Commune de Bassenge — Province de Liège
Glons se trouve dans la vallée du Geer, à 79 mètres d'altitude. Son nom apparaît sous les formes Gladons en 1034, Gladuns en 1143 et Glaons en 1222 ; il viendrait de mots gaulois désignant une place forte (dunon) et une rive (glanna). La vallée est habitée depuis la préhistoire, et on y a trouvé des traces gallo-romaines et mérovingiennes ; la ferme Saint-Laurent se trouverait peut-être sur l'emplacement d'une villa romaine, non loin de la grande chaussée de Bavay à Cologne.
Au Moyen Âge, le territoire de Glons est partagé entre quatre seigneuries. La plus grande, Brus et Glons, est un fief de la cour du comté de Looz : Guillaume, seigneur de Brus, est cité en 1288, et la famille de Berlo la garde jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. Boirs et Oborne appartient au chapitre de la cathédrale Saint-Lambert de Liège, Saint-Pierre à celui de la collégiale Saint-Pierre, et Saint-Laurent à l'abbaye Saint-Laurent de Liège, qui y possède une ferme fortifiée aux tours de style mosan.
La vieille tour de l'église, qui se dresse toujours dans l'ancien cimetière, date du début du XIIe siècle ; elle est remaniée au XVe siècle et agrandie au XVIe. En avril 1399, l'abbaye Saint-Laurent offre à l'église une cloche nommée « Marie ».
En 1328, les Liégeois détruisent la tour d'Oborne. En 1406, le prince-évêque Jean de Bavière, en guerre contre ses sujets révoltés, fait incendier Glons et les villages voisins. En 1453, une charte sur le métier des retondeurs mentionne déjà le tressage de la paille, répandu dans la vallée du Geer. En 1692, un tremblement de terre ravage le village.
Gilles-Joseph-Évrard Ramoux, né à Liège le 20 janvier 1750 et membre fondateur de la Société d'Émulation de Liège, devient curé de Glons en 1784, pour plus de 42 ans. Il fait connaître un petit outil, l'ustèye, qui fend la paille en brins très fins, et un moulin à fendre la paille : le tressage connaît alors un nouvel essor pour un siècle. Pendant la Révolution, il prête le serment civique pour que le culte continue dans sa paroisse. Poète et musicien, il meurt le 8 janvier 1826 ; une rue de Glons et une rue de Liège portent son nom.
En 1790, la ferme Saint-Laurent devient bien de la République française, et Jean Gossuin l'achète en 1798. En 1804, l'église reçoit des orgues construites en 1756 et venues de l'église Saint-Georges, en Féronstrée, à Liège.
La paille de blé et d'épeautre du Geer passe alors pour la meilleure pour les chapeaux. En 1816, les deux tiers des habitants de Glons vivent des métiers de la paille. À partir de 1830, des ouvriers partent chaque saison travailler à Paris, surtout pour fabriquer des chapeaux de paille vendus sous le nom de « chapeaux de Glons ». Les chapeliers vendent en Belgique, aux Pays-Bas et en France, pendant une campagne d'environ cinq mois, de janvier à mai. Quatre moulins tournent sur le Geer : Wickmaille, Brus, Oborne et Boirs.
Le village change aussi : le couvent des sœurs de Marie est bâti en 1857, et la nouvelle église Saint-Victor, néo-romane, est construite à la fin du XIXe siècle (1880 ou 1893 selon les sources), pendant que la vieille église est en partie démolie, sauf sa tour. Un tram relie Glons à Kanne de 1893 à 1921.
En 1889, la Société générale des fabricants de sucre, présidée par Victor Beaudouin, crée à Glons l'École sucrière belge. Agréée par l'État en 1892 sous le nom d'Institut polytechnique de Glons, elle forme ses premiers ingénieurs en 1893. En 1917, les troupes allemandes occupent l'institut et détruisent ses archives ; les cours continuent à Liège. En 1977, l'école fusionne avec les instituts de Seraing et de Waremme pour former l'Institut supérieur industriel liégeois.
La paille importée de Chine et du Japon, les droits de douane et les machines finissent par ruiner le métier : les tresseuses disparaissent d'abord, puis la fabrication des chapeaux s'arrête dans les années 1950. Les canotiers de Maurice Chevalier venaient de la vallée : en 1949, il dédicace une photo à son chapelier, Gaston Troquet, de Houtain-Saint-Siméon. La Société royale les Chapeliers de la vallée du Geer garde ce souvenir, avec son canotier à ruban bleu, porté depuis 1954.
En 1962, le hameau du Haut-Vinâve, qui dépendait de la commune limbourgeoise de Sluse, est rattaché à Glons. La ferme Saint-Laurent, en partie restaurée, est classée en 1952 (en 1962 selon une autre source). Depuis 1972, un centre radar de l'OTAN fonctionne à Glons, avec environ 200 militaires et civils de 12 nationalités. Commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, Glons fait depuis partie de Bassenge. En 1983, un tremblement de terre endommage l'église.
La vie du village passe aussi par la Salle Notre Maison, rue Curé Ramoux, et par les cramignons, les chars du carnaval et les concerts de la Jeunesse Saint-Georges, fondée en 1981.
Dernière mise à jour : 29/10/2026
Cette page est écrite à partir de sources publiques et elle peut toujours s'enrichir. Vous avez une information, un souvenir de famille, une vieille photo ou une carte postale ? Vous avez repéré une erreur ? Écrivez-nous : chaque information est vérifiée avant d'être ajoutée, corrigée ou retirée.
[email protected]