Commune de Frameries — Province de Hainaut
Les plus anciennes formes du nom sont Norcin (1179-1180), Norchin (1214) et Noircin (1223). Le « Nor- » serait devenu « Noir- » par rapprochement avec l'adjectif « noir ». Les spécialistes ont proposé le latin Murocinctus, « entouré de murs », ou l'« habitation de Nordicus », un nom germanique, mais aucune explication ne convainc vraiment.
Les habitants, eux, ont leurs légendes : le nom viendrait des gens « noircis » par le travail de la mine.
Le premier acte connu qui cite Noirchain date de 1168 : le comte de Hainaut Baudouin IV y consacre, selon le chroniqueur Gislebert de Mons, quinze bonniers de terres labourables à l'entretien d'un prêtre chargé de dire la messe à Mons pour l'âme de la comtesse Alix.
L'église Sainte-Aldegonde apparaît dans les textes en 1179, quand le pape Alexandre III confirme que son autel appartient au chapitre Saint-Géry de Cambrai ; l'abbaye de Ghislenghien y perçoit la dîme. En 1230, pour des raisons d'argent, le chapitre rattache Noirchain à la paroisse voisine de Genly. Le plus ancien mayeur connu, Huars Noises, est cité en 1402.
Aux XVIe et XVIIe siècles, le village est partagé en trois fiefs. Le premier relève du comté de Hainaut et appartient notamment à la famille Dessus-le-Moustier : il comprend un château avec une tour, un domaine, une chapelle et une ferme. Le deuxième dépend du chapitre de Sainte-Waudru de Mons, le troisième de la terre de Quiévrain, et l'ordre de Malte y possède aussi quelques biens. Des fouilles de 2005 ont révélé les traces d'un autre château médiéval, tout proche.
Noirchain a longtemps plaidé contre son voisin Ciply au sujet de leurs limites (voir l'histoire de Ciply).
L'église Sainte-Aldegonde, en forme de croix sur des fondations romanes, date des XVIe et XVIIe siècles. Elle garde une voûte en berceau lambrissée du XVIe siècle, l'épitaphe de Gilles de Dessus-le-Moustier et une cuve baptismale du XVIIe siècle. La ferme du château, citée en 1630, est reconstruite avant 1791 dans le style classique tournaisien ; son ancienne chapelle est ornée de stucs de style Louis XIV.
Sous l'Ancien Régime et au XIXe siècle, Noirchain est un village charbonnier ; la « rue de la Fosse » et le terril en gardent le souvenir. On y trouve aussi des fours à chaux. Selon une tradition orale, pendant la Révolution française, les habitants auraient enterré les cloches de l'église au lieu-dit « Les 4 Bonniers » pour les sauver.
En 1894, l'église est restaurée. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, on construit la ferme-haras du Petit-Bigard, un ensemble néoclassique avec deux grandes granges et un porche-colombier.
Le charbonnage de Noirchain, qui dépendait de la Compagnie des Charbonnages belges de Frameries, ferme en 1939. Il laisse le terril n° 12, haut de 123 mètres, au Coron de la Fosse : boisé, il est classé depuis 1991.
Pendant la Première Guerre mondiale, le château de Noirchain est détruit. Il n'en reste que la grille d'entrée, aujourd'hui placée entre les piliers du calvaire. En 1977, la fusion des communes fait de Noirchain une section de Frameries.
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