Commune de Charleroi — Province de Hainaut
Le nom de Roux vient du francique « rode », un endroit défriché dans la forêt primaire : aux VIIIe et IXe siècles, à l'époque mérovingienne et carolingienne, les moines de l'abbaye de Lobbes ouvrent ici des terres à la culture. En 868-869, la « Descriptio Villarum » de l'abbaye mentionne à Roux un domaine de huit manses, soit environ 120 hectares.
Les noms des quartiers racontent aussi le passé : Wilbeauroux est le « sart de Willibold », les Hubes viennent d'un mot germanique désignant une ferme, les Aiselies de l'argile, et la Lorraine rappelle des Lorrains venus comme soldats, verriers ou mineurs.
Pendant tout le Moyen Âge, de 1235 à 1473, les terres de Jumet, Heigne et Roux sont citées ensemble dans les archives, jusqu'à l'assiette des impôts de Charles le Téméraire. Au début du XIIe siècle est fondé le prieuré Saint-Michel de Sart-les-Moines, reconstruit en 1730. La paroisse relève du diocèse de Namur et du doyenné de Fleurus.
Comme Jumet, Roux est une terre disputée : en 1702, le prince-évêque de Liège y affirme encore sa souveraineté, et le village est un temps une « terre franche du Brabant en pays de Liège ». En 1711, on célèbre la première messe dans la chapelle du Bois du Sart, et en 1786 l'église paroissiale reçoit sa tour et son clocher.
En 1794, pendant la bataille de Fleurus, le front passe par Roux, défendu par la 71e demi-brigade du futur maréchal Bernadotte. En 1805, l'évêque Mgr Hirn fait de Roux une paroisse à part entière, détachée de Jumet.
Le 15 juin 1815, les cavaliers français de Pajol reprennent Roux aux Prussiens de von Zieten, trois jours avant Waterloo. La même année, les habitants demandent à se séparer de Jumet, et le roi Guillaume Ier fait de Roux une commune indépendante. Thomas-Joseph Martin en est le premier bourgmestre connu, de 1819 à 1837 ; le village compte alors environ 1 820 habitants.
Le canal de Charleroi à Bruxelles, creusé de 1827 à 1832, traverse Roux, suivi en 1843 par le chemin de fer. La brasserie Sainte-Anne est probablement fondée en 1834. En 1852, les charbonnages du Martinet, en faillite, sont repris par Monceau-Fontaine. Vers 1870, le village vit à la fois de ses fermes, de ses clouteries, de ses charbonnages et de ses verreries.
En 1875, l'ingénieur Martin-André Oppermann installe à Roux un four à bassin à fusion continue, une innovation qu'il répète deux ans plus tard aux verreries Jonet de Lodelinsart. En 1886, lors des émeutes ouvrières, des ouvriers sont tués par des fusillades près des verreries Bougard et de Plomcot ; plusieurs reposent au cimetière de Roux. En 1890 est fondée à Roux la S.A. des Glaces de Charleroi, et en 1895 la commune inaugure son hôtel de ville et sa production d'électricité.
En 1914, Roux est presque épargnée par la bataille de Charleroi, mais 38 de ses 420 mobilisés sont tués et 448 habitants sont déportés en Allemagne, à Guben. En 1936, les Verreries de Roux ferment.
Dès 1940 s'organise une résistance locale : la radio clandestine « Wallonie - Entre Sambre et Meuse » émet depuis la guinguette « Au chant des oiseaux », chez le radio-amateur Charles De Backer. Le bâtonnier Constant Renchon, résistant, est décapité à Wolfenbüttel, et le général Jules Bastin dirige un mouvement de résistance. En 1944, les bombardements alliés autour de la gare de Monceau détruisent environ 300 maisons avant la libération par les Américains.
Le prieuré de Sart-les-Moines est abandonné en 1955, l'exploitation de Naye-à-Bois s'arrête en 1961 et le puits n° 4 du Martinet en 1969. En 1977, sous son dernier bourgmestre Martial Hiersoux, Roux devient une section de Charleroi. Le prieuré, classé en 1986 et restauré, est de nouveau habité, et les terrils du Martinet sont classés en 1996. La dernière glacerie de Roux ferme en 2014.
Chaque été, Roux est la première section de Charleroi traversée par le Tour de la Madeleine, venu de Jumet, et plusieurs de ses sociétés y défilent. En 1982, la rue de la Lorraine a servi de décor au film « L'Étoile du Nord ».
Pour prolonger la découverte de Roux, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : Spiritenjoy, et l'histoire de sa voisine Jumet.
Cette page est écrite à partir de sources publiques et elle peut toujours s'enrichir. Vous avez une information, un souvenir de famille, une vieille photo ou une carte postale ? Vous avez repéré une erreur ? Écrivez-nous : chaque information est vérifiée avant d'être ajoutée, corrigée ou retirée.
[email protected]