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Commune de Bassenge — Province de Liège

Histoire complète de Boirs

Bwêr, au fil du Geer

Boirs s'appelle Bwêr en wallon et Beurs en néerlandais. Le village s'étend sur 470 hectares dans la vallée du Geer, que la rivière traverse d'ouest en est, à 15 km de Liège et à 10 km de Tongres.

Une seigneurie de Saint-Lambert

Sous l'Ancien Régime, Boirs et Oborne, un lieu aujourd'hui rattaché à Glons, forment deux seigneuries appartenant au chapitre de la cathédrale Saint-Lambert de Liège. Les deux localités partagent une seule cour de justice, dont les membres sont nommés par le chapitre ; en cas d'appel, l'affaire va devant les échevins de Liège.

Au XVIIIe siècle, un chanoine dirige l'administration des deux seigneuries, sous le contrôle du chapitre et avec la participation des habitants.

Le pays de la paille tressée

Le sol crayeux de la vallée du Geer donne une paille idéale pour le tressage. Selon une tradition, c'est l'abbé Ramoux, de Glons, qui aurait introduit le tressage en 1784 pour lutter contre la misère des villages. En 1816, c'est déjà un travail à domicile qui occupe une grande partie de la population de la vallée, et Boirs compte lui aussi ses fabriques de tresses et de chapeaux de paille.

De l'automne à janvier, hommes et femmes préparent et tressent la paille à la maison. Début janvier, les tresses partent vers les villes où les fabricants ont leurs ateliers, et les hommes suivent pour coudre pendant quatre ou cinq mois les chapeaux à la mode. Beaucoup vont jusqu'en Hollande : à Amsterdam, Rotterdam, Utrecht ou La Haye, des familles de la vallée du Geer tiennent des fabriques de chapeaux.

Vers 1860, le travail de la paille occupe plus de la moitié de la population active de la vallée. Mais à la fin du siècle, la concurrence de l'Italie et de la Chine et les taxes des pays voisins font s'effondrer le commerce. Avant 1914, la région ne compte plus qu'environ 14 fabriques, et en 1949, il ne reste qu'une centaine d'ouvriers.

Une commune en 1866

Après la Révolution, Boirs est d'abord rattaché à Glons, puis devient une commune indépendante en 1866. En 1870, le village se dote d'une église en briques dédiée à saint Lambert. Elle garde un mobilier ancien, une chaire de vérité de style Louis XV et une croix de mission du XVe siècle.

La population, de 1 100 habitants en 1890, descend à 1 040 en 1910 puis à 889 en 1938, au rythme du déclin de la paille.

La falaise de craie

Au bord du village, une ancienne carrière de craie a laissé une falaise blanche de 700 mètres de long, bien visible depuis l'autoroute E313 Liège-Anvers, qui traverse Boirs. C'est aujourd'hui un site de grand intérêt biologique.

Boirs aujourd'hui

Commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, Boirs fait depuis partie de Bassenge et compte environ 900 habitants. Il est jumelé avec Chapareillan, en Isère. Fernand Herman, né à Boirs, ministre des Affaires économiques de 1975 à 1977 puis député européen de 1979 à 1999, repose au cimetière du village, tout comme Henri Moreau de Melen.

Pour l'installation et l'entretien du chauffage, Olivier Chauffage est installé au village.

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