Commune de Yvoir — Province de Namur
Purnode s'étend sur 3,52 km² dans le Condroz, entre 160 mètres au fond de la vallée du Bocq et 285 mètres sur le chemin vers Dorinne. Le village occupe une petite cuvette ouverte au nord, d'où l'expression wallonne « li taîye di Purnôde ». Ses voisins sont Bocq, Dorinne, Awagne, Houx et Évrehailles.
Le nom apparaît au Xe siècle sous la forme Pronote. Selon le toponymiste Carnoy, il évoquerait un bois de pruniers, la finale -ode venant souvent d'un mot germanique qui désigne le bois.
Sous l'Ancien Régime, les terres de Purnode dépendent du seigneur de Spontin, mais l'abbaye de Moulins, dans la vallée de la Molignée, y possède une grande ferme. Le pont des Pourcias, qui franchit le Bocq, est cité dès le XVIIe siècle. Les registres paroissiaux sont conservés à partir de 1711.
Le village reste très modeste : en 1784, on y compte 27 maisons et 113 habitants. Peu avant 1832, Purnode a environ 190 habitants, 31 maisons, 3 fermes et cinq chemins vicinaux, très mauvais en hiver. Ce n'est qu'en 1887 que le territoire de la commune est agrandi jusqu'au Bocq.
L'ancienne église, dédiée comme l'actuelle à saint Remacle, se trouvait dans le cimetière ; elle était déjà en mauvais état au XVIIIe siècle. Elle a été démolie, mais une partie de son mobilier a été conservée, dont des dalles funéraires et des fonts baptismaux que l'Institut royal du patrimoine artistique date peut-être du XVIe siècle.
La nouvelle église est bâtie à un autre emplacement en 1880-1881, en calcaire, dans le style néoroman. En face se trouve le presbytère : celui du XVIIe siècle, vendu comme bien national sous le régime français, n'a pas été récupéré, et un nouveau a été bâti au début du XIXe siècle. L'ensemble, en forme de U, en moellons de calcaire et de grès chaulés, réunit des parties allant du XVIe au XIXe siècle.
En 1858, Martin Belot, cultivateur, commence à brasser dans une dépendance de sa ferme. Il ne brasse qu'en hiver, quand les travaux des champs lui laissent du temps, et vend sa bière dans les environs. Peu après la Première Guerre mondiale, la brasserie crée la Gauloise, une bière brune de fermentation haute qui connaît un succès immédiat.
En 1967, la brasserie rachète la Brasserie Centrale de Marbaix-la-Tour, qui fermera en 1985. La famille Belot la dirige pendant près d'un siècle et demi : en 2003, la sixième génération, devenue trop nombreuse, confie la direction à Francis Deraedt. La Brasserie du Bocq produit aujourd'hui environ 94 000 hectolitres par an, toutes des bières refermentées en bouteille, dont environ deux tiers pour d'autres marques, et emploie 45 personnes. Parmi ses bières, la Blanche de Namur porte le nom de la fille du comte Jean Ier de Namur, qui vécut au XIVe siècle.
Aux XIXe et XXe siècles, des carrières de grès sont exploitées près du village, comme celles de l'Hordia et de Pipetit. Pour transporter leurs pierres, l'État construit la ligne de chemin de fer de Ciney à Yvoir, la ligne 128, par étapes : Ciney-Spontin en 1898, Spontin-Dorinne en 1902, Dorinne-Évrehailles en 1903 et Évrehailles-Yvoir en 1907. La gare de Purnode se trouve au bout d'une ligne droite d'environ 2 kilomètres ; une vieille photo la montre avec son hôtel.
Le village se modernise : l'eau courante arrive en 1913 et l'électricité en 1917. Les trains de voyageurs disparaissent en 1960, remplacés par des bus, et les derniers trains de marchandises circulent en 1983 pour la carrière de la Rochette.
En août 1914, pendant l'occupation de Dorinne, six jeunes gens pris en otage par les Allemands sont relâchés à l'entrée de Purnode. Joseph Feron, né à Purnode en 1885, est tué le 31 octobre 1914 sur l'Yser, à Oud-Stuivekenskerke.
En mai 1940, pendant la bataille de France, après le passage de la Meuse par les blindés allemands près de Houx, un bataillon du 14e régiment de dragons portés français affronte à Purnode l'avant-garde de la 5e Panzerdivision. Plusieurs blindés sont détruits de part et d'autre, puis les Français se replient et le village tombe aux mains des Allemands.
Après la guerre, en remerciement, les habitants bâtissent la chapelle Notre-Dame de Beauraing, à l'emplacement d'une ancienne potale de saint Joseph.
Commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, Purnode fait depuis partie d'Yvoir. Le village s'est étiré le long de la route d'Yvoir à Spontin, et le quartier de la rue des Écoles s'est surtout construit entre les deux guerres. De nombreuses potales en pierre bleue et en brique, du début du XXe siècle, ponctuent les chemins, et la turbine de Purnode a été restaurée comme témoin du passé industriel.
Depuis 1989, l'association Patrimoine ferroviaire et tourisme remet en état la ligne du Bocq : le week-end, en été, ses trains touristiques circulent de Ciney à Purnode, l'une des plus belles lignes de Belgique avec ses viaducs, ses tunnels et ses ponts.
Pour prolonger la découverte de Purnode, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : Brasserie du Bocq.
Dernière mise à jour : 26/10/2026
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