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Commune de Attert — Province de Luxembourg

Histoire complète de Nobressart

La clairière d'Albéric

En luxembourgeois, on dit Gehaanselchert ou Elchert ; en allemand, Elchenroth ; en wallon, Nåbrissåt. Tous ces noms viennent d'un mot germanique, Albicon-rode, qui signifie « l'essart d'Albéric », c'est-à-dire la clairière défrichée par un certain Albéric. Pour le distinguer d'un autre Elchert, à une dizaine de kilomètres dans le Grand-Duché, on l'appelait aussi Gehans, du nom de saint Jean-Baptiste, ou « Groos », le grand.

Des fouilles ont montré que le site était déjà habité à l'époque gallo-romaine.

Une seigneurie du Luxembourg

Le village apparaît dans les textes au XIIIe siècle ; il paie alors la dîme à l'abbaye de Clairefontaine. Au Moyen Âge, Nobressart est le « sart », la terre défrichée, du seigneur de Diedenberg, dit Thiaumont, et fait partie de la seigneurie de Thiaumont avec Heinstert, Almeroth et Louchert. Son histoire suit celle du comté puis du duché de Luxembourg, passé aux ducs de Bourgogne, aux Espagnols puis aux Autrichiens.

En 1636, pendant la guerre de Trente Ans, le passage de troupes polonaises ravage le village : selon la tradition rapportée, seuls treize habitants auraient survécu. En 1646, les droits du seigneur sont mis en gage auprès de la comtesse de Reckem ; en 1652, l'abbaye de Clairefontaine achète la seigneurie, rachetée plus tard par les maîtres de forges de Habay.

Le moulin impérial

Sous l'impératrice Marie-Thérèse, le moulin de Nobressart, alimenté par le ruisseau du village, affluent de l'Attert, devient un moulin du domaine impérial. Il est reconstruit en 1776 par l'architecte Nicolas Burton : sa façade porte encore l'aigle bicéphale autrichien, la couronne impériale et les initiales M.T. Une seconde grange est ajoutée en 1880. Il s'arrête à la mort de son dernier meunier, Jacques-Joseph Ney, en 1968 selon une source (1988 selon une autre).

La ferme Loutschen, rue du Centre, date des environs de 1732. Beaucoup d'autres fermes et maisons, crépies et souvent mitoyennes, en retrait derrière d'anciennes cours à fumier, ont été bâties au XIXe siècle ; une vingtaine figurent à l'inventaire du patrimoine wallon.

Église, école et tram

Entre 1840 et 1845, l'église Saint-Jean-Baptiste est reconstruite de l'autre côté du ruisseau, au centre du village, en pierre de Grandcourt, dans un style néoclassique avec un fronton triangulaire sur pilastres, sur les plans de l'architecte Cordonnier, de Neufchâteau.

En 1858, l'architecte provincial Jamot dessine l'école, qui abrite aussi la maison communale et le logement de l'instituteur ; son fronton porte un chronogramme en allemand qui donne la date de 1858. L'école fonctionne toujours.

Beaucoup d'habitants sont des manœuvres qui travaillent aux forges du Pont d'Oie, à la papeterie Hoffschmidt ou dans la sidérurgie de Longwy et d'Athus. En février 1910, le tram vicinal relie Arlon à Nobressart, et la ligne de Martelange suit en 1911 ; elle ferme en 1952.

Du XXe siècle à aujourd'hui

Le 10 mai 1940, premier jour de la campagne des 18 jours, la 10e Panzerdivision allemande prend Nobressart sans combat.

Commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, Nobressart fait depuis partie d'Attert. À la fin des années 1970, il est l'un des premiers villages à profiter d'une grande opération de rénovation rurale. Il fait partie des Plus Beaux Villages de Wallonie, qui y ont balisé un parcours du patrimoine en 2014.

À découvrir au village

Pour prolonger la découverte de Nobressart, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : École communale de Nobressart.

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