Commune de Gesves — Province de Namur
Le village est traversé par le Samson, un affluent de la Meuse, et s'étend autour de la rue du Château, de la rue Grande et de la rue du Samson. Son nom réunit deux lieux : la paroisse de Faulx, à l'ouest de la rivière, et son hameau des Tombes, à l'est. Faulx viendrait du latin « falcis », la faucille.
Les « Tombes » doivent leur nom à deux collines, au sud-est de l'église, qui faisaient penser aux anciens à des tumulus gallo-romains. Une mise à jour de la carte géologique, au début du XXIe siècle, a montré qu'il s'agissait en fait d'une formation rocheuse d'origine magmatique. Sur l'une d'elles, l'artiste Byoung-Tak Moon a installé une œuvre de land art : une queue de dragon qui sort du sol.
Faulx-les-Tombes est une seigneurie qui dépend du comté de Namur ; un premier château fort y est construit au XIIIe siècle. Le premier seigneur connu, Godefroid de Faulx, est cité en 1213. Vers 1340, le domaine passe à la famille de Marbais, puis aux Beaufort et aux Oultremont ; en 1665, il revient aux Corswarem, qui le gardent jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.
Le hameau des Tombes devient une paroisse au XVIIe siècle, quand sa population grandit et réclame sa propre église. Le hameau de Maizeroulle était le siège d'une vaste paroisse qui comprenait aussi Strud et Haut-Bois, et Le Vivier aurait été un relais de poste, d'après la carte de Ferraris.
En 1231, Henri de Vianden, marquis de Namur, et son épouse Marguerite de Courtenay fondent au bord du Samson une abbaye cistercienne, en souvenir du frère de Marguerite, Philippe, mort en 1226. Les moines viennent de l'abbaye de Villers-la-Ville, dont Grandpré reste la fille. L'église est consacrée en 1232. Une vingtaine de moines y vivent et gèrent autant de fermes dans la région.
En 1740, des troupes hollandaises pillent l'abbaye. Au XVIIIe siècle, la plupart des bâtiments sont reconstruits, notamment sous l'abbé Étienne Defrenne (1761-1774). Mais la Révolution française met fin à la vie monastique : supprimée en 1796, l'abbaye est vendue comme bien national ; elle est pillée et incendiée, et perd son église, son cloître et le quartier de l'abbé. Les derniers bâtiments du couvent sont démolis vers 1807, et le domaine devient une ferme.
En 1872, le grand architecte Henri Beyaert construit le château actuel, de style néogothique, à l'emplacement du château fort médiéval, dont il reste quelques vestiges ; il est entouré d'un parc à l'anglaise et d'une ferme-château. Beyaert signe aussi l'église Saint-Joseph, dans un style néo-roman byzantin, en grès rouges et jaunes et en pierre bleue. Paul Hankar y réalise les ferronneries, et la chaire est taillée dans un seul bloc de pierre par François-Joseph Balthazart ; certains y voient un signe annonciateur de l'Art nouveau.
Pendant la Première Guerre mondiale, l'ancienne distillerie du Vivier brûle. Dans les années 1920, le comte Guillaume de Diesbach Belleroche et son épouse rachètent les ruines et y font bâtir une grande demeure, que les habitants appellent souvent « le château ». En 1942-1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, le manoir et l'église de Maizeroulle sont détruits pour exploiter une carrière ; seul le presbytère subsiste.
En 1961, un incendie ravage le château, racheté en 1970 par la commune bruxelloise d'Etterbeek ; il est aujourd'hui de nouveau une propriété privée. À Grandpré, il reste la porte d'entrée, les bâtiments de ferme et le moulin, transformé en gîte en 2012, ainsi qu'un parc à la française dessiné dans les années 1990 par le bureau de René Pechère ; les jardins s'ouvrent lors des Journées du patrimoine.
Commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, Faulx-les-Tombes fait depuis partie de Gesves. Le village accueille aussi une école de pilotage : Ride2Wheels, qui propose du coaching moto.
Dernière mise à jour : 29/10/2026
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