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Commune de Vresse-sur-Semois — Province de Namur

Histoire complète de Laforêt

Un village tas au bord de la Semois

Laforêt s'est construit sur la rive de la Semois, à quelques pas de Vresse, dans une vallée où la rivière sert longtemps de frontière et de route aux contrebandiers. Le village a gardé sa forme presque ronde de « village tas » ardennais, serré autour de deux anciennes rues de charroi : la rue Sainte-Agathe en haut et la rue du Pont de Claies en bas. À chacune des deux entrées du village, un élargissement permettait de rassembler les troupeaux.

La carte de Ferraris, dressée de 1770 à 1778, montre déjà ce plan. Jusqu'au début du XXe siècle, chaque parcelle du centre était cultivée ; la place ouverte qu'on voit aujourd'hui est récente, née de la démolition de bâtiments, de l'exode rural et de l'élargissement des routes.

De Sugny à la terre de Vresse

Au XIIe siècle, Laforêt dépend du domaine de Sugny, où les fouilles du « Tchèsté de la Rotche » ont révélé trois châteaux successifs, entre 750 environ et le XIIe siècle. Le village passe ensuite aux seigneurs d'Orchimont, dont la forteresse passait pour imprenable.

En 1361, Laforêt est rattaché à la terre de Vresse, dont il partage l'histoire jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. La région se trouve alors entre deux souverainetés : la prévôté d'Orchimont, qui relève du duché de Luxembourg, et le duché de Bouillon. Le 11 mai 1635, les troupes de Louis XIII prennent et incendient la forteresse d'Orchimont.

L'église Sainte-Agathe

Laforêt a pour patronne sainte Agathe. Une légende, racontée à Vresse, dit que saint Lambert, patron de Vresse, voulait l'empêcher de répandre le christianisme sur ses terres ; comme elle ne voyageait qu'en carrosse, il aurait fait construire un pont trop étroit pour elle. C'est l'explication populaire du tablier étroit du pont Saint-Lambert, bâti en 1774, qui menait à un gué vers Laforêt.

En 1778, l'ancienne église est démolie ; la nouvelle est construite au même endroit en 1779, la date gravée sur la clé de la porte d'entrée. En 1966-1967, le peintre Louis-Marie Londot en repeint l'intérieur dans des couleurs vives.

Fermes de schiste et lavoirs

Au début du XIXe siècle, Laforêt devient une commune. La plupart de ses fermes datent de ce siècle : bâties en schiste, couvertes d'ardoises, souvent crépies autrefois d'un enduit clair. On en voit de tous les types : la ferme à quatre parties du n° 9 rue Sainte-Agathe, du début du XIXe siècle ; la ferme du n° 65, dont l'étable est déplacée derrière la grange au XIXe siècle pour des raisons d'hygiène ; la ferme en long du n° 38, d'influence lorraine ; la ferme du n° 27 rue du Pont de Claies, dont le linteau porte la date de 1845 ; le grand volume ardennais du n° 62, de la seconde moitié du siècle.

La ferme crépie de la rue du Pont de Claies, du début du XIXe siècle, agrandie d'une seconde grange dans la première moitié du siècle, est classée comme monument en 1990.

Aux deux entrées du village, les abreuvoirs, classés, rappellent le passage des troupeaux. Rue du Pont de Claies, une petite fontaine sous un abri du XIXe siècle voisine avec un lavoir couvert du début du XXe siècle.

Le temps du tabac

En 1855, Joseph Pierret, un instituteur d'Alle-sur-Semois né le 26 octobre 1824, relance la culture du tabac dans la vallée de la Semois. Elle se développe dans presque tous les villages et fait vivre des centaines de personnes. À Laforêt, les champs de tabac occupent les bords du village et les alluvions de la Semois, et le village doit à cette culture une bonne part de sa prospérité. Les séchoirs à tabac du centre en gardent le souvenir, comme les étroites bandes de culture autour du village.

Pour rejoindre leurs champs de l'autre rive, les planteurs construisent un pont de claies, une passerelle de panneaux tressés de branches (de noisetier selon Info-Lux, de charme selon Paris Match). Utilisable seulement à basses eaux, il est démonté à la fin de l'été, avant les crues, et remonté au printemps. La tradition continue chaque année.

La production décline à partir de 1950 environ, et il ne reste aujourd'hui qu'une poignée de planteurs dans la vallée. Le 19 décembre 2024, la culture et la transformation du tabac de la Semois sont reconnues comme patrimoine culturel immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Laforêt aujourd'hui

Laforêt reste une commune jusqu'à sa fusion volontaire avec Vresse, en 1964 selon Paris Match et Flags of the World (1965 selon le Wikipédia anglais). Lors de la grande fusion de 1977, il fait partie de la nouvelle commune de Vresse-sur-Semois.

Le village fait partie des Plus Beaux Villages de Wallonie. On peut y suivre la Promenade des légendes, une boucle de 2 kilomètres dans les bois où l'on croise le chasseur sauvage, la dame blanche, le satyre, le diable, les gnomes et le loup-garou, et traverser la Semois à pied sur le pont de claies en été.

À découvrir au village

Pour prolonger la découverte de Laforêt, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : Brasserie du Simonis.

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