuse.

Les traditions restent vivantes : le carnaval a lieu deux semaines après la date officielle, avec ses chars, son grand feu et une omelette géante partagée par tous, et la fête de l'été, début août, propose ses « douze heures de la bière ». Le club de football porte un nom qui dit tout : l'ES Frontières.

Le long de la chaussée de l'Europe, l'institut Esthétipédiform, ouvert en 1997, et la grande salle d'exposition de Meubles Marée font vivre le village.

Sources

Dernière mise à jour : 29/10/2026

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