Commune de Comines-Warneton — Province de Hainaut
Le nom apparaît en 1007 sous la forme Uuarnasthun, puis Uuarnestun en 1065 et Guarnestun en 1104. Il signifierait « le clos de Warin », une ferme entourée d'une clôture. En néerlandais, la ville s'appelle Waasten, et en picard Varnetån.
Les fouilles de la motte castrale ont montré une occupation dès le Ve millénaire avant notre ère, et un site gallo-romain a été repéré en 2017, sur la route de Cassel à Tournai, puis sur l'axe commercial d'Ypres à Lille. Une vieille tradition fait d'un officier romain nommé Warnestunus, qui aurait combattu des rebelles près de Tournai sous l'empereur Commode, le fondateur de la ville.
Au Ve siècle, Warneton relève du diocèse de Thérouanne. Une abbaye Saint-Pierre est fondée, puis la paroisse des Saints-Pierre-et-Paul, entre 881 et 902. Vers 1080, un chapitre de chanoines est créé sous l'influence de Jean de Warneton (1065-1130), futur évêque de Thérouanne, enfant du pays ; en 1138, l'église devient une abbaye.
Le premier seigneur connu, Robert de Péronne, vit au début du XIe siècle ; son château se dresse au confluent de la Lys et de la Douve. La châtellenie est mentionnée en 1089, et en 1095 le comte de Flandre crée un péage sur le pont. La ville est entourée d'une enceinte à cinq tours ; c'est là que se réfugie Bertulphe, du clan des Erembald, après le meurtre du comte de Flandre Charles le Bon en 1127.
En 1246, la seigneurie passe aux Dampierre, comtes de Flandre. Vers 1250, la châtellenie couvre jusqu'à 80 km², avec des paroisses comme Ploegsteert, Kemmel et Wulverghem. Le comte Robert III y réside souvent, et Robert de Cassel est enterré dans l'abbatiale en 1331. En 1382, sous Yolande de Bar, la ville et le château sont reconstruits ; le plan de 1382 est conservé aux Archives du Royaume. Aux XIIIe et XIVe siècles, la draperie fait la prospérité de Warneton, au détriment de Comines.
La guerre ravage la ville en 1527, 1554 et 1566. Le château tombe peu à peu en ruine. En 1645, les armées de Louis XIV prennent Warneton et la fortifient ; en 1689, le maréchal d'Humières, gouverneur de Lille, y fait élever de nouveaux remparts.
Après la bataille de Ramillies (1706), la ville passe aux Hollandais, et les Français la quittent pour de bon en 1713, après les traités d'Utrecht ; en 1715, le traité de la Barrière y installe une petite garnison néerlandaise. Pendant la guerre de Succession d'Autriche, les Français entrent par Warneton, et le duc d'Aumale fait travailler 1 000 prisonniers à de nouvelles fortifications, dont il ne reste que deux noms de rues. Au XVIIIe siècle, plusieurs épidémies de peste bovine frappent la région.
En 1850, Ploegsteert se sépare de Warneton pour former sa propre commune ; son histoire est racontée sur la page de Ploegsteert. De 1897 à 1949, un tram relie Ypres à Steenwerck en passant par Warneton.
En 1875, l'abbé Jean-Baptiste Courouble publie une Histoire de Warnêton ; imparfaite, elle reste précieuse, car une partie de ses sources a disparu pendant la guerre. Warneton a vu naître les peintres Eugène Verboeckhoven (1798-1881) et Charles-Louis Verboeckhoven (1802-1889), et plus tard le peintre Gustave Singier (1909-1984).
Pendant toute la Première Guerre mondiale, la ligne de front traverse Warneton : la partie ouest est tenue par les Britanniques, la partie est par les Allemands. Bombardée sans relâche, la ville est détruite peu à peu, comme toute la région. Sous les ruines, on creuse un réseau de tunnels à 8 ou 10 mètres de profondeur, des abris à l'épreuve des bombes, comblés après la guerre.
Aucun bâtiment d'avant la guerre n'a survécu. Revenus d'exil, les habitants vivent longtemps dans des logements provisoires, le temps que la ville soit reconstruite selon un nouveau plan.
En 1963, lors du tracé de la frontière linguistique, Warneton passe de la Flandre-Occidentale au Hainaut, avec des facilités pour les néerlandophones. Lors de la fusion de 1977, la ville devient une section de Comines-Warneton.
L'église Saints-Pierre-et-Paul, surnommée la « cathédrale de la Lys », domine la ville. Sur la Grand-Place, l'hôtel de ville et son beffroi, reconstruits après la guerre, abritent un musée du téléphone ; l'ancienne gare accueille le syndicat d'initiative, et la ville compte aussi un musée de la Brasserie. Tout près s'étend le bois du Gheer, 300 hectares, voisin de la réserve ornithologique de Ploegsteert.
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