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Commune de Jemeppe-sur-Sambre — Province de Namur

Histoire complète de Spy

La préhistoire : l'Homme de Spy

La grotte de Spy s'ouvre dans une falaise calcaire d'une vingtaine de mètres, au-dessus de l'Orneau, entre Spy et Onoz. En wallon, on l'appelle la « Bètch aus Rotches » : son entrée, en forme de crochet, fait penser à un bec d'aigle. Le porche, haut de 4 à 5 mètres, est partagé en deux par un gros pilier de roche.

Un premier chercheur, le docteur Rucquoy, y fouille dès 1879. En 1885, l'archéologue Marcel De Puydt et le géologue Max Lohest, tous deux liégeois, commencent des fouilles organisées. En 1886, ils découvrent des ossements humains, bientôt étudiés par le paléontologue Julien Fraipont : ce sont deux squelettes d'hommes de Néandertal, appelés aujourd'hui Spy I et Spy II, trouvés avec des outils en silex de l'époque dite « moustérienne ». La position des corps laisse penser à une sépulture volontaire.

À l'époque, beaucoup de savants doutaient encore que l'homme de Néandertal soit une espèce humaine à part entière. Les squelettes de Spy, trouvés dans des couches bien identifiées avec leurs outils, ont aidé la communauté scientifique internationale à l'admettre. Les couches supérieures de la grotte ont aussi livré des outils d'hommes modernes plus récents (Aurignacien et Gravettien).

Plus d'un siècle plus tard, la grotte réserve encore des surprises. De 2004 à 2008, une grande étude de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique réexamine toutes les collections. En triant les os d'animaux, les chercheurs retrouvent des fragments de mâchoire et des dents de lait d'un enfant néandertalien, mort vers l'âge d'un an et demi, appelé Spy VI (publication de 2010).

En 2021, une nouvelle datation menée par l'Université d'Oxford avec l'Institut royal des Sciences naturelles montre que les Néandertaliens de Spy sont plus anciens qu'on ne le pensait : ils ont vécu il y a environ 44 000 à 40 600 ans, et non 36 000 ans comme on le croyait, les anciens échantillons ayant été contaminés.

La grotte est classée au patrimoine exceptionnel de Wallonie. Elle se trouve sur un terrain privé et l'escalade y est interdite. Les ossements et une reconstitution très réaliste du visage de l'Homme de Spy, réalisée en 2011 par les artistes néerlandais Kennis, sont présentés à l'Espace de l'Homme de Spy, ouvert le 1er décembre 2011 dans une ancienne station de pompage d'Onoz.

Les Francs à Spy

En 1953, des fouilles menées sous et devant le château mettent au jour un cimetière de l'époque mérovingienne : une trentaine de tombes franques intactes, avec leurs parures, leurs armes et leurs poteries.

Le Moyen Âge, entre Namur et Liège

À partir du Xe siècle, Spy se trouve partagé entre deux puissances : le comte de Namur y exerce la haute justice, tandis que le prince-évêque de Liège possède les droits sur le sol. Ce partage dure au moins de 1348 jusqu'au XVIIe siècle.

Vers 1200, une église romane est construite au village. Elle sera démolie en 1898, mais ses fonts baptismaux ont été conservés dans l'église actuelle.

Le village garde deux donjons médiévaux. Le premier, qui servait à défendre le comté de Namur face au duché de Brabant, a été intégré au château. Le second se dresse dans la ferme de la Tour, près de l'église. Il gardait l'entrée de la cour de la ferme : une tour carrée en moellons de calcaire de plus de dix mètres de haut, qui comptait à l'origine trois niveaux, avec le logement au deuxième étage.

Le château et la ferme de la Tour

Le château remonte au XIIIe siècle. En 1613, la seigneurie de Spy est engagée au seigneur de Mielmont. Le château est en grande partie reconstruit au XVIIIe siècle dans le style classique mosan, et des tours d'angle y sont ajoutées au XIXe siècle. C'est aujourd'hui une demeure privée, entourée d'un parc à l'anglaise.

La ferme de la Tour, dont l'origine remonterait aux XIIe-XIIIe siècles, appartient à l'abbaye de Floreffe jusqu'en 1712. Cette année-là, l'abbaye la vend à Louis Conart, mayeur de Spy. Les bâtiments autour du donjon datent des XVIIIe et XIXe siècles.

Du XIXe siècle à nos jours

La population augmente et la vieille église romane devient trop petite. Vers 1900, on construit l'église Saint-Amand, en style néo-roman, sur les plans de l'architecte Adrien Delpy (celui qui a déplacé les statues des comtes d'Egmont et de Hornes de la Grand-Place de Bruxelles au Petit Sablon). Son clocher s'élève à 52 mètres et porte un coq de 2 mètres. À l'intérieur, les statues de saint Pierre et saint Paul sont l'œuvre du sculpteur Charles-Auguste Fraikin.

Deux personnalités sont nées à Spy : Léon Guilain Bureau (1869-1954), qui fut vice-gouverneur général du Congo belge, et William Van Remoortel (1888-1965), député et sénateur, qui représenta la Belgique dans les assemblées internationales.

Lors de la fusion des communes de 1977, Spy cesse d'être une commune et rejoint Jemeppe-sur-Sambre.

Spy aujourd'hui

L'emblème du village est l'écureuil, « spirou » en wallon : c'est pourquoi les habitants sont surnommés les Spyrous. Le club de football, le Royal Spy FC, joue d'ailleurs au stade des Écureuils.

Depuis 2017, la Brasserie de la Sambre est installée dans la ferme de la Tour. Autour du village, la réserve naturelle de Spy (12 hectares) et le bois de la Bètche aux Roches protègent un paysage calcaire riche en grottes et en phénomènes karstiques.

À découvrir au village

Pour prolonger la découverte de Spy, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : Funérailles Evrard & Fils.

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