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Commune de Seraing — Province de Liège

Histoire complète de Boncelles

Un village au bord du Sart-Tilman

Boncelles se trouve sur le plateau qui domine Seraing et la vallée de la Meuse, à l'orée des bois du Sart-Tilman. Longtemps rural, le village change de visage à la fin du XIXe siècle, quand l'armée y construit l'un des forts qui protègent Liège.

Le fort de Brialmont

Après la guerre de 1870 entre la France et la Prusse, la Belgique décide de fortifier Liège. À la fin du XIXe siècle, sur les plans du général Henri Alexis Brialmont, on construit une ceinture de douze forts autour de la ville ; celui de Boncelles en fait partie. De forme triangulaire, il est bâti en béton non armé, un matériau alors tout nouveau. En 1914, il est puissamment armé : deux tourelles de 21 cm, une de 15 cm, deux de 12 cm et quatre petites tourelles de 5,7 cm, avec en plus une tourelle d'observation munie d'un projecteur.

Août 1914 : le combat du Sart-Tilman

Le 4 août 1914, l'armée allemande envahit la Belgique et marche sur Liège. Dans la nuit du 5 au 6 août, les soldats belges livrent dans les bois le combat du Sart-Tilman pour arrêter l'ennemi entre les forts ; une plaque le rappelle à la ferme de la Cense Rouge, et une église a été élevée à la mémoire des soldats tombés au Sart-Tilman.

Le fort de Boncelles est attaqué pour la première fois le 6 août. Bombardé pendant plus d'une semaine, il tient jusqu'au 14 août, quand ses défenseurs ne peuvent plus résister aux fumées asphyxiantes. Le cimetière militaire belge de Boncelles compte 159 tombes de la Première Guerre mondiale.

Mai 1940 : « Me rendre ? Jamais ! »

En 1940, le fort, modernisé, ne garde que quatre tourelles de 75 mm. Il sert de fort d'arrêt, chargé de retarder l'ennemi. Bombardé par l'aviation et par l'artillerie allemandes, il tombe le 16 mai 1940 (le 17 selon une autre source), sans s'être rendu : c'est le deuxième des douze forts liégeois pris de force, après Ében-Émael.

Son commandant, Numa Charlier, refuse jusqu'au bout de capituler ; il est tué par le souffle d'une explosion pendant le dernier combat. Sa phrase, « Me rendre ? Jamais ! », est gravée sur le monument aux morts du fort. Le cimetière militaire compte 86 tombes de la Seconde Guerre mondiale, de soldats morts en défendant le fort.

Du dépôt militaire au musée

Après la guerre, l'armée garde le fort et en fait un dépôt ; l'entrée est murée. Commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, Boncelles fait depuis partie de Seraing, qui devient propriétaire du fort en 1983. Dans les années 1980, les fossés sont comblés et une partie du terrain est vendue pour construire des maisons ; il ne reste que la tour de prise d'air, la poterne et quelques blocs.

Au début des années 2000, Sergei Alexandroff crée le centre d'interprétation de la Tour d'Air, qui sauve la tour et la poterne avec ses deux corps de garde ; faute de moyens et de visiteurs, il ferme définitivement en 2019. Sur l'esplanade, des blindés rappellent l'histoire militaire du lieu, et un char Sherman sert de monument officiel de la libération. L'architecte Charles Dumont repose au cimetière de la rue de Faigneux.

Boncelles aujourd'hui

Le village s'est beaucoup développé : il compte aujourd'hui de nombreux magasins et plusieurs supermarchés, qui en font un pôle commercial des hauteurs de Seraing.

Rue de Tilff, L'Amie de la Cuisine conçoit des cuisines sur mesure, et rue du Gonhy, Bois Moderne installe poêles à pellets et à bois depuis 2009.

Vous connaissez l'histoire de Boncelles ?

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