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Commune de Tellin — Province de Luxembourg

Histoire complète de Bure

Un nom venu des mines

Bure partage l'origine de son nom avec Bure, en Moselle : il viendrait d'un vieux mot germanique, « boron », qui signifie percer, creuser, comme on creuse un puits de mine. Par extension, le mot « bure » a fini par désigner une mine.

La ferme-château des abbés de Saint-Hubert

Bure est lié à la puissante abbaye de Saint-Hubert. Sa ferme-château, qui remonte au XVe siècle, servait de maison de campagne aux abbés, et aussi de « converserie », c'est-à-dire de résidence pour les frères convers : ces religieux non prêtres cultivaient les terres, élevaient les porcs et menaient paître le bétail pour la communauté du monastère.

L'église paroissiale est dédiée à saint Lambert, et la chapelle Notre-Dame de Haurt, près du village, a environ trois siècles.

De la France à la Belgique

Pendant la période française, à la fin du XVIIIe siècle, Bure fait partie du département de Sambre-et-Meuse, et il restera ensuite dans la province de Namur, dans l'arrondissement de Dinant, jusqu'en 1977.

Le collège d'Alzon et le « père mendiant »

Les pères assomptionnistes fondent à Bure un établissement d'enseignement secondaire, le collège d'Alzon. Faute d'argent, il ferme après la Première Guerre mondiale, puis rouvre vers 1923 ; entre les deux guerres, on l'appelle « l'alumnat de Bure », et dans les années 1950 et 1960, l'Institut Marie-Médiatrice.

Les temps sont durs : le dimanche, élèves et pères font la quête dans les villages voisins pour nourrir la maison toute la semaine. Jusqu'en 1960, le père Liguori sillonne la Belgique pour rendre visite aux bienfaiteurs, au point que ses confrères le surnomment « le père mendiant ».

La bataille de Bure (3-5 janvier 1945)

Début janvier 1945, les Alliés contre-attaquent pour chasser les Allemands de la poche des Ardennes. La 6e division aéroportée britannique doit dégager la région à l'est de Dinant, dont Bure. Le village est tenu par des éléments de la 2e Panzerdivision, avec des chars Tigre.

Le 3 janvier, le 13e bataillon de parachutistes (Lancashire) attaque et ne prend une partie du village qu'après plusieurs assauts. Les jours suivants, il tient sous les contre-attaques et se bat maison par maison, renforcé le 4 janvier par un bataillon de l'Oxfordshire and Buckinghamshire Light Infantry ; il est appuyé par les chars Sherman de la Fife and Forfar Yeomanry et par des SAS belges. Le 5 janvier, les Allemands sont repoussés et, vers 21 heures, leur dernier poste tombe : Bure est libéré.

Le prix est très lourd : environ 250 tués ou blessés et 16 chars du côté allié, environ 500 tués ou blessés et 11 chars côté allemand. Le 13e bataillon a perdu près d'un tiers de ses hommes, dont 68 tués. Un mémorial au 13e bataillon se dresse au centre du village, l'église conserve un livre du souvenir des hommes de la 6e division aéroportée tombés dans les Ardennes, et beaucoup reposent au cimetière militaire britannique de Hotton.

Bure aujourd'hui

Lors de la fusion des communes de 1977, Bure est rattaché à Tellin et passe à cette occasion de la province de Namur à celle de Luxembourg, de l'arrondissement de Dinant à celui de Neufchâteau.

En 2008, un projet de neuf éoliennes de 150 mètres sur la colline de Bure soulève une forte opposition des habitants de Mirwart, Bure et Tellin ; il est finalement abandonné.

À découvrir au village

Pour prolonger la découverte de Bure, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : Help Elec.

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