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Commune de Dour — Province de Hainaut

Histoire complète d'Elouges

Le nom

Le village s'appelle Elouche en picard et en wallon. Son nom apparaît sous les formes Slogia entre 965 et 1018, Logia de 1024 à 1183, Eslogia en 1046, puis Eslouges en 1186, une forme qui a peu changé depuis. On l'explique d'habitude par « ès logia », c'est-à-dire « vers les loges, vers les habitations ».

Des premiers outils aux Francs

Le sol d'Elouges a livré des outils de l'âge de la pierre et de l'âge du fer, puis les traces d'un camp romain, des poteries, des amphores, des aqueducs et un cimetière d'époque franque. Une villa romaine et un aqueduc ont aussi été découverts sous le terril Saint-Charles, reliés au mont d'Elouges. L'archéologue local Charles Debove a fouillé la commune et réuni ses trouvailles (poteries, statuettes, médailles, armes) dans un musée. Au début de 2009, de nouvelles tombes anciennes ont encore été découvertes près du cimetière de Monceau.

Elouges et Monceau au Moyen Âge

Elouges et Monceau étaient autrefois deux villages, chacun avec son église ; la petite église de Monceau dépendait de la paroisse de Dour. Le patronage de la paroisse d'Elouges, c'est-à-dire le droit d'en choisir le curé, appartenait à l'abbaye de Crespin, de l'autre côté de l'actuelle frontière.

Elouges était le siège d'une prévôté, une circonscription de 27 villages détachée de Mons. Elle appartenait au souverain, qui l'a mise en gage auprès de Jean Lefèvre ; elle est ensuite passée aux familles de Ronquier et de Belhomme. Le village comptait aussi la seigneurie d'Épinoy, et en 1328 un fief y appartenait à Robert li Dus. Le régime seigneurial prend fin dans le Hainaut en novembre 1792, après la victoire française de Jemappes.

Le curé Mahieu et l'ermitage de Cocars

Né à Mons au milieu du XVIIe siècle, Jacques Mahieu devient curé d'Elouges en 1680 et reste doyen du district de Bavay pendant 41 ans. Par son testament de 1726, il fonde deux bourses d'études de théologie, des messes pour les défunts, des aumônes et des rentes pour quatre jeunes filles pauvres. Il meurt en 1732.

Au XVIIe siècle, un ermitage est fondé à Cocars, dans le bois d'Épinois, entre Dour, Elouges et Wihéries. Il n'en reste que la chapelle. La ducasse de Cocars, née au début des années 1820, a été relancée en 2006.

La houille et la chaux

Comme tout le Borinage, Elouges vit longtemps du charbon. Sur le site de l'ancien charbonnage de Belle-Vue, la première mention connue d'une exploitation est celle de la fosse Andrieux, en 1511, et la houille y était peut-être déjà extraite au XVIe siècle. L'activité est la plus forte entre 1830 et 1869, et le site appartient à la Société des charbonnages du Borinage jusqu'en 1950. Dans la région de Dour, le dernier charbonnage, Sainte-Catherine, ferme en 1961, et 2 300 emplois disparaissent.

Au même endroit, on cuit la chaux : les traces des premiers fours remontent à 1840. L'exploitation de la carrière et la production de chaux se développent vraiment à partir de 1950 ; les fours à chaux Waroquier sont construits en 1951, reconstruits en 1966, et s'arrêtent en 1990. La carrière, remplie d'eau, est aujourd'hui un site de plongée de 2 hectares et de près de 20 mètres de profond, après l'évacuation d'une décharge sauvage de pneus à la fin des années 1990.

Le combat d'Elouges, 24 août 1914

Le 23 août 1914, l'armée britannique se bat à Mons. Le lendemain, elle doit battre en retraite, poursuivie par l'armée allemande. Pour protéger le flanc gauche de la retraite, la 5e division du général Fergusson et la division de cavalerie d'Allenby tiennent la ligne entre Elouges, Audregnies et Quiévrain. Le lieutenant-colonel Ballard y commande un groupe formé du 1er bataillon du Norfolk Regiment, du 1er bataillon du Cheshire Regiment et de la 119e batterie d'artillerie.

Vers midi, près d'Audregnies, le 9e Lanciers et deux pelotons du 4e Dragoons Guards chargent le flanc des Allemands. La charge est brisée par une clôture de fil de fer et par l'artillerie. Le capitaine Francis Grenfell, du 9e Lanciers, aide alors avec des volontaires à sauver les canons de la 119e batterie du major Ernest Alexander, qui a perdu la plupart de ses artilleurs. Tous deux reçoivent la Victoria Cross, la plus haute décoration britannique.

Vers 14 h 30, Ballard ordonne la retraite. Mais l'ordre n'atteint pas les Cheshires du lieutenant-colonel Boger : encerclés, ils se battent jusque vers 19 heures, puis les survivants se rendent. Sur environ 1 000 hommes, une centaine seulement rejoignent l'armée à Ath. Ce jour-là, les Cheshires perdent environ 750 hommes (tués, blessés et prisonniers) et les Norfolks environ 275.

De la commune au festival

Elouges a vu naître ou vivre l'homme politique Henri Tellier (1812-1871), le peintre Victor Regnart (1886-1964) et le bourgmestre Georges Mulpas (1911-1978), qui a fondé le musée qui porte son nom. En 1977, la fusion des communes fait d'Elouges une section de Dour ; les autres habitants de la commune surnomment ceux du village « les sots d'Elouges ».

Depuis 1989, le Dour Festival se tient chaque été, à la mi-juillet, dans les prairies d'Elouges. C'est devenu le plus grand festival d'été de Wallonie. Depuis 2002, le village accueille aussi à la mi-septembre un festival plus intime, « Elouges en Blues et Folk ».

À découvrir au village

Pour prolonger la découverte d'Elouges, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : Carrière de Dour.

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