Commune de Fléron — Province de Liège
Le nom de Retinne viendrait d'un noble gallo-romain de la région, Retinius ou Rittius : le village serait né autour de son domaine.
En 1193 naît à Retinne une petite fille nommée Julienne. Orpheline vers l'âge de cinq ans, elle est confiée au couvent du Mont-Cornillon, près de Liège, une léproserie tenue par des religieuses augustines. Elle y prend le voile à 14 ans et en devient la prieure en 1222.
À partir de 1209 environ, elle a des visions : une lune brillante, mais dont une partie reste sombre. Elle finit par comprendre qu'il manque à l'Église une fête en l'honneur de l'Eucharistie. Avec l'aide de son amie Ève de Liège et de plusieurs hommes d'Église, elle obtient l'appui de l'évêque Robert de Thourotte : la Fête-Dieu est célébrée pour la première fois dans le diocèse de Liège en 1246.
Après la mort de l'évêque, Julienne est chassée de Cornillon et se réfugie à l'abbaye de Salzinnes, près de Namur. Elle meurt à Fosses-la-Ville et est enterrée à l'abbaye de Villers-la-Ville. Mais son combat aboutit : en 1264, le pape Urbain IV, ancien archidiacre de Liège, étend la Fête-Dieu à toute l'Église. Sainte Julienne est fêtée le 5 avril, et plus solennellement le 7 août dans le diocèse de Liège. On la représente souvent avec un croissant de lune ou un ostensoir.
Retinne se trouve sur la route de l'invasion allemande. Les 5 et 6 août 1914, les 27e et 165e régiments d'infanterie allemands traversent le village : selon Wikipédia, ils tuent une quarantaine de civils et détruisent 18 maisons. Le monument aux morts de la rue Surfossé porte les noms de 32 civils, la plupart tués le 6 août 1914.
Ce monument, où le lion belge saisit l'aigle allemand dans ses griffes, rappelle aussi les soldats du village, comme Joseph Bensberg, tué à Herstal le 5 août 1914, et Joseph Dumont, artilleur du fort d'Évegnée, tué le 11 août. Pour la Seconde Guerre mondiale, il cite notamment Laurent Gilys, mort de ses blessures au fort d'Évegnée en mai 1940, et deux membres de l'Armée secrète tués lors du massacre de Forêt.
Comme tout le pays de Fléron, Retinne a vécu du charbon. Le charbonnage du Hasard a donné son nom au terril qui domine le village : il culmine à 365 mètres d'altitude, environ 90 mètres au-dessus du sol, et offre une large vue sur la région. Beaucoup de mineurs polonais sont venus y travailler et se sont installés dans la région.
Le terril n'est pas tout à fait endormi : en 2001, un glissement de terrain s'y est produit, lié à la combustion spontanée des schistes à l'intérieur. Au pied du terril, les habitants ont aménagé le Batifix, un lieu de rencontre et d'activités pour le village.
Retinne abrite un temple antoiniste, rue de la Briqueterie. Il a la particularité d'être le seul en Belgique à exposer des photos, et il garde le rituel établi par Catherine Antoine.
En 1977, la fusion des communes fait de Retinne une section de Fléron. Le village a vu naître Georges Jobé (1961-2012), l'un des plus grands pilotes de motocross de l'histoire : cinq fois champion du monde et neuf fois champion de Belgique.
Pour prolonger la découverte de Retinne, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : Autos Passion et Pépinière de Fléron.
Dernière mise à jour : 17/10/2026
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