Commune de Onhaye — Province de Namur
Au-dessus de la Molignée, au confluent du Flavion, un éperon rocheux forme une défense naturelle. Il est occupé dès l'âge du Fer, vers 450 avant notre ère.
À la fin de l'époque romaine, entre la fin du IIIe et le IVe siècle, alors que l'Empire doit se protéger des incursions venues de Germanie, le site est fortifié : un mur de deux mètres d'épaisseur barre l'accès à l'éperon.
Vers le Xe siècle, l'éperon devient la résidence fortifiée de la famille de Faing, dont le nom apparaît dans un document vers 1050. À la fin du XIIe siècle, Montaigle relève du comte de Namur.
Au début du XIIIe siècle, le château passe à de nouveaux seigneurs, qui y élèvent un donjon rectangulaire. Les sources ne s'accordent pas sur les détails : selon l'une, Thierry de Faing, dernier de sa lignée, le laisse en 1218 à sa fille Héluide, épouse de Gilles de Walcourt ; selon une autre, il est donné en fief en 1215 à Gilles de Berlaymont.
En 1298, Gui de Dampierre, comte de Flandre et marquis de Namur, rachète Montaigle et le donne à son fils cadet, qui fait construire au début du XIVe siècle un grand château résidentiel : c'est lui qui donne aux ruines leur silhouette actuelle.
Au XVe siècle, Montaigle devient une forteresse d'État et le siège du bailliage de Montaigle, une circonscription du comté de Namur dont dépend Falaën. En 1469, l'administration du bailliage est transférée à Bouvignes.
En 1554, la guerre entre le roi de France Henri II et Charles Quint ravage la vallée de la Meuse. Après la destruction de Dinant, les troupes françaises commandées par François de Nevers incendient Montaigle en juillet. Le château, qui avait perdu son intérêt militaire, ne sera jamais reconstruit.
La paroisse de Falaën serait très ancienne, peut-être du VIIIe siècle. Le village vit de l'agriculture, mais aussi de ses cours d'eau : la Molignée et le Flavion font tourner des moulins et des forges, dont les hameaux de La Forge et de Marteau gardent le souvenir.
De 1670 à 1673, la famille Polchet fait bâtir au cœur du village un château-ferme fortifié, dont la tour-porche porte la date de 1672. Il est aménagé au XVIIIe siècle. Dans sa cour se dresse un pilori, et la justice seigneuriale se rendait dans une prairie voisine. Le château-ferme est classé.
L'église Saint-Léger est construite dans la première moitié du XVIIIe siècle. Elle garde un maître-autel baroque de la fin du XVIIe siècle et deux confessionnaux de 1734 et 1738. En 1848, elle reçoit une nouvelle façade et sa tour actuelle.
Au XIXe siècle, Falaën se reconstruit en pierre : la plupart des fermes et des maisons actuelles datent de cette époque, tout comme plusieurs chapelles de la seconde moitié du siècle. Vers 1850-1860, une brasserie s'installe rue de la Gare ; son dernier étage servait à sécher le houblon. Elle ferme entre les deux guerres.
En 1865, la famille del Marmol devient propriétaire de Montaigle, où un nouveau château a été construit au milieu du siècle. En 1890, le chemin de fer arrive dans la vallée de la Molignée, prolongé jusqu'à Anhée et la Meuse, et donne naissance au hameau de Falaën-Gare. Au début du XXe siècle, le château Boël est bâti à Marteau. La dernière forge du village s'arrête en 1960.
Falaën est une commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, qui la rattache à Onhaye. Le village fait partie des Plus Beaux Villages de Wallonie.
Les ruines de Montaigle, toujours propriété de la famille del Marmol, ont été reprises en main au XXe siècle par une association et sont ouvertes au public une grande partie de l'année. L'ancienne voie ferrée, elle, accueille aujourd'hui les draisines de la Molignée, qui relient Falaën à Maredsous et à Warnant.
Pour prolonger la découverte de Falaën, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : Forge-Toi.
Dernière mise à jour : 22/10/2026
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