Commune de Chimay — Province de Hainaut
Le village apparaît dans les textes en 1182, ou en 1186 selon d'autres sources, sous le nom latin de Longo Prato, « le long pré », qui décrit bien la prairie étirée dans la boucle de la rivière. En wallon, on dit Lompré-el-Fagne.
Des pointes de flèche en silex et des outils du Mésolithique et du Néolithique (grattoirs, burins, perçoirs) ont été retrouvés sur le territoire du village. À l'époque gauloise, un oppidum, une place fortifiée, occupe l'éperon rocheux qui domine Lompret.
Au IIIe siècle, au temps des invasions germaniques, le site est à nouveau occupé. Vers 1872, au lieu-dit « camp romain », on découvre un trésor d'environ 600 pièces romaines en argent, frappées sous les empereurs Gordien à Philippe l'Arabe, au milieu du IIIe siècle. Une légende locale veut aussi que les ifs de la région aient été plantés par les soldats romains.
Au Moyen Âge, Lompret dépend d'abord, avec Aublain, de l'abbaye de Lobbes, puis entre dans la cour féodale de Chimay, au comté de Hainaut. En 1340, pendant la guerre de Cent Ans, le village est brûlé par les Français.
Les premiers seigneurs connus appartiennent à la famille de Salles. Au XVe siècle, la seigneurie passe aux Bouzanton : Jean de Bouzanton, seigneur d'Imbrechies, est grand bailli des bois de Chimay et prévôt de Chimay de 1434 à 1445. Les dates varient selon les sources, l'une d'elles situant en 1451 la vente de la seigneurie par Jean de Salles aux Bouzanton.
Leur château, entouré d'eau, a été détruit et reconstruit plusieurs fois ; selon certaines sources, Antoine de Croÿ le détruit en 1440. Il en reste une tourelle du XVe siècle, à côté des ruines d'une ancienne grange. Aux XVIe et XVIIe siècles, la seigneurie appartient à la famille de Landas.
Le sous-sol de Lompret contient du minerai de fer, exploité très tôt, et l'Eau Blanche fait tourner les forges. En 1655, la seigneurie est achetée par Pierre Jacquier, prévôt de Chimay, seigneur de Virelles et maître de forges à Rance. Vers le milieu du XVIIe siècle, l'ancienne maison forte reçoit un étage et une façade tournée plein sud.
Ses descendants sont anoblis en 1718 par l'empereur Charles VI et gardent Lompret jusqu'à la Révolution française. L'église conserve un monument funéraire daté de 1724, et le moulin de Vaulx est construit au XVIIIe siècle. Les principaux bâtiments actuels de l'ancien château datent de 1758.
Plusieurs forges fonctionnent encore au début du XIXe siècle : en 1840, celle de La Filature compte deux affineries, un marteau et un bocard pour broyer le minerai. La plupart s'arrêtent en 1831, la dernière en 1865.
À la fin du XVIIIe siècle, Lompret accueille des enfants abandonnés confiés par l'Hôtel-Dieu de Paris à des familles du village. De 1783 à 1794, trente-cinq d'entre eux y meurent ; à l'époque révolutionnaire, on les appelle les « enfants de la Patrie ».
Le dernier seigneur, le baron de Maelcamps, qui avait épousé une fille de Jacques Jacquier, quitte Lompret en 1814 pour s'installer à Horrues.
En 1830, Lompret ne compte que 158 habitants et 30 maisons. Le relief et les terrains marécageux laissent peu de place à l'agriculture : après la fermeture des forges, la plupart des habitants travaillent dans les bois ou dans les villes voisines. Un bâtiment en pierre calcaire, aujourd'hui un hôtel, est construit à côté de l'ancienne maison forte.
En 1879, l'église Saint-Nicolas, de style néogothique, en pierre calcaire et ardoises, remplace l'ancienne chapelle du château, devenue trop petite, et s'élève à son emplacement. Le village compte aussi la chapelle Notre-Dame du Perpétuel Secours, du milieu du XIXe siècle. En 1890, des grottes sont découvertes.
En juin 1940, Hitler installe son quartier général à Brûly-de-Pesche, tout près, pour diriger la campagne de France. Toute la région est évacuée, et la plupart des habitants de Lompret sont envoyés vers la région de Beaumont.
Lompret est une commune à part entière jusqu'à la fusion de 1977, qui la rattache à Chimay. Son noyau ancien est classé en 1983, et le village entre dans les Plus Beaux Villages de Wallonie en 1997. La falaise du Franc Bois, qui le domine, figure sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie, et le village fait partie du Parc national de l'Entre-Sambre-et-Meuse.
Pour prolonger la découverte de Lompret, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : Hôtel de Franc Bois.
Dernière mise à jour : 22/10/2026
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