Commune de Rumes — Province de Hainaut
Le nom de Taintignies apparaît pour la première fois en 1012, sous la forme Tinteneiae. Il viendrait du nom d'un propriétaire gallo-romain, Tintenius, et d'un suffixe qui marque la propriété, comme pour Tintigny en Gaume. Au XIe siècle s'impose la forme Tintegnies, devenue plus tard Teintignies puis, dans la seconde moitié du XXe siècle, Taintignies. En picard, on dit Tinchnie.
Avant cela, dès 899, de nombreux documents parlent de Haldione, sans doute la seigneurie d'Haudion, qui s'étendait sur plusieurs paroisses ; la rue Haudion en garde peut-être le souvenir.
Au Moyen Âge, Taintignies relève du comté de Flandre. Le territoire est partagé entre plusieurs seigneurs : le grand fief de Florain, avec son château, aujourd'hui rénové et longé par la rue de Florent ; une partie appelée Taintignies, avec les seigneuries de Clairmaie et d'Haudion, dont il reste des noms de rues et le bois de Clairmaie ; et une troisième partie, plus au nord-ouest, vers Rumes.
Pendant des siècles, ces fiefs vivent côte à côte. En 1661, le roi d'Espagne Philippe IV les réunit sous un seul nom : le village de Taintignies. La terre est ensuite élevée en baronnie pour Nicolas-François Bernard, seigneur du lieu, qui ajoute « du Bois » à son nom à la suite du testament de Michel du Bois.
En août 1668, la peste frappe durement les villages bas et marécageux de la région, dont Taintignies. Les morts sont enterrés la nuit, sans cérémonie religieuse, par des équipes isolées qui doivent suivre des chemins imposés. La « voie des morts », qui relie la rue de l'Église à la rue des Chasses, en garde la trace.
Les guerres de Louis XIV provoquent l'incendie du château, qui est ensuite reconstruit, et une famine aggrave encore le malheur des habitants.
Le 12 juillet 1722, la famille Le Clément de Saint-Marcq achète la baronnie et ses fiefs au baron Louis Arnould de Bernard. En 1766, Philippe-Hubert-Marie-Joseph Le Clément en hérite et reçoit de l'impératrice Marie-Thérèse le titre de baron de Taintignies.
À la fin du XVIIIe siècle, les Français occupent le pays : les grandes propriétés des nobles et du clergé sont confisquées et revendues, et les cultivateurs du village en rachètent une grande partie à bas prix. Le village fait alors partie du département de Jemappes. Le même Le Clément devient maire de 1808 à 1832 ; il fait raser le vieux manoir des Bernard. En 1856, la famille Crombez devient propriétaire du château.
Au XIXe siècle, la population double. À côté de l'agriculture apparaissent des brasseries, une briqueterie, une tuilerie et des moulins à farine, et Taintignies se fait la réputation d'avoir les meilleurs maçons de la région. En 1866, le village s'agrandit d'environ 260 hectares en absorbant les hameaux de Petit-Rumes et de La Digue, détachés de Rumes.
À la fin du siècle, beaucoup d'ouvriers travaillent dans les charbonnages et la métallurgie du nord de la France, avec un statut de frontaliers qui les dispense de visa. Vers 1830, une communauté protestante se forme ; elle construit un premier temple en 1869, puis le temple actuel en 1909.
La nouvelle église Saint-Amand est commencée le 10 février 1890 et bénie le 7 septembre 1891, sous le curé Augustin Declercq ; son clocher s'élève à 43 mètres.
La Première Guerre mondiale arrête la prospérité ; un nouvel essor suit, jusqu'à la crise de 1929 : en 1933, le village compte 450 chômeurs. Les ouvriers ne peuvent plus travailler librement en France, et beaucoup partent pour Bruxelles, Charleroi ou Liège. Le 15 juin 1943, les Allemands emportent les cloches de l'église ; deux nouvelles cloches les remplaceront.
Après la guerre, un autobus relie Taintignies à Tournai, et les chemins de terre sont pavés. En 1977, Taintignies, Rumes et La Glanerie fusionnent pour former la commune de Rumes, dont Taintignies accueille la maison communale. Le village reste rural : plusieurs agriculteurs y cultivent ensemble quelque 675 hectares.
Pour prolonger la découverte de Taintignies, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : Centre IZAZEN.
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