Commune de Manage — Province de Hainaut
Le nom du village viendrait des bois qui bordaient autrefois la Haine : le « bois proche de la Haine ». Une autre explication y voit le bois de Haine-Saint-Paul. En latin, on l'écrivait Bosca Hanica, et en wallon comme en picard, on dit Bos d'In.ne.
Le nom apparaît dès 1010 sous la forme Bois-d'Haigne ou Bos de Haïgne. Il change ensuite au fil des siècles : Bos-d'Haine en 1263, Bos de Hayne en 1314, Bois de Haisne au XVe siècle, Bois d'Hayne en 1563, Bois d'Hesne en 1749, avant de devenir Bois-d'Haine en 1775.
Au Moyen Âge, le village dépend de la grande paroisse de Haina. En 1163, celle-ci est partagée en deux paroisses, Haine-Saint-Pierre et Haine-Saint-Paul, autour de deux oratoires.
Bois-d'Haine avait ses propres échevins. Leur sceau, qui portait la légende « Eschevins Bois d'Haine », montrait l'aigle impérial, et les armoiries de la commune reprenaient celles du Saint-Empire romain germanique : un aigle à deux têtes, noir sur fond d'or.
Chaque année, le mardi qui suit le dernier dimanche de juin, Bois-d'Haine célèbre le Caudia, ou chaudeau. Selon la légende, la fête remonterait à 1411. Autrefois, des jeunes allaient de ferme en ferme quêter du lait et du sucre avec des seaux ; des cavaliers les ramènent ensuite sous un marronnier, où trois chaudrons chauffent au-dessus d'un feu. Le chaudeau, une sorte de punch chaud au lait, est partagé entre tous, et un pot est porté au curé.
Dignitaires, maître de cérémonie et musiciens défilent en costume. La fête est reconnue parmi les chefs-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Louise Lateau naît en 1850 dans une famille pauvre du village. Son père meurt de la variole quelques semaines après sa naissance ; elle-même attrape la maladie et en réchappe de justesse. Sans instruction mais très croyante, elle soigne très jeune les malades du village. En 1866, pendant une épidémie de choléra, elle soigne les malades et aide à enterrer les morts à la demande du curé.
En 1868, à 18 ans, elle tombe gravement malade. Des plaies saignantes apparaissent alors chaque vendredi sur son côté, ses pieds, ses mains et son front, accompagnées d'extases qui peuvent durer jusqu'à huit heures. À partir de 1871, on affirme qu'elle ne mange, ne boit et ne dort plus.
Fin 1868, l'évêque de Tournai, Mgr Gaspar-Joseph Labis, ouvre une enquête ; sa commission la juge sincère. En 1874, l'Académie royale de médecine de Belgique l'examine à son tour : le rapport du docteur Warlomont, en 1875, ne trouve pas de tricherie mais attribue les phénomènes à un trouble nerveux, sans pouvoir confirmer le jeûne ni l'absence de sommeil. L'affaire passionne les journaux et divise croyants et savants.
Des visiteurs viennent de toute l'Europe, de Russie et d'Amérique jusqu'à sa modeste maison, et le petit village devient connu bien au-delà de la Belgique. En 1881, ses conseils auraient joué un rôle dans le choix de l'emplacement de l'hôpital de Jolimont.
Affaiblie, souvent paralysée et parfois aveugle, Louise Lateau meurt le 25 août 1883, à 33 ans. Environ 5 000 personnes assistent à ses funérailles. Elle repose derrière l'église Saint-Jean-Baptiste, près de ses parents et de deux de ses sœurs, et des pèlerins se rendent encore sur sa tombe.
En 1991, l'évêque de Tournai, Mgr Jean Huard, ouvre une enquête préliminaire en vue de sa béatification, mais le Saint-Siège ne poursuit pas la cause.
Commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, Bois-d'Haine fait depuis partie de Manage. Le Caudia continue d'y être fêté chaque été, organisé par les Amis du Folklore Bois-d'Hainois.
Le bureau d'études STB est installé au village.
Dernière mise à jour : 30/10/2026
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