Commune de Erquelinnes — Province de Hainaut
La première mention de Montignies remonte à 868 : le village figure dans le polyptyque de l'abbaye de Lobbes, c'est-à-dire l'inventaire de ses biens. Son nom évoquerait un lieu vallonné ; la mention de saint Christophe vient du patron de la paroisse et permet de le distinguer des autres Montignies du Hainaut. En 1341, on écrit Monteigni saint Cristofle ; en wallon, on dit Montgneye-Sint-Cristofe.
Le territoire est traversé par la Hantes, qui prend sa source à Froidchapelle et rejoint la Sambre à Labuissière, et par le ruisseau du Sartiau, venu de Thirimont. Autour du village se trouvent les hameaux de Sainte-Anne, Miraumont, La Marlière et Hurtebise.
À l'époque romaine, un embranchement de la grande voie qui reliait Bavay à Trèves passe par ici. C'est ce souvenir qui a donné son surnom au pont du village.
Du XIe siècle à la fin du XIVe, le village a ses propres seigneurs, les de Montigny. Au XVe siècle, la seigneurie passe à la puissante famille de Lalaing, puis aux Hamericourt et, à partir du XVIe siècle, aux de Thiennes. La famille de Zomberghe sera la dernière à la tenir.
L'église Saint-Christophe remonte au XVe siècle ; elle sera profondément transformée au XIXe siècle dans le style néogothique. Un peu à l'écart du village, sur un promontoire, la ferme du château, du XVIIe siècle, protégée par des murs, rappelle l'époque où le Hainaut devait se défendre contre les troupes françaises.
Le pont dit « romain » franchit la Hantes à un endroit où le courant est fort. Il est fait de pierre de taille calcaire, sur une base massive, et compte treize arches étroites en plein cintre, pour une longueur d'environ 22 mètres. Côté amont, les piles ont un bec qui fend le courant et une rainure où l'on glissait des vannes.
Car ce n'était pas d'abord un pont, mais un barrage sur la Hantes, aménagé ensuite pour le passage. Malgré son nom, il n'est pas romain : on le date de la fin du Moyen Âge ou du XVIe siècle selon les sources. Il apparaît déjà dans les albums de Croÿ, ces recueils de vues dessinées pour le duc Charles de Croÿ vers 1597.
Le pont est classé depuis le 30 mars 1962. En 1998, l'Université de Liège lui a consacré une étude pour la Région wallonne.
En 1658, Philippe, comte de Thiennes, fonde le couvent des carmes de Sainte-Anne. Ses ruines sont encore en partie visibles, et la cense du Carmel, une ancienne ferme, porte encore le souvenir des religieux.
Le village garde des maisons et des fermes en pierre du XVIIe au XIXe siècle, une chapelle face à l'église et une grotte de Notre-Dame de Lourdes près du pont. Montignies-Saint-Christophe est une commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, qui la rattache à Erquelinnes.
Le pont, lui, ne porte plus qu'un sentier qui mène à la ferme Hurtebise, au cœur d'un joli coin de promenade le long de la Hantes.
Pour prolonger la découverte de Montignies-Saint-Christophe, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : Pont « romain ».
Dernière mise à jour : 22/10/2026
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