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Commune de Durbuy — Province de Luxembourg

Histoire complète de Bomal

Des chasseurs de rennes au bord de l'Ourthe

Bomal s'étend au confluent de l'Ourthe et de l'Aisne, dans la bande calcaire de la Calestienne, avec les hameaux de Boclinville, Juzaine, Herbet, Petit-Bomal et Saint-Rahy. Ses rochers attirent aujourd'hui les grimpeurs.

À Juzaine, la grotte du Coléoptère a été fouillée en 1923-1924 par J. Hamal-Nandrin et J. Servais, puis de 1972 à 1978 par M. Dewez. Elle a livré les traces de plusieurs occupations préhistoriques. Les plus anciennes sont celles de chasseurs magdaléniens, il y a environ 15 000 ans, à la fin de la dernière glaciation : on y a retrouvé des os de renne. Viennent ensuite des chasseurs de la culture d'Ahrensbourg, datés en 2025 d'environ 11 900 ans, puis des groupes du Mésolithique. La faune mêle des animaux de climat froid, comme le renne, et de climat plus doux, comme le castor.

Les moines de Saint-Hubert

Des tombes de la fin de l'époque romaine et de l'époque mérovingienne ont été trouvées à Bomal et à Juzaine. Le nom apparaît en 1104 sous la forme Boumela, puis Bomella en 1109. Son origine est discutée : un « tribunal des guerriers » selon Albert Carnoy, la « colline des corbeaux » selon Bologne.

En 1109, Raimbaud, comte de Mussy, donne l'alleu de Bomal à l'abbaye de Saint-Hubert. L'abbaye en vend ensuite une partie et confie le reste à un avoué. Pendant des siècles, les abbés gardent à Bomal-la-Grande une cour de justice, la cour Saint-Hubert, et partagent avec les seigneurs du lieu le droit de nommer le curé.

Au-dessus de Petit-Bomal, le mont Saint-Rahy, cité en 1133 comme Mons sancti Rainheri, porte au XIIe siècle une église paroissiale dédiée à saint Denis, entourée d'un hameau. Le hameau de Boclinville a lui aussi une certaine importance aux XIe et XIIe siècles.

Paroisses disparues, peste et forges

Une église est mentionnée à Bomal-la-Petite en 1497 et en 1558. Entre 1558 et 1615, la paroisse Saint-Denis du mont Saint-Rahy disparaît, remplacée par celle de Juzaine. Le hameau de Saint-Rahy est abandonné vers le milieu du XVIIe siècle, sans doute au profit de Juzaine, où les habitants bâtissent eux-mêmes, à l'initiative de leur curé, la chapelle Saint-Denis, datée de 1684. Au XVIIe siècle aussi, Boclinville est entièrement vidé par une épidémie de peste.

Au XVIe siècle, Bomal participe à l'industrie du fer de la région de Durbuy : des fourneaux et des forges fonctionnent à La Bretée, à La Mockerie, à Bomal et à Juzaine. Vers 1710, Juzaine connaît de graves difficultés à payer ses impôts.

Le château-ferme de Bomal, carré, en calcaire, avec une tour ronde à un angle, est construit au XVIe siècle à l'emplacement d'une ferme qui dépendait du château fort de Logne, tout proche, à Vieuxville. Petit-Bomal avait aussi sa maison forte, devenue plus tard une ferme.

Le château de Jean-Baptiste de Hayme

Bomal-la-Grande comptait deux maisons seigneuriales voisines. Après 1713, les familles de Cassal puis de Hayme sont les derniers seigneurs de Bomal, jusqu'à la suppression des seigneuries par la Révolution.

En 1764, le château-ferme est transformé, comme l'indique la date de son portail. En 1766, une nouvelle église dédiée à l'Immaculée Conception est bâtie sur une butte près du château, à l'initiative du curé Debras, avec l'appui de Nicolas Spirlet, le dernier abbé de Saint-Hubert. Elle est dessinée par l'architecte Charles-Antoine Simon, de Hotton, et construite par Nicolas Thirion, de Wéris : une longue nef éclairée par quatre travées de hautes fenêtres.

De 1774 à 1776, Jean-Baptiste de Hayme, plusieurs fois bourgmestre de Liège (notamment en 1778 et en 1786), fait construire en terrasses au-dessus de l'Ourthe un château de style classique, à la place d'une des deux anciennes maisons seigneuriales.

Une commune du XIXe siècle

En 1823, la commune de Bomal est créée en réunissant Bomal-la-Grande, Juzaine et Ozo. Dès 1826, Ozo est rendu à Izier. Après 1839, Bomal passe à la province de Luxembourg.

Le 1er août 1866, l'ouverture de la ligne de l'Ourthe, entre Melreux et Angleur, met Bomal sur le chemin de fer ; sa gare relie aujourd'hui encore la région de Durbuy à la ligne Liège-Marloie. Le village garde un ancien moulin à eau, alimenté par un bief de l'Aisne, avec une roue métallique sans doute du XIXe siècle, et plusieurs maisons à colombages, rue du Marché et au Vinâve.

En 1915, une petite chapelle Saint-Rahi est bâtie dans les bois au-dessus de Petit-Bomal, à l'emplacement de l'ancienne église paroissiale et du hameau disparu.

Bomal aujourd'hui

En 1956, le pharmacien Lucien Tilman crée à Bomal les Tisanes ardennaises. En 1977, la fusion des communes intègre Bomal à Durbuy.

Le château-ferme est classé comme monument le 31 mars 1978 et entièrement restauré en 2002. Le château de Hayme et son parc sont en restauration depuis 2009 ; en août, le parc accueille le spectacle aux flambeaux « Flammes ».

Depuis 1978, la Petite Batte, un marché du dimanche dont le nom fait un clin d'œil à la Batte de Liège, se tient au confluent de l'Aisne. La foire Saint-Martin, dont l'origine remonte au moins au XVIIe siècle, réunit environ 600 exposants et plus de 50 000 visiteurs chaque année.

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