Commune de Libramont-Chevigny — Province de Luxembourg
Bras se compose de deux parties, Bras-Haut et Bras-Bas, sur le plateau de Saint-Hubert. C'est là que naissent les sources de la Lomme, la rivière qui descend ensuite vers Rochefort et rejoint la Lesse.
Son nom viendrait d'une racine germanique, « brakti », qui désignait une crête ou une rupture dans un paysage boisé et inculte. En wallon, on dit Brå, et Bras-Bas s'appelle Brautî.
Des hachettes et des grattoirs en silex montrent que des hommes vivaient déjà ici au Néolithique. À l'âge du Fer, les habitants auraient cherché de l'or : des tertres d'orpaillage sont encore visibles le long du ruisseau de la Barrière.
Selon la commune, les Romains installèrent un vaste camp retranché près d'un carrefour de voies militaires, et des villas romaines ont été découvertes à Toray et à Grupchy. Une épée du haut Moyen Âge a aussi été retrouvée.
Dès 817, des documents montrent que Bras dépend de l'abbaye de Saint-Hubert. Les moulins de Bras, de Séviscourt et de Serpont appartiennent à l'abbaye, qui les confie à des familles en échange de redevances. Le village fait partie des six féautés de la région : il est administré par un mayeur et cinq échevins, et un sergent y fait la police.
La commune fait remonter son église Sainte-Catherine, à Bras-Bas, à 1129 ; elle possède un retable monumental et des vitraux. En 1688, Louis XIV annexe pour un temps la région et réorganise sa justice.
Du XVIe au XVIIIe siècle, on extrait du minerai de fer à Bras pour alimenter les hauts fourneaux de la région. Aux XVIIIe et XIXe siècles, une foulerie et une draperie y travaillent la laine.
Sous le régime français, l'ancien domaine est coupé en deux, Bras-Haut et Bras-Bas, dans le département de Sambre-et-Meuse. Les deux parties sont réunies en 1801 sous le nom de Haute-et-Basse-Bras, puis, en 1823, la commune de Bras est formée avec Séviscourt. Après 1839, elle fait partie de la province de Luxembourg.
Selon la légende, des habitants de Bras trouvèrent une statue de la Vierge dans le creux d'un chêne, près d'une source. Ils la portèrent à l'église paroissiale, mais le lendemain, elle était revenue dans son chêne : signe qu'elle voulait être honorée à cet endroit. Quand l'arbre s'abîma, on construisit une chapelle pour l'abriter.
La chapelle actuelle date de 1733 et garde un maître-autel en bois peint de style Louis XIV. Elle se trouve près de la source de la Lomme, et la source voisine de la chapelle passe, selon la croyance populaire, pour guérir les maladies des yeux. Le grand pèlerinage a lieu le 8 septembre et attire chaque année de nombreux fidèles.
Bras est resté une commune jusqu'au 1er janvier 1977 ; selon la commune, c'était la seule de Belgique à ne pas lever d'impôts communaux. Au moment de la fusion, le village, le plus peuplé des quatre concernés avec 730 habitants en 1973, s'y opposa à environ 73 % et aurait préféré rejoindre Saint-Hubert. Il fait depuis partie de Libramont-Chevigny.
L'ancienne maison communale a abrité jusqu'en 1993 le Centre de recherches archéologiques en Ardenne. Tous les quatre ans, Bras accueille la Journée internationale de l'herbe, où l'on montre en vrai, dans les prairies, les machines agricoles présentées à la foire de Libramont. Rue de Lhommal, un couple d'apiculteurs produit miel et fruits bio : L'Ami-Pré, à découvrir en vidéo.
Dernière mise à jour : 29/10/2026
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