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Commune de Plombières — Province de Liège

Histoire complète de Hombourg

Un nom, trois langues

Le village apparaît en 1070 sous le nom de Hunborc, puis Homborgh en 1124. En allemand et en néerlandais, on écrit Homburg ; dans le dialecte du village, on dit « op Homerech », et en wallon Hôbâr.

Hombourg s'étend sur le plateau, entre 145 et 335 mètres d'altitude. Ses habitants parlent depuis les invasions franques un dialecte francique, intermédiaire entre le limbourgeois et le ripuaire de la région d'Aix-la-Chapelle, qu'ils appellent le « platdutch ».

Le chapitre de Saint-Pierre et les châteaux

En 1124, le chapitre de la collégiale Saint-Pierre de Liège possède des biens à Hombourg et y tient une cour de justice, le « St Peterhof ». Elle est liée au château-ferme de Berlieren, mentionné la même année, la plus ancienne seigneurie foncière du village.

En 1286, pendant la guerre de succession du duché de Limbourg, le duc Jean Ier de Brabant détruit le château de Vilhenru, aujourd'hui Vieljaren, qui a gardé son caractère médiéval et ses douves. Deux ans plus tard, la victoire de Worringen lui donne le duché.

La paroisse se détache de celle de Teuven. L'église primitive date du XIIIe siècle, mais son saint patron, saint Brice, successeur de saint Martin comme évêque de Tours, laisse penser que la paroisse existait sans doute avant l'an 1000.

Un village du duché de Limbourg

Hombourg fait partie du duché de Limbourg. Il appartient d'abord au ban de Sinnich-Völkerich, cité en 1275 et en 1388, qui prend ensuite le nom de Hombourg puis, à partir de 1689, celui de ban de Montzen.

La seigneurie de Hombourg et Rémersdael est engagée par le roi d'Espagne à Henri de Ghoer (1560-1615), puis en 1648 à Winand et Jean-Henri d'Eynatten ; en 1721, elle est vendue à la baronne de Hochsteden, épouse du baron Christian de Furstenberg. Une cour de justice locale, présidée par le drossard, exerce la haute justice, peine de mort comprise, avec appel possible devant la haute cour de Limbourg. Une « régence » de deux bourgmestres de Hombourg, deux de Rémersdael et des échevins répartit les impôts.

La confrérie Saint-Brice, l'une des sociétés du village, est fondée en 1591.

De la Révolution au chemin de fer

En 1794, les troupes françaises reviennent et l'ancienne administration disparaît. La région refuse le nouveau régime et espère le retour des Autrichiens. Le 8 février 1799, une conjuration se forme au Bois-Rouge, à Rémersdael ; elle est trahie, et plusieurs conjurés, dont un habitant de Hombourg, sont exécutés.

En 1850, 85 habitants de Rémersdael demandent à former leur propre commune : la séparation est publiée au Moniteur le 12 décembre 1852. Hombourg compte alors 1 127 habitants (1856). En 1895, la ligne de chemin de fer de Liège à Plombières est inaugurée, avec une gare à Hombourg. Jusqu'en 1914, routes, bâtiments administratifs et écoles se multiplient.

Une frontière des langues

Jusqu'au XVIe siècle, le dialecte s'écrit dans les actes ; il est ensuite remplacé dans l'administration par le brabançon, puis l'allemand s'impose à l'église à partir du XVIIIe siècle. Depuis 1794, la commune est administrée en français.

En 1919, le conseil communal remplace l'allemand par le français à l'école, et les recensements de 1920 et 1930 montrent une majorité francophone. Pendant l'annexion de 1940-1944, l'allemand revient à l'école. En 1962-1963, le tracé de la frontière linguistique confirme le régime français, avec la possibilité de facilités. Aujourd'hui, environ 85 % des habitants sont francophones, 7 % germanophones et 8 % néerlandophones, et beaucoup comprennent encore le dialecte.

Deux guerres mondiales

Dans la nuit du 3 au 4 août 1914, l'armée belge fait sauter la tête du tunnel de la Laschet, à Hombourg : c'est le premier signe concret de la guerre en Belgique. Pendant l'occupation, les Allemands construisent la ligne de Visé à Montzen, avec la gare à deux niveaux de Hindel.

Entre les deux guerres, une caserne et une laiterie s'installent près de la gare ; avec les gardes-frontières, le village approche les 1 800 habitants en 1938. En 1940, Hombourg est annexé au IIIe Reich ; la plupart des jeunes refusent l'armée allemande et se cachent dans les environs. Après la guerre, le français remplace l'allemand à l'église.

Le cimetière américain

Après la libération, deux cimetières militaires sont créés sur le territoire de Hombourg : un américain, de 16 000 tombes, et un allemand, de 9 000 tombes. Ils sont remaniés vers 1960 : beaucoup de corps sont rapatriés aux États-Unis, d'autres cimetières sont regroupés ici, et le cimetière allemand est transféré à Lommel.

Le cimetière américain, appelé « de Henri-Chapelle » alors qu'il se trouve entièrement sur Hombourg, est inauguré en 1960. Sur 23 hectares, au milieu d'un site classé de plus de 300 hectares, il compte 7 992 tombes, dont 94 de soldats inconnus, tombés surtout lors de la bataille d'Aix-la-Chapelle et de l'offensive des Ardennes ; une colonnade porte les noms de 450 disparus. La statue de l'Ange de la paix, du sculpteur Donal Hord, y est dévoilée en 1956. Le cimetière est entretenu par l'American Battle Monuments Commission.

Joupes et Brices, et Hombourg aujourd'hui

Depuis 1881, le village est partagé entre deux sociétés rivales : les « Joupes » de la société Saint-Joseph et les « Brices » de la société Saint-Brice. La querelle serait née d'une procession où la statue de la Vierge est restée au bord de la route. Des tentatives de réconciliation ont lieu en 1914, puis de 1964 à 1970 ; aujourd'hui, la rivalité reste amicale, notamment entre les deux harmonies, et elle a donné deux bières artisanales, la Joup (brune) et la Brice (blonde).

Le château de Berlieren est resté une ferme-château jusqu'en 2007 ; depuis 2008, il est transformé en logements, gîtes, salle de banquet et centre de séminaires. Commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, Hombourg fait depuis partie de Plombières.

À découvrir au village

Pour prolonger la découverte de Hombourg, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : Traiteur David Brandt.

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