Commune de Étalle — Province de Luxembourg
Villers-sur-Semois se trouve en Gaume, sur la rive droite de la Semois, qui borde le village au sud-ouest. Le village fait aujourd'hui partie du Parc naturel de Gaume.
Sous l'autel chrétien de l'église Saint-Martin se trouve une pierre d'autel romaine, une « ara », sculptée des figures d'Apollon, d'Hercule, de Minerve et de Diane : un témoin rare de l'époque gallo-romaine dans le village.
Un premier oratoire chrétien aurait existé sur le site dès le VIe siècle, sans doute sur le tertre où se dresse l'église actuelle.
L'église actuelle est construite au XVIe siècle, vraisemblablement à la place d'une ancienne chapelle ; elle a peut-être eu trois nefs. Présentée comme l'une des plus vieilles églises de la province de Luxembourg, elle est bâtie de façon irrégulière, au fil des siècles et des incendies, qui ont exigé de grosses réparations. La courbe de sa grande nef rappelle le style roman. Il n'en reste aujourd'hui que le chœur et deux travées de la nef centrale.
Sa tour carrée et massive, par laquelle on entre, porte la date de 1712 et est coiffée d'un clocher à bulbe. L'église est entourée d'un mur en pierre du pays, avec un lavoir en contrebas.
En 1709, le maître de forges Henri Henriquet devient seigneur de Villers. En 1712, il obtient l'autorisation de détourner la Semois pour assécher des terres, puis il fait bâtir un château : un bâtiment carré flanqué d'une tour octogonale de 10 mètres, avec une chapelle où l'on célébrait la messe, et où ses belles-sœurs se sont mariées. Il y vit jusqu'en 1730.
Au milieu du XIXe siècle, des bâtiments agricoles sont construits à l'ouest du château ; les fermiers du village les utiliseront jusque dans les années 2000. Après l'épidémie de choléra de 1866, les lavoirs se multiplient dans la province pour améliorer l'hygiène, et deviennent aussi des lieux de rencontre.
Le 22 août 1914, tout près, la bataille de Rossignol anéantit presque entièrement le 2e régiment d'infanterie coloniale française, qui perd 2 850 hommes. Villers-sur-Semois n'a pas à déplorer de violences particulières ce mois-là, mais le drapeau du régiment échappe au désastre : le soldat Le Guidec l'enterre dans une jarre au fond du jardin d'une ferme du village, où il reste caché toute la guerre. Il est retrouvé en 1918. Un panneau du « Chemin de la Mémoire » raconte ce geste.
Le 10 mai 1940, premier jour de l'invasion, des cavaliers français du 2e escadron du 5e régiment de cuirassiers défendent le village. Attaqué l'après-midi par le régiment d'infanterie Grossdeutschland, Villers ne tombe qu'au second assaut, avec l'appui de deux canons d'assaut ; les défenseurs se replient en laissant neuf tués.
L'église Saint-Martin est classée en 1938. Commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, Villers-sur-Semois fait depuis partie d'Étalle. La restauration du château a commencé, mais elle est suspendue en 2023.
On peut voir dans le village Le Lavoir d'Étalle, témoin du petit patrimoine gaumais, et loger au gîte Au Q du Parc, point de départ du chemin des côtes et du sentier des fées.
Dernière mise à jour : 29/10/2026
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