Commune de Oupeye — Province de Liège
Le nom d'Hermée viendrait du vieux germanique : « her », l'armée ou le campement militaire, et « mez », le champ. Ce serait donc le « champ de l'armée », peut-être le souvenir d'un ancien rassemblement de troupes. En wallon, on dit Hermêye.
Le village s'est développé à la tête d'une vallée, près des sources du Grand Aaz et du Petit Aaz. Long d'environ 8 kilomètres, le Grand Aaz descend vers la Meuse par Heure-le-Romain et Haccourt ; malgré sa petite taille, il a fait tourner jusqu'à dix moulins, surtout à grain, grâce à des réservoirs appelés « flots ».
La tradition parle aussi d'un « Trô des sotês », le trou des lutins : comme ailleurs en Hesbaye, c'était en réalité un chemin creux.
Au Moyen Âge, Hermée est le centre de la seigneurie du Grand Aaz et de Hermée. En 1600, elle passe à Jean Curtius, l'industriel et financier liégeois qui fit fortune dans la poudre à canon et dont la grande maison de Liège abrite aujourd'hui un musée ; il possédait déjà les seigneuries voisines d'Oupeye et de Vivegnis.
En 1879, des faits étranges terrorisent le village : les habitants les attribuent au Diable. On découvre en fait qu'ils sont l'œuvre de Marèye, une jeune femme de 21 ans délaissée par son prétendant, qui voulait se venger.
Le village en a fait une fête : chaque année, le dernier dimanche d'octobre, la Fête du Diable fait sortir les « Djâles », les diables, et la géante Marèye.
Hermée se trouve à environ une demi-lieue du fort de Pontisse, l'un des forts qui défendent Liège. Le 5 août 1914, au soir, trois régiments allemands arrivent en silence pour l'attaquer ; les canons du fort tirent sur eux une partie de la nuit. Les soldats amènent leurs blessés dans l'église, puis incendient des fermes et des maisons et en chassent les habitants. Onze civils sont fusillés, dont deux octogénaires. Le curé, M. Paisse, qui a soigné les blessés toute la nuit, est pris en otage avec le bourgmestre.
Le 14 août, de nouvelles troupes rassemblent la population sur la place, accusent les habitants d'avoir tué des soldats et menacent de détruire le village. Le pillage et les incendies reprennent. Au total, près de 150 maisons, environ la moitié du village, sont réduites en cendres ; seules quelques maisons des hameaux de Brou, du Petit-Aaz et du Grand-Aaz sont épargnées. Ces faits comptent parmi les atrocités allemandes de 1914 en Belgique. Un monument aux morts, place du Carcan, rappelle les victimes des deux guerres.
Commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, Hermée fait depuis partie d'Oupeye. Le village garde son église Saint-Jean-Baptiste et d'anciennes fermes du XIXe siècle, et vit avec ses deux écoles, sa bibliothèque, ses clubs de football, de judo et de danse, et sa salle polyvalente, le Refuge d'Aaz.
Au village, la Chatterie du Clos d'Aaz élève ses chats.
Dernière mise à jour : 30/10/2026
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