Commune de Pepinster — Province de Liège
Soiron a été fondé, comme son voisin Olne, par le chapitre Saint-Adalbert d'Aix-la-Chapelle, une communauté de chanoines. Le chapitre en restera propriétaire jusqu'en 1802. L'église du village est citée pour la première fois en 1086.
Vers 1240, Soiron et Olne prennent des chemins différents. Le duc de Limbourg, qui protégeait le domaine comme haut-avoué, l'intègre à son duché, alors qu'Olne finit par passer au duc de Brabant. Une curiosité en est restée : le moulin banal de Soiron se trouvait à Vaux-sous-Olne, en plein territoire d'Olne, et les curés de Soiron devaient s'y rendre pour donner les sacrements, à l'époque où Olne vivait sous un régime protestant.
Le château de Soiron est mentionné dès le XIVe siècle. C'était alors une forteresse avec un donjon, des fossés et un pont-levis. Les habitants dépendaient du seigneur pour certains services : ils devaient utiliser le four et la brasserie banale et payer des droits au château.
En 1587, Christian de Woestraedt, mayeur et châtelain, fait construire un second château à Sclassin, à l'est du village.
Au XVIIe siècle, le village se transforme déjà : en 1627, le curé Nicolas Dengis fait élever la tour de l'église, comme le rappelle une dalle au-dessus du portail ; une maison du centre porte la date de 1663.
Le 18 septembre 1692, un violent tremblement de terre secoue la région de Verviers et détruit Soiron presque entièrement. La tour de l'église fait partie des rares constructions restées debout ; au château, le donjon et le pont-levis s'effondrent.
De 1723 à 1725, l'église Saint-Roch est reconstruite, à l'exception de sa tour, à l'initiative du seigneur du lieu. Elle conserve des fonts baptismaux romans du XIIe siècle et des dalles funéraires et croix de cimetière du XVIe au XIXe siècle.
Le château est rebâti en briques et en pierre calcaire de 1723 à 1749, sous Nicolas-Ignace II de Woelmont (1707-1786). En 1765, un nouveau presbytère est construit ; sa date est cachée dans un chronogramme, une inscription dont certaines lettres forment l'année en chiffres romains.
C'est aussi l'époque de la prospérité. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, la proximité de Verviers et de Liège enrichit le village, et les maisons s'agrandissent. Une manufacture de draps s'installe dans une haute maison dont le linteau porte la date de 1738 et les initiales T.M. Les villageois complètent leurs revenus dans les carrières, les fours à chaux, les briqueteries, les filatures, les forges et les clouteries. Soiron voit aussi naître Olivier Légipont (1698-1758), moine bénédictin, historien et bibliographe.
Au temps de l'industrie lainière verviétoise, on cultivait à Soiron le chardon à foulon, dont les têtes piquantes servaient à gratter et à adoucir les draps de luxe. Vers 1836, un séchoir à chardons en briques est ajouté à la ferme du château, qui date du XVIIe siècle et a été agrandie au XVIIIe : c'est un témoin rare de cette activité.
Au XIXe siècle, le château reçoit des annexes basses ; en 1860, ses fossés sont comblés, une terrasse est construite au nord et le parc est aménagé.
L'église est classée en 1934, le château en 1960 et 1971, et l'ancien presbytère en 1976. Soiron est une commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, qui la rattache à Pepinster.
Le village fait partie des Plus Beaux Villages de Wallonie. Environ 80 de ses bâtiments figurent à l'Inventaire du patrimoine de Wallonie, et l'on y voit encore l'ancien lavoir public à ciel ouvert.
Pour prolonger la découverte de Soiron, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : La Taverne de Soiron.
Dernière mise à jour : 22/10/2026
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