Commune de Clavier — Province de Liège
Ocquier s'étend dans un vallon vers 250 mètres d'altitude, entouré de crêtes d'environ 300 mètres, surtout sur la rive droite du ruisseau d'Ocquier. Venu de Vervoz, celui-ci rejoint le Néblon à Amas. Le Néblon, à un kilomètre au sud-est, sert de limite entre les provinces de Liège et de Luxembourg ; les provinces de Liège, de Namur et de Luxembourg s'y touchent, aux limites d'Ocquier, de Bonsin et de Borlon.
On a longtemps cru Ocquier d'origine romaine, mais aucune trace archéologique ne le prouve. La grande agglomération romaine de la région était Vervigium, à Vervoz, à environ 2,5 kilomètres, sur la route d'Arlon à Tongres. Fouillée en 1866, de 1901 à 1905 puis de 1963 à 1965, elle a livré un trésor de 1 680 monnaies caché vers 255. Abandonnée au IVe siècle, elle a servi de carrière : des pierres, des tuiles et même une inscription romaine, sans doute du Ier siècle, ont été réemployées dans l'église d'Ocquier, où on les voit encore. En 1965, l'historien local Léon Caris avait attribué par erreur à Ocquier l'histoire de Vervigium.
Le nom apparaît pour la première fois en 959, sous la forme Okeries, dans une donation qui cite la « terre de saint Remacle à Ocquier » : le village appartient à l'abbaye de Stavelot, fondée par saint Remacle. Il pourrait signifier « le domaine d'Okko », mais ce n'est qu'une hypothèse. Ocquier restera une terre de la principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy jusqu'en 1795.
Les fouilles menées dans l'église par Joseph Mertens, du 7 juillet au 12 août 1952, ont révélé ce qui précède l'église actuelle. Sous le chœur, les tombes les plus anciennes, dont un cercueil en chêne, remontent au plus tôt au haut Moyen Âge. Viennent ensuite une première petite église à abside, puis une église préromane plus grande, formée de trois carrés (chœur, nef à bas-côtés et tour), longue d'environ 24 mètres. Dans sa tour, on a retrouvé les traces d'un four où l'on avait coulé une cloche. Mertens se demandait si l'abbé Werenfride de Stavelot (vers 954-980) n'était pas à l'origine de cette église, sans pouvoir le prouver.
Au Moyen Âge central, le déplacement des routes commerciales fait d'Ocquier un carrefour entre Huy, Stavelot et Durbuy. C'est un centre domanial prospère : l'abbaye y rend la justice et y lève les taxes pour toute la région. Selon Flags of the World, elle y a déjà un prieuré au XIe siècle.
L'église actuelle est construite au milieu du XIIe siècle et devient un prieuré de Stavelot. Mertens rapprochait sa construction de l'abbé Wibald de Stavelot (1130-1158), qui fortifia aussi le château de Logne à Vieuxville, mais là aussi sans certitude. C'est une basilique en grès et en calcaire, avec une grosse tour à l'ouest, une nef et deux bas-côtés plus bas, et un chœur terminé par une abside, flanqué de deux absidioles. Dans le chœur s'ouvrent douze niches romanes, que Mertens reliait à la présence des moines du prieuré.
On lit souvent que l'église date de 1017. Ce chiffre vient sans doute des ancres en fer de la façade sud : l'inventaire du patrimoine wallon les lit 1617, et non 1017. Elles rappellent la reconstruction qui suit une tempête de 1606, qui avait fait tomber la tour. La façade est encore réparée en 1701-1702.
L'intérieur garde les traces des siècles : les piliers romans de la nef sont remplacés au XVIe siècle par des colonnes rondes, des fresques sont peintes aux XVIe et XVIIe siècles, des stucs ajoutés au XVIIIe. D'autres ancres datent de 1814 au sommet de la tour, et le XIXe siècle ouvre la tour sur la nef et la coiffe d'une flèche hexagonale. Les tombes de plusieurs curés du XVIIIe siècle (1707, 1734, 1753, 1764) ont été retrouvées dans l'église.
L'église est classée en 1933. Une restauration commencée en 1939 se termine en 1952-1953, sous la direction des architectes Bourgault et Wéry, qui dégagent les niches romanes ; une autre a lieu au début des années 2000.
Au XIIe siècle, Ocquier a sa paroisse et son moulin. Le village est aussi un centre de poterie : de novembre 1997 à mars 1998, des fouilles dans un jardin de la rue de la Croix ont mis au jour un atelier de potiers des XIIe et XIIIe siècles, avec l'emplacement de trois tours de potier, la zone de cuisson d'un four et une réserve de chaux. Ses poteries correspondent aux premières périodes de la céramique d'Andenne, la référence du pays mosan.
Les moines de Stavelot ont laissé d'autres traces. La Cour des Moines remonterait au XIe siècle. La grande ferme appelée ferme aux Grives, ferme des Moines ou « Les Cint Finiesses » (les cent fenêtres), possession de l'abbaye citée dès le XIe siècle, est reconstruite après 1653 et sert aussi de relais de poste. À Amas, une autre ferme des Moines voisine avec le château d'Amas et sa chapelle.
Le moulin à eau, avec sa roue alimentée par le dessus, est toujours visible au bord du ruisseau.
En 1795, l'arrivée des Français met fin à la principauté de Stavelot-Malmedy. Ocquier est rattaché au département de l'Ourthe jusqu'en 1815, puis devient une commune du royaume des Pays-Bas et enfin de la Belgique.
Le village reste agricole, mais il accueille aussi une entreprise importante de construction métallique, les Ateliers Poncin, à la sortie vers Méan. Ils ont fabriqué six tronçons de la passerelle La Belle Liégeoise, longue de 294 mètres, à Liège. Depuis 1958, une piscine en plein air de 25 mètres ouvre chaque été.
Ocquier est une commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, qui l'intègre à Clavier. Il passe pour un des villages les plus typiques et les mieux conservés du Condroz, avec ses maisons et ses fermes en calcaire autour de l'église.
Le village a gardé son école, son club de football et son club de tennis. Autour, on peut voir le château d'Amas, le Castel du Val d'Or, le moulin, la ferme aux Grives, et le hameau voisin de Vervoz, site de l'ancienne Vervigium, inscrit au patrimoine exceptionnel de Wallonie.
Dernière mise à jour : 23/10/2026
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