Accueil Chaîne YouTube Je m'inscris
← Couillet

Commune de Charleroi — Province de Hainaut

Histoire complète de Couillet

Culiacum, au bord de la Sambre

Le site est sans doute occupé dès l'époque romaine, comme le montrent les fouilles et le nom même du village, qui viendrait d'un Gallo-Romain appelé Culius. Une voie romaine franchissait un ruisseau à gué, près de l'actuel carrefour des Hauchies, et le quartier des Fiestaux tire son nom du latin « fastigium altum », le haut sommet.

Couillet apparaît pour la première fois en 840 sous le nom de « Culiacum ad Sabium », Couillet-sur-Sambre, dans une charte en faveur du chapitre de Nivelles, puis en 966 dans un diplôme de l'empereur Otton Ier. En 1161, des moines prémontrés bâtissent la première église, dédiée à sainte Catherine, sur la colline du Fiest-haut.

Entre Namur et Liège

Au début du XVe siècle, en guerre contre la principauté de Liège, le comte Jean III de Namur incendie l'église Sainte-Catherine et de nombreuses maisons ; la paroisse est alors réunie à celle de Marcinelle. Les habitants demandent leur séparation dès 1520, un château est construit près de l'église en 1545, et en 1579 Couillet redevient une paroisse autonome et une seigneurie distincte, relevant du prince-évêque de Liège.

En 1660, une fonderie est autorisée au village : les débuts d'une longue histoire du métal. Les derniers seigneurs, avant la Révolution, sont les de Thibaut. La maison dite Guildhof, de 1560, et la tour de la Tourette, du XVIe siècle, rappellent cette époque, comme l'église Saint-Laurent, reconstruite sur des fondations carolingiennes.

Violette-sur-Sambre

En 1796, Couillet est annexé à la France avec la principauté de Liège, et les révolutionnaires le rebaptisent « Violette-sur-Sambre ». En 1825, ce n'est encore qu'un village de 395 habitants, qui vit de l'agriculture et de la forêt.

Le village a vu naître le chirurgien Jean de Thiant (1667-1725), parti faire carrière à Paris.

Le grand bond industriel

Tout change en quelques années. En 1827-1828, on construit une verrerie, puis quatre hauts-fourneaux et deux cents fours à coke de la firme Fontaine Spitaels. En 1835 naît un grand complexe sidérurgique, la Société des Hauts-Fourneaux, Usines et Charbonnages de Marcinelle et Couillet. En 1843, le chemin de fer Charleroi-Namur coupe le village en deux.

En 1860, l'entrepreneur des chemins de fer Basile Parent achète 28 hectares et y bâtit le château de Parentville ; il finance aussi l'église néogothique Saint-Basile, construite de 1865 à 1867, et meurt en 1866. En 1863, Ernest et Alfred Solvay ouvrent à Couillet leur toute première usine de soude : le début d'un groupe chimique mondial. La commune se dote en 1882 de sa maison communale actuelle, et de 1889 à 1894 s'ajoutent une aciérie Martin-Siemens pour le matériel de guerre, un convertisseur Bessemer et un laminoir.

Août 1914 et les guerres

En août 1914, les troupes allemandes exécutent 18 civils et détruisent 406 bâtiments à Couillet, dans ce qu'on appellera les « atrocités allemandes ». Le 23 août 1914, au château de Parentville, est signé le « traité de Couillet », qui impose une lourde contribution de guerre à Charleroi et aux communes voisines ; une plaque sur le château le rappelle. En 1915, l'occupant inaugure un monument « Den Kameraden » à la gloire de ses soldats de la bataille de la Sambre ; il sera dynamité après la guerre, et un monument aux morts est élevé près de Saint-Basile en 1920.

Entre les deux guerres naissent les cités ouvrières, celle de l'Amérique en 1922 et celle du Congo en 1928, et l'Amicale Solvay est construite de 1937 à 1939 par l'architecte Cozac. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la gare de formation de Charleroi-Sud est bombardée par les B-26 américains. Au XXe siècle brille aussi le Cercle royal wallon de Couillet, troupe de théâtre en wallon, Grand Prix du Roi Albert Ier en 1932, 1952 et 1976.

De Solvay à aujourd'hui

Le puits Sainte-Marie ferme en 1956. En 1977, Couillet fusionne avec quatorze autres communes pour former la ville de Charleroi. Solvay arrête la production de soude à Couillet en 1993 et l'usine historique est mise hors service en 1998. L'église Saint-Basile, menacée d'effondrement, est fermée en 2000, mais la province de Hainaut rachète le château Parent en 2016.

Couillet a aussi vu naître le peintre Nestor Cambier, le militant wallon Élie Baussart, l'écrivain Richard Dupierreux et le théologien jésuite Paul Lebeau. Depuis 2012, la Marche Saint-Laurent fait revivre le folklore local, et le centre commercial Bellefleur a ouvert en 2014.

Pour prolonger la découverte de Couillet, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : le fleuriste Les Jardins de Lise.

Vous connaissez l'histoire de Couillet ?

Cette page est écrite à partir de sources publiques et elle peut toujours s'enrichir. Vous avez une information, un souvenir de famille, une vieille photo ou une carte postale ? Vous avez repéré une erreur ? Écrivez-nous : chaque information est vérifiée avant d'être ajoutée, corrigée ou retirée.

[email protected]