Commune de Mettet — Province de Namur
Le nom d'Ermeton viendrait du latin armentum, le pâturage pour le bétail, et du germanique berg, la colline. « Biert » pourrait venir de Bebronna, la « rivière aux castors », comme la Biesme. Ce sont des hypothèses de spécialistes des noms de lieux.
Le village est né à la rencontre de deux ruisseaux, la Biesmerée et la Behoûde, qui forment ensemble la Molignée, la rivière qui descend ensuite vers Maredsous et la Meuse.
Le manoir, le donjon et la chapelle castrale sont cités pour la première fois en 1202. Au début du XIVe siècle, le comte Jean Ier de Namur crée la seigneurie d'Ermeton et la confie à Jacquemin de Bossoit, le premier seigneur. Le fief relève du comté de Namur et du bailliage de Montaigle.
Pendant plus de trois siècles, la seigneurie se transmet seulement par héritage et par mariage.
Dès 1477, les forges d'Ermeton coulent de la fonte pour faire des boulets de canon. Le travail du fer y dure jusqu'au XIXe siècle : des martinets, de gros marteaux mus par l'eau, et un haut fourneau fonctionnent pendant environ trois siècles. Des lieux-dits comme « Ancienne mine » ou « Au maka » en gardent le souvenir. En 1832, un maître de forges y fait encore tourner un martinet, avec du minerai venu en partie de Fraire.
Au XVIe siècle, quatre procès en sorcellerie ont lieu à Ermeton. C'est ce passé qu'évoque, depuis 1998, la Tchesse aux Macrales, la « chasse aux sorcières » : chaque dimanche gras, les « macrales » y sont jugées à l'ancienne, avec beaucoup d'humour.
En 1612, la seigneurie est vendue pour la première fois : l'acheteur est Richard Godart, un maître de forges. Il fait démolir le vieux château et bâtit le château actuel entre 1625 et 1630, avec ses tours d'angle rectangulaires, puis la chapelle castrale en 1632. Le château est encore restauré en 1754.
Au XIXe siècle, le domaine passe entre plusieurs grandes familles, dont les Merode : la comtesse Antoinette de Merode, future princesse de Monaco, le vend en 1856 à Henri de Moreau. Sa fille Marie épouse en 1886 le fils du comte Alphonse Hennequin de Villermont, et le château passe aux Villermont. En 1857, la chapelle cesse de dépendre de la paroisse de Furnaux.
En 1903, le château est restauré. La même année, Ermeton voit naître la première union de femmes rurales de Belgique, à l'origine des Cercles de fermières : celui de Namur suivra en 1909.
Le dernier héritier du domaine, le comte Henry de Villermont, est tué au combat le 5 septembre 1914 à Zammel, près de Westerlo, sans laisser d'enfant. Un monument, près de l'entrée principale, rend hommage à lui et aux autres morts du village.
Au milieu des années 1920, le comte Hadelin d'Oultremont, grand maître de la maison du duc et de la duchesse de Brabant, achète le domaine, qui prend le nom de château d'Oultremont. Il y reçoit le prince Léopold et la princesse Astrid de Suède pour la chasse et la pêche, et les parents d'Astrid participent aux chasses annuelles. En 1935, il vend le domaine, alors de 238 hectares, à un géomètre brugeois, Charles Libbrecht.
En 1936 (1937 selon une autre source), le domaine est loué à une communauté de bénédictines fondée en 1917 par dom Eugène Vandeur, moine de Maredsous. Les sœurs l'achètent le 18 avril 1942 et y installent le monastère Notre-Dame d'Ermeton. Elles ne vivent pas dans une clôture stricte : l'accueil des visiteurs fait partie de leur vie depuis le début.
Ermeton essaime au loin : la communauté fonde l'abbaye Santa María de Guadalupe à Ahuatepec, au Mexique, en 1957, et l'abbaye Maria Heimsuchung à Steinfeld, en Allemagne. Le château-monastère est classé en 1973.
En 1977, Ermeton perd son statut de commune et rejoint Mettet. En 1983, le Chemin des diligences, une allée d'environ 200 hêtres dont certains ont plus de 300 ans, est classé.
En 2008, les sœurs inaugurent une hôtellerie de 65 places dans l'ancienne ferme du Germenseau, restaurée avec l'aide des abbayes de Maredsous et de Scourmont. Mais la communauté vieillit : à l'automne 2019, les treize dernières religieuses arrêtent leurs activités, et le monastère est officiellement supprimé par un décret du Vatican du 9 janvier 2020. Trois d'entre elles poursuivent la vie monastique près de Maredsous, au Moulin.
En 2021, le domaine (château, ferme et 18 hectares) est racheté par un investisseur bruxellois, Dominique de Ghellinck. Une école alternative, l'école-à-vivre, s'est ensuite installée dans la partie château de l'ancien monastère.
Pour prolonger la découverte d'Ermeton-sur-Biert, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : Garage Piraux - Dacia.
Dernière mise à jour : 17/10/2026
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