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Commune de Rochefort — Province de Namur

Histoire complète de Han-sur-Lesse

Une rivière qui passe sous la colline

Han-sur-Lesse occupe le second méandre d'une boucle de la Lesse, un affluent de la Meuse. En rongeant le calcaire de la Calestienne, la rivière a creusé un immense réseau de galeries : elle s'engouffre au gouffre de Belvaux, traverse la colline sous terre et ressort au Trou de Han, à l'entrée du village. Lors des fortes crues, le gouffre ne peut pas tout avaler et l'eau reprend son ancien lit, la « chavée » de la Lesse.

Le nom du village évolue au fil des siècles : Ham en 1139, Han Sur Lesche en 1266, Han Sur Lece en 1465, Ham sur lez en 1528.

Des millénaires d'offrandes et de refuges

Les plus anciennes traces humaines dans la grotte, des restes de charbon de bois, ont environ 10 500 ans. Depuis 1963, des archéologues plongeurs fouillent sans relâche le lit de la Lesse au Trou de Han, et la plupart des objets ont été trouvés sous l'eau. Ils montrent des occupations au Néolithique récent, vers 2000 avant notre ère, avec des outils et des parures en os et en silex.

C'est l'âge du Bronze final qui a laissé le plus de traces : outils, armes, bijoux en bronze et très nombreuses poteries, qui font du Trou de Han l'un des sites les plus importants d'Europe occidentale pour cette période. Beaucoup de ces objets seraient des offrandes jetées dans la rivière. On a aussi retrouvé des traces de l'âge du Fer, vers 400 avant notre ère et au dernier siècle avant notre ère, puis des monnaies, des ustensiles en bronze et du verre gravé de l'époque gallo-romaine. Du Moyen Âge jusqu'au XVIIe siècle, le Trou de Han sert encore de refuge aux habitants. Une partie de ces trouvailles est exposée au musée PrehistoHan, au village.

Des meuniers devenus guides

La grotte est connue depuis longtemps : l'abbé Jean Berthels en parle au XVIe siècle, et elle figure pour la première fois sur une carte en 1608. Les premières descriptions et gravures apparaissent à partir de 1743. À la fin du XVIIIe siècle, des habitants de Han guident déjà les curieux, à la lueur des torches, contre quelques pièces.

En 1809, un touriste gantois conseille au meunier-guide Jean-Baptiste Remy de tenir un registre des visiteurs. Le 6 août 1817, Remy réussit la première traversée complète, du Trou de Han au Trou d'Enfaule. En 1822, les savants Kickx et Quetelet, de l'Académie des sciences de Bruxelles, dressent un premier plan de 1 367 mètres de galeries. Les explorations se succèdent : entre 1814 et 1858, la partie connue passe d'environ 250 mètres à plus de 5 kilomètres.

Le baron de Spandl et l'âge d'or du tourisme

En 1856, le baron Édouard de Spandl achète tout le domaine pour faire découvrir la grotte au plus grand nombre, et elle ouvre officiellement au public en 1857. Le 25 mai 1858, un groupe dont fait partie l'abbé Ambroise Jaradin découvre la salle des Mystérieuses ; dès le lendemain, le guide Pierre Lannoy y arrive par l'autre côté, ce qui permet d'y amener les visiteurs. La famille Lannoy guide les visiteurs depuis les années 1850.

Les célébrités viennent voir la merveille : Victor Hugo passe ses vacances à Han en 1862, et George Sand visite la grotte en 1869. Après la mort du baron, ses héritiers créent la Société anonyme des Grottes de Han pour garder le domaine entier. En 1897, la grotte est l'une des premières au monde à recevoir l'éclairage électrique, et en 1904, une ligne de chemin de fer relie Rochefort à Han-sur-Lesse. Entre les deux guerres, la grotte reçoit en moyenne 80 000 visiteurs par an.

Plongeurs et nouvelles galeries

Les explorations reprennent au XXe siècle, souvent sous l'eau. En 1933, Robert de Joly tente la première plongée au gouffre de Belvaux. Elles coûtent parfois très cher : en 1959, le plongeur Pierre Brichard meurt dans le siphon de l'Au-Delà, et en 1971, Daniel Ameye disparaît dans le gouffre de Belvaux sans jamais être retrouvé.

Le 26 décembre 1964, des spéléologues découvrent la grotte du Père Noël. De 1964 à 1972, un club universitaire creuse pendant 501 jours la drève des Étançons jusqu'à la rivière, ajoutant 1 500 mètres de galeries. En 1988, des plongeurs atteignent enfin le fond du gouffre de Belvaux, à 42 mètres. Aujourd'hui, le réseau connu dépasse 14 kilomètres.

Han-sur-Lesse aujourd'hui

Commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, Han-sur-Lesse fait depuis partie de Rochefort. Le village compte un peu plus d'un millier d'habitants, rejoints en juillet et en août par quelque 3 000 personnes. Le parc animalier est créé en 1970, et depuis 2018 la grotte est entièrement éclairée par des LED, l'une des premières au monde. La même année, la région de Famenne-Ardenne devient le premier géoparc mondial Unesco de Belgique.

En 2019, la grotte est élue patrimoine touristique préféré des Wallons. Le village garde aussi son église Saint-Hubert et son musée de la Vie paysanne et des Métiers oubliés. Pour visiter la grotte : les Grottes de Han.

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