Commune de Vresse-sur-Semois — Province de Namur
Alle se trouve sur la rive gauche de la Semois, dans l'Ardenne méridionale, à 196 mètres d'altitude au seuil de l'église. Le village occupe le bras mort, asséché, d'un ancien méandre de la rivière : la butte du Petit Monceau, autour de laquelle coulait autrefois la Semois, en est le témoin.
Le village tient son nom du ruisseau du Pré des Douves, autrefois appelé Alla, qui le traverse en partie sous terre.
Pendant longtemps, on traverse la Semois à gué. Le gué d'Alle est surveillé par une redoute, sur le rocher du Corps de Garde ; il a été remplacé par le pont de la route actuelle. Plus loin, le gué de Hour relie Laviot à Alle par Laplet. Au XIXe siècle, on y installe à la belle saison un pont de claies pour permettre aux ouvriers des ardoisières de rejoindre leur travail, avant qu'un passeur en barque ne le remplace.
Pendant plus d'un siècle, une grande partie des hommes du village travaille dans l'ardoise, souvent dans des galeries creusées à des dizaines de mètres sous la Semois. Pour eux, on construit à Laplet une longue rangée d'une trentaine de maisons identiques, la cité des ardoisiers.
La mine d'ardoise qui domine le village fait vivre des familles pendant des décennies. Elle ferme en 1948, face à la concurrence des ardoises étrangères et d'une production plus moderne. Ses galeries s'étendent sur des centaines de mètres ; selon les anciens, sa grande salle pourrait contenir l'église du village.
Joseph Pierret naît à Alle le 26 octobre 1824. Ancien instituteur, il plante en 1855 un are de tabac Kentucky. Pendant près de 25 ans, il reste presque le seul planteur de la vallée, avec l'aide de son ami Dufort. Puis son succès pousse les habitants à l'imiter : en 1895, Alle compte environ 11 hectares de tabac, et en 1910 une cinquantaine dans la commune.
Le tabac remplace le colza et le chanvre, et la vallée devient une région de monoculture, qu'on surnomme « Little Cuba ». La culture se répand ensuite jusqu'à Rochehaut et Corbion, et les séchoirs à tabac se multiplient dans les villages.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, après une épidémie de choléra, Alle se dote de lavoirs alimentés par des sources ou par le ruisseau. Le lavoir de Chourdeveau compte quatre bacs, deux pour laver et deux pour rincer, et cinq niches hexagonales pour les paniers des lavandières ; celui de Jolémont mesure 9 mètres sur 6, avec des bacs en T et un sol en pierre bleue.
Le docteur Théodule Delogne (1854-1936), folkloriste de la Basse-Semois, exerce à Alle, y meurt et y est enterré ; une rue du village porte son nom.
Le 1er janvier 1965, Alle annexe Chairière et Mouzaive, puis le village rejoint Vresse-sur-Semois lors de la fusion des communes de 1977. Les lavoirs sont restaurés : celui de Chourdeveau une première fois en 1985, avec l'aide de la Fondation Roi Baudouin, après un concours gagné par les élèves de sixième primaire, puis par un comité de bénévoles créé en 2014. En 2012, Vincent Theret rouvre l'ancienne mine d'ardoise aux visiteurs. En 1995, il ne restait qu'un planteur de tabac à Alle ; en décembre 2024, les savoir-faire du tabac de la Semois sont reconnus patrimoine culturel immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et des ateliers se tiennent à Alle en 2025.
On peut aujourd'hui descendre dans les galeries d'Ardois'Alle, sur les pas des ardoisiers, et voir le Lavoir du Ruisseau d'Alle, bâti sur le ruisseau entre un jardin et un séchoir à tabac. Au bord de la Semois, les Chalets de la Semois accueillent les vacanciers depuis 60 ans. Pour se ressourcer, Ô Centre de Soi propose massages et soins énergétiques.
Dernière mise à jour : 29/10/2026
Cette page est écrite à partir de sources publiques et elle peut toujours s'enrichir. Vous avez une information, un souvenir de famille, une vieille photo ou une carte postale ? Vous avez repéré une erreur ? Écrivez-nous : chaque information est vérifiée avant d'être ajoutée, corrigée ou retirée.
[email protected]