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Commune de Engis — Province de Liège

Histoire complète de Hermalle-sous-Huy

Un lieu d'assemblée au bord de la Meuse

Le nom apparaît en 779 sous la forme Harimala, puis Harmala en 1131. Il viendrait d'un mot germanique désignant un lieu de réunion, l'assemblée de l'armée ; d'autres le rapprochent de la déesse germanique Harimella. En 1524, on écrit « Hermal devant Floene », en face de l'abbaye de Flône, sur l'autre rive ; « sous-Huy » rappelle que le village est en aval de Huy.

Des haches et des silex taillés montrent une présence humaine dès le paléolithique moyen, au Thier d'Olne. Entre 2003 et 2006, des fouilles au lieu-dit Campagne de Gerée ont mis au jour environ 150 structures d'un habitat celte du premier âge du fer (800-400 avant J.-C.). À l'époque romaine, des tuileries y fonctionnent aux IIe et IIIe siècles, avec leurs fours, leurs halles de séchage et les marques de leurs fabricants.

Du domaine mérovingien à la paroisse

À l'époque mérovingienne, une famille aristocratique s'installe au Thier d'Olne, près d'un gué et d'un ancien pont romain. Elle y élève un mausolée entouré d'un enclos, avec deux sarcophages, dont l'un porte des motifs chrétiens. Dans la seconde moitié du VIIIe siècle, le mausolée est remplacé par une chapelle aux murs peints et ornée d'un vitrail, et au IXe siècle le site devient un centre de domaine carolingien, avec une église et un grand bâtiment seigneurial.

Vers l'an mil, ce centre est abandonné au profit du rocher d'Engihoul, plus facile à défendre, et la paroisse s'installe à Hermalle. Vers 1070, une Vierge en majesté, la Sedes sapientiae d'Hermalle, y est sculptée : c'est l'une des plus anciennes conservées en Belgique. Elle se trouve aujourd'hui aux Musées royaux d'Art et d'Histoire, à Bruxelles.

Le donjon et la guerre des Awans et des Waroux

Au XIIe siècle, un donjon entouré de fossés, de murs et de tours est construit au centre du village ; deux tours en subsistent. Hermalle est l'une des plus anciennes seigneuries de la vallée de la Meuse, avec sa cour féodale et sa cour censale, du Moyen Âge au XVIIIe siècle. Ses seigneurs viennent tour à tour des familles de Lummen, de Salme, de Horion, de Rougrave, de Goisbeck et de Berlo.

À la fin du XIIIe siècle, Henri de Hermalle (vers 1265-1325), maréchal de l'évêché de Liège, prend la tête du parti des Waroux dans la guerre des Awans et des Waroux, une longue guerre privée entre familles nobles de Hesbaye. Selon le chroniqueur Jean d'Outremeuse, son château est attaqué et ruiné avec l'aide de mineurs liégeois. En 1346, il est à nouveau saccagé, cette fois par les Hutois, qui s'en prennent à la même époque au château de Moha.

Fer, alun et belles demeures (XVIe-XVIIIe siècles)

Aux XVIe et XVIIe siècles, les forgerons d'Hermalle travaillent le fer pour la sidérurgie de Liège et de Huy, et la Meuse sert au transport. À partir de 1650, on extrait l'alun dans les alunières de la Mallieue, sur l'autre rive ; la dernière ferme en 1834. L'église Saint-Martin est en partie reconstruite au XVIe siècle et reçoit plus tard une porte de style Régence.

Le village garde de cette époque plusieurs maisons et fermes : la cense Cassal (1610), la maison de la Héna (1641), ancienne dépendance de l'abbaye de Flône, aujourd'hui classée, et la ferme d'Hottine (1715), autre dépendance de Flône. Au XVIIe siècle, le comte Conrard d'Ursel transforme et agrandit le domaine du château : une porte à ses armes est datée de 1641, et la ferme castrale, contiguë au château, porte la date de 1642. Au XVIIIe siècle, le château reçoit un parc à la française.

Vers 1712-1717 est construite la maison natale de Jean-Gille Jacob, maître-maçon et échevin ; ses peintures murales, qui montrent les métiers de la construction, sont uniques en Europe, et la maison est classée.

Zinc, chemin de fer et chaux (XIXe siècle)

Dès 1828, la Société métallurgique d'Engis exploite le zinc. En 1832, l'école communale accueille 72 élèves ; des religieuses enseignent dans la maison vicariale de 1832 à 1912. En 1850-1851, la ligne de chemin de fer Namur-Liège donne à Hermalle une gare, sur la rive gauche, à la Mallieue.

En 1853, le château passe à la famille de Potesta, qui plante dans le parc des arbres rares, séquoias et tulipiers de Virginie ; en 1867, la baronne de Potesta met à disposition un nouveau bâtiment d'école, rue de Meuse. L'église est agrandie de bas-côtés et reçoit un orgue des frères Molinghen. Au bord du fleuve se dresse une tour Malakoff, qui disparaîtra en 1938 avec la canalisation de la Meuse.

En 1889, le mariage d'Hippolyte-Joseph Dumont et de Caroline Wautier donne naissance à une entreprise de chaux qui deviendra le groupe Lhoist, dont le siège est toujours à Hermalle. Ses fours à chaux comptent parmi les plus performants d'Europe ; ils sont remplacés en 1957 par des fours rotatifs.

Le pont d'Hermalle

Pendant des siècles, on traverse la Meuse par un passage d'eau. Il est remplacé par un pont en béton armé du système Hennebique, construit en cinq mois avec l'aide de scaphandriers et inauguré le 11 juillet 1909.

Ce pont est détruit par l'armée belge, puis reconstruit en 1923-1924. Miné à nouveau par le génie belge, il est rétabli avec difficulté en 1947-1948 : une arche s'effondre et entraîne des ouvriers dans la Meuse. Cédé à la commune en 1951, il appartient ensuite conjointement à Hermalle et à Saint-Georges-sur-Meuse, jusqu'à sa reprise par l'État en 1985.

Du XXe siècle à aujourd'hui

Après la Seconde Guerre mondiale, un nouveau cimetière est ouvert et une place des Combattants aménagée. Un parc d'activités est créé sur la rive droite par arrêté du 26 novembre 1968, desservi par la route, le rail et un port fluvial ; l'usine de plâtre Knauf s'y installe en 1974. Le Foyer culturel naît en 1972.

Lors de la fusion de 1977, Hermalle est partagé : la Mallieue, sur la rive gauche, avec la gare et la zone industrielle, rejoint Saint-Georges-sur-Meuse, et le reste du village, sur la rive droite, rejoint Engis.

La ferme castrale, abandonnée quand l'exploitation agricole cesse, est rachetée à la fin de 1990 par une coopérative de particuliers qui la restaure ; elle est inscrite sur la liste de sauvegarde de la Région wallonne le 27 avril 2009 et abrite le musée de la Gourmandise et le musée Postes restantes. Le château, lui, n'est pas classé : mis en vente en 2012, il est touché par un incendie en septembre 2014, puis change plusieurs fois de propriétaire. Une partie du film Illégal, d'Olivier Masset-Depasse (2010), a été tournée à Hermalle.

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