Commune de Stavelot — Province de Liège
Francorchamps se trouve au bord de l'Eau Rouge, un petit affluent de l'Amblève, en bordure des Hautes Fagnes. L'ancienne commune comprenait aussi Hockai, Ster et Neuville. Tout près naissent ou passent la Hoëgne, dont la vallée est l'une des plus célèbres de Haute Ardenne, et le Roannay, qui descend de la fagne de Malchamps jusqu'à l'Amblève, près de Coo.
Au bord des fagnes, les habitants extrayaient la tourbe pour se chauffer : en 1825, après de fortes pluies qui l'avaient rendue inutilisable, la commune décida une coupe de bois extraordinaire pour les aider. On les surnomme les « boûs d'fagne ».
Vers 1135, le célèbre abbé Wibald de Stavelot fait graver sur une plaque de vermeil la liste des biens de son abbaye : « Francorcamp » y figure, c'est la première mention du village. Une chapelle Saint-Georges, qui dépend de l'église de La Gleize, est citée en 1167.
Jusqu'en 1795, Francorchamps fait partie de la principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy, dans le ban de Francorchamps. En 1651, des troupes françaises pillent et incendient le village. La paroisse devient autonome en 1629, et en 1750 la chapelle est remplacée par une église. En 1788, avec l'accord du prince-abbé Jacques de Hubin, on construit la route de la « Haute Levée », qui relie Stavelot à Francorchamps.
Après la chute de l'Empire français, le pays passe sous le régime des Pays-Bas, puis de la Belgique, tandis que Malmedy, tout proche, devient prussien : le ruisseau de l'Eau Rouge marque alors la frontière. Francorchamps et Hockai ont leur bureau de douane, qui ne fermera qu'en 1919, quand les Cantons de l'Est deviennent belges.
En 1867, l'arrivée du chemin de fer, sur la ligne Spa-Stavelot-Gouvy, apporte les premiers touristes, et une conduite d'eau remplace les puits asséchés. Au milieu du XIXe siècle, Ster compte pourtant plus d'habitants que Francorchamps : 228 contre 193. L'église reçoit une nef latérale en 1815 et une tour en 1850.
Le 4 août 1914, au premier jour de l'invasion, les troupes allemandes venues de Malmedy entrent dans le village et installent une Kommandantur dans l'ancienne gare. Le samedi 8 août, quelques coups de feu isolés déclenchent des représailles : persuadés d'être attaqués par des francs-tireurs, les soldats tuent et incendient sans distinction d'âge ni de sexe. De nouveaux incendies suivent les 11 et 12 août.
Plus d'une vingtaine de maisons et de villas, le moulin et des fermes sont détruits, et plus d'une dizaine de civils sont tués ; les chiffres varient selon les sources, de 11 noms sur le monument aux morts à 18 victimes. Parmi elles, un enfant de 8 ans et un ancien chef de gare, abattu sous prétexte d'avoir empoisonné l'eau.
Après la Grande Guerre, Jules de Thier, patron du journal La Meuse, veut relancer les courses automobiles. Avec Joseph de Crawhez, Henry Langlois Van Ophem et le baron Raymond de Tornaco, il dessine en 1921 un circuit de près de 15 kilomètres sur les routes publiques, en triangle entre Francorchamps, Malmedy et Stavelot. Pour la première course prévue en août 1921, un seul pilote s'inscrit : on organise une course de motos à la place.
Les grandes épreuves suivent : la première course automobile en 1922, gagnée par le baron de Tornaco, les premières 24 Heures de Spa en 1924 et le Grand Prix de Belgique en 1925. La piste en terre est asphaltée en 1928, et en 1939 le célèbre Raidillon de l'Eau Rouge remplace l'ancien virage de la douane. Le nom « Circuit de Spa-Francorchamps » apparaît en 1948.
Devenu trop dangereux, l'ancien tracé est abandonné, et un circuit plus court, d'environ 7 kilomètres, est inauguré en 1979 ; la Formule 1 y revient en 1983. Au début des années 2000, il cesse d'être une route publique et devient un circuit permanent.
Commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, Francorchamps fait depuis partie de Stavelot ; le hameau de Neuville lui avait été rattaché en 1952, et les écoles de Francorchamps, Ster et Hockai ont fusionné en 1976. La gare a fermé aux voyageurs en 1959, puis la voie a été démontée en 1974. L'ancienne église a été remplacée par une église moderne, consacrée le 20 décembre 1970, œuvre de l'architecte Marcel Geenen.
De 1958 à 2011, une source du village a donné l'eau « Duk Eau », jusqu'à ce que le toit de la petite usine s'effondre sous la neige. Le peintre Jean-Mathieu Nisen (1819-1885) est né à Ster. Les motos font toujours partie de la vie du village : Kockelmann Motos & Fils, rue de Spa.
Dernière mise à jour : 29/10/2026
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