Commune de Thuin — Province de Hainaut
Leers, en wallon Lere, apparaît dans l'histoire en 868-869 : il fait alors partie du domaine de l'abbaye de Lobbes. Plus tard, l'abbaye d'Aulne y possède une seigneurie, qu'elle garde jusqu'à la Révolution française.
Le village relève du châtelain de Thuin, vassal du prince-évêque de Liège, pour le fief et la justice, et du baron de Barbençon pour l'avouerie, c'est-à-dire la protection. Pendant des siècles, Leers n'est pas une paroisse : il dépend de celle de Fontaine-Valmont jusqu'au Concordat.
À environ deux kilomètres à l'est du village, au hameau de Fosteau, appelé Forestiel au XIVe siècle, s'élève une maison forte. À la fin du XIVe siècle, c'est un manoir fortifié rectangulaire, entouré de douves, qui garde encore aujourd'hui quatre tours. Vers 1380, la duchesse Jeanne de Brabant le donne à Wauthier de Semousies ; vers 1400, Jeanne de Semousies épouse Jean Ier de Sars, et quatre générations de chevaliers de Sars s'y succèdent.
Au milieu du XVIe siècle, Louis de Zwenne en hérite par mariage, mais en 1599 son fils Pierre, à court d'argent, vend le château délabré. Nicolas de Marotte le rachète et le restaure, en ajoutant un étage de briques. Au XVIIe siècle, il passe par mariage à Andrien de Jamblines, et au XVIIIe siècle une nouvelle aile lui donne son plan en U.
En 1794, Adolphe d'Aoust hérite du Fosteau ; en 1854, c'est le tour de son neveu Jules-Edmond, marquis d'Aoust. En 1849, le marquis d'Aoust fait bâtir à Leers une école et une église protestante, et une partie des habitants se convertit au protestantisme. Après sa mort, son héritier transforme le bâtiment en église catholique : c'est l'actuelle église Saint-Nicolas, de style néogothique.
Au XIXe siècle, l'écrivain Victor Hugo séjourne au village et dessine le château du Fosteau.
Hélène, la fille du marquis, épouse Henri Marie de Robin de Barbantane ; la famille de Barbantane garde le château, le remanie plusieurs fois aux XIXe et XXe siècles et y ajoute une seconde cour de ferme. Roseline de Robin de Barbantane, épouse du baron Albert le Guay, y vit jusqu'en 1981.
Le château est classé comme monument, et ses abords comme site, en 1979. Vers 1981, la famille Van Hoonacker l'achète et le restaure ; depuis, il accueille une exposition de meubles anciens, tous à vendre, et se visite. On y admire l'une des plus belles salles gothiques de Belgique, un petit musée de la pharmacie, et un jardin à la française qui descend en terrasses vers un étang, orné de sculptures.
Lors de la fusion des communes de 1977, le rattachement à Thuin ne suscite guère d'enthousiasme : on aurait préféré former une grande commune rurale avec Biercée et Ragnies, ou rejoindre Lobbes, et l'on craignait de devoir payer l'entretien des remparts de Thuin. Les derniers bourgmestres furent Robert Duterne (1953-1963) et Marcel Mairy (1964-1977).
Le peintre, dessinateur, graveur et écrivain Ben Genaux (1911-1996) a vécu à Leers-et-Fosteau à la fin de sa vie.
Pour prolonger la découverte de Leers-et-Fosteau, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : atelier sb|dz - architecture raisonnée.
Dernière mise à jour : 26/10/2026
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