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Commune de Châtelet — Province de Hainaut

Histoire complète de Châtelineau

Le petit château

Le nom de Châtelineau vient du latin castellum, le château : il apparaît en 1079 sous la forme Chestelineal, et prend sa forme actuelle à partir de 1713. En wallon, on dit Tcheslinea. Avant l'arrivée de César, la région faisait partie du territoire des Aduatiques, tandis que les Nerviens occupaient les terres plus à l'ouest.

Vers 1077-1079, un hôpital pour les voyageurs est fondé avec l'accord du pape Grégoire VII, et le château est mentionné dès 1079.

L'abbaye de Soleilmont

Selon la tradition, l'abbaye de Soleilmont remonterait au XIe siècle. Elle rejoint l'ordre de Cîteaux en 1237, et deux ans plus tard le pape Grégoire IX la place sous sa protection. Au XVe siècle, l'abbesse Marie de Senzeilles la réforme. Ses ruines font aujourd'hui partie du patrimoine de Châtelineau.

Seigneurs et malheurs des guerres

Châtelineau est disputé entre le prince-évêque de Liège et le comte de Namur ; en 1375, le pape tranche en faveur du comte. En 1503, les habitants reçoivent une Grande Charte. La seigneurie passe successivement aux familles de Chestelineal (XIIIe siècle), de Glimes (XIVe), Du Bois (XVe), de Mérode, de Gand dit le Vilain, puis d'Arenberg au XVIIIe siècle. Le seigneur possède le château, les terres, les moulins, les brasseries et rend la justice.

Le village souffre des guerres : en 1542, 16 000 Gueldrois le pillent ; au XVIIe siècle, le château est occupé par les Hollandais ; en 1690, après la bataille de Fleurus, 35 maisons sont incendiées. Le château fort, qui dominait la vallée de la Sambre, est démoli entre 1794 et 1796 sur ordre de la duchesse d'Arenberg. En 1815, au moment de la campagne de Waterloo, des combats ont lieu tout près ; les blessés sont soignés à la houillère Sainte-Pauline et chez l'habitant.

Le charbon

Le sous-sol de Châtelineau est riche en houille. La société du Gouffre, fondée à la fin de l'Ancien Régime, compte le duc d'Arenberg parmi ses actionnaires ; sa concession couvre 729 hectares sur Châtelineau, Gilly et Pironchamps, avec notamment les puits n° 8 (1867), n° 9 (1903) et n° 10 (1916), ce dernier au Sart-Allet. Le charbonnage du Trieu-Kaisin exploite 454 hectares ; son dernier puits, le n° 8 « Pays-Bas », laisse place en 1978 au centre commercial Cora. Le charbonnage du Nord de Gilly naît en 1874.

La mine a ses drames : en 1835, un coup de grisou tue 24 mineurs au Trieu-Kaisin ; une inondation à Sainte-Pauline fait 29 morts ; et une grève, à la fin du XIXe siècle, fait 4 morts à la fosse de l'Épine.

La Sambre, le fer et le rail

En 1827, la Sambre est canalisée pour la navigation ; son ancien lit forme encore aujourd'hui une enclave de Châtelet. En 1829, Cockerill, Wilmart et Dupont posent les fondations de quatre hauts-fourneaux au coke, et la Société des hauts-fourneaux, usines et charbonnages de Châtelineau est créée en juillet 1829. En 1911, elle produit 95 000 tonnes de fonte et 40 000 tonnes d'acier brut.

Le chemin de fer arrive avec la ligne de Morialmé à Châtelineau en 1854. La gare actuelle, de style éclectique, est construite en 1911 ; Châtelineau devient un nœud ferroviaire, sur les lignes de Paris à Cologne et de Givet à Anvers.

Les Pirmez et les églises

Une famille marque la vie locale : les Pirmez. Le château Pirmez est bâti sur l'ancien pré de l'hôpital, à la Franche-Chambre. Léonard Pirmez (1768-1866) est astronome, et Eudore Pirmez (1830-1890) devient député et ministre de l'Intérieur.

La famille finance aussi plusieurs églises : Saint-Antoine au Taillis-Pré, néogothique, vers 1876, par Sylvain Pirmez, et Saint-Barthélemy, place de la Madeleine, néoromane, en 1911, grâce à Rosalie Pirmez, sur les plans de Jules et Henri Dal. L'église Sainte-Marie du Corbeau, néoromane, est bâtie en 1906-1907 par Valentin Vaerwyck, et la chapelle Notre-Dame de Grâce, moderniste, en 1955 par Pol Genard.

Parmi les autres enfants du lieu, on compte le médecin Grégoire Soupart (1841-1906), bourgmestre de 1888 à 1906, le missionnaire jésuite Fernand Allard (1878-1947) et le chanteur Claude Barzotti (1953-2023). La maison Allard, de style Art nouveau, se dresse place Wilson.

Le XXe siècle

Pendant la Seconde Guerre mondiale, des bombardements frappent le moulin de « La Royale » et la gare de formation ; le cimetière de la Floche garde des tombes de combattants de 1940-1945. Après la guerre, la construction de logements sociaux fait fortement grandir la population. Une stèle aux mineurs émigrés rappelle le jumelage avec Casteltermini, en Sicile. Le monument aux morts, œuvre d'André Mineur, est transféré place d'Arenberg en 1966.

La sidérurgie continue sous d'autres noms : Carlam en 1976, Cockerill-Sambre en 1981, Arcelor en 2001, puis Aperam en 2011. Le laminoir de Châtelet emploie encore 750 personnes en 2022.

Châtelineau aujourd'hui

En 1977, Châtelineau fusionne avec Châtelet et Bouffioulx pour former la commune de Châtelet ; quelques années plus tôt, en 1971, la commune avait racheté le bâtiment de la société du Gouffre. Chaque dernier dimanche d'août, la procession de Notre-Dame de Rome perpétue une vieille tradition.

À découvrir au village

Pour prolonger la découverte de Châtelineau, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : Boutique Kenza Mode.

Sources

Dernière mise à jour : 26/10/2026

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