Commune de Virton — Province de Luxembourg
Latour, en gaumais Latou, est le siège d'une puissante seigneurie dès le XIIe siècle et pendant tout le Moyen Âge. Le village apparaît dans un texte en luxembourgeois daté de 1470, à l'époque où la Gaume fait partie du duché de Luxembourg.
L'église Saint-Martin et son cimetière sont classés, et le village garde son château, un moulin à eau, plusieurs calvaires et la chapelle Notre-Dame de la Salette.
Au XVIIe siècle, la seigneurie passe à la famille Baillet, connue aujourd'hui sous le nom de Baillet-Latour, qui donne plusieurs personnalités. Au XVIIIe siècle, Maximilien de Baillet de Latour est propriétaire d'un régiment de dragons au service de l'Autriche. Louis Willibrord Antoine de Baillet de Latour, né à Latour en 1753, devient général des armées de la République française et de l'Empire ; il meurt à Bruxelles en 1836.
Plus tard, le comte Henri de Baillet-Latour préside le Comité international olympique, notamment lors des Jeux de Berlin en 1936. Le musée Baillet, à Latour, retrace l'histoire de la famille.
En août 1914, la bataille des Frontières fait rage en Gaume, autour de Virton et d'Ethe. Après les combats, l'armée allemande emmène 73 hommes de Latour vers Ethe, en prétendant qu'ils vont soigner des blessés ; malgré leurs protestations, 71 d'entre eux sont fusillés, le 24 août selon une source, le 26 selon une autre. Les soldats appartiennent aux 6e et 50e régiments d'infanterie allemands.
Ce massacre, qui frappe une grande partie des hommes du village, fait partie des « atrocités allemandes » de l'invasion de 1914. Un monument aux morts rappelle les 71 victimes, et le musée Baillet présente aussi l'histoire des deux guerres mondiales en Gaume.
En 1929, un dépôt et un atelier de réparation de locomotives sont construits à Latour, sur la ligne Athus-Meuse, pour remplacer la petite remise de Virton. Ils deviennent le plus grand dépôt de la ligne, d'abord pour les locomotives à vapeur, puis pour les diesels. Le dépôt ferme en 1992, avec le déclin du trafic de marchandises lié à la sidérurgie d'Athus, Halanzy et Rodange, et la baisse du nombre de voyageurs ; l'entreprise Ravago Plastics s'installe ensuite dans ses bâtiments.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'armée de l'air américaine crée à Latour une piste de secours, qui reste un petit aérodrome de 1944 à 1974.
En 1974, l'aérodrome laisse place à un zoning commercial, et un zoning artisanal et industriel s'ouvre le long de la route nationale 88. Lors de la fusion des communes de 1977, Latour est rattaché à la ville de Virton.
Pour prolonger la découverte de Latour, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : ECOLUXPC et Le temps d'une pose.
Dernière mise à jour : 26/10/2026
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