Commune de Charleroi — Province de Hainaut
Le sol de Montignies a livré de nombreux vestiges romains : des tombes et des objets à Bosquetville, des vases en terre rouge aux prés Belvaux en 1871, des tuiles et poteries près de la chaussée Solvay en 1874, un cimetière belgo-romain au Roctiau en 1875 et les restes d'une villa au Champ de l'Épine.
Le village apparaît dans les textes vers 866 sous le nom de Montiniacus. Son nom évolue ensuite : Montegni sur Sambre en 1253, Montegny au XVe siècle, Montignies sur Sambre en 1656.
Au Moyen Âge, Montignies fait partie du bailliage de Viesville, dans le quartier de l'Entre-Sambre-et-Meuse de la principauté de Liège, et s'enfonce en coin dans le comté de Namur. Cette frontière se lit encore dans le nom de deux charbonnages, le « Pays de Liège » et le Trieu-Kaisin, dit « des Pays-Bas ». Les seigneurs de Morialmé, puis les t'Serclaes de Tilly, ont laissé leurs armes au blason de la commune.
Dès le XIIIe siècle apparaissent les cloutiers et de petites exploitations de houille. En 1622, la guerre qui oppose les Espagnols au chef de guerre Mansfeld, battu à Fleurus, dévaste la région. La chapelle du Calvaire, vers 1640, est l'un des plus anciens témoins de cette époque ; elle est classée depuis 1952.
Au XVIIIe siècle, les charbonnages se multiplient : Trieu-Kaisin, Bonne-Espérance, Mambourg, Poirier. Adrien Drion ouvre le charbonnage de Bonne-Espérance, et le village approche les 2 000 habitants à la fin du siècle. L'église Saint-Remy est construite en 1789.
Le 8 mai 1794, le général français Charbonnier commence le siège de Charleroi, que les Autrichiens ont fortifiée. La porte dite de Waterloo ou de la Belle Alliance, dont des éléments datent de 1816, est classée depuis 1985.
En 1836 naît la Société des Forges de Montignies, dite de Champeaux, qui compte en 1867 trois hauts-fourneaux, un laminoir et neuf chaudières. En 1851, les Dehaynin y exploitent les premières fabriques de briquettes de charbon de Belgique. Deux verreries s'installent vers 1830 et vers 1870, et en 1874 un tramway à chevaux est concédé.
La population et les églises suivent : l'église néogothique Saint-François est bâtie de 1855 à 1857, le château de Bonne-Espérance devient un couvent en 1857, puis l'église néoromane Saint-Pierre s'élève en 1880 place de la Neuville. En 1874, le pape Pie IX offre à la paroisse des reliques de saint Valentin, conservées à Saint-Remy.
Le travail est dur : en 1868, lors d'une grève, l'intervention de l'armée fait six morts, c'est le drame de l'Épine. En 1889, le puits Saint-André atteint 950 mètres, le plus profond de Belgique. Jacques Piérard est bourgmestre de 1866 à 1889.
En 1910, Montignies inaugure son hôtel de ville, de l'architecte François Giuannotte. En 1914, les Allemands de la 19e division d'infanterie de réserve entrent dans la commune : 35 civils sont exécutés, des habitants servent de boucliers humains et 103 maisons sont détruites. La même année est construite l'église néogothique Notre-Dame de Lourdes, d'Hector Leborgne.
En 1930, la commune compte 26 244 habitants. En 1936, l'ancienne verrerie Fourcault devient une caserne, où le futur Premier ministre Edmond Leburton fait son service militaire. Pendant l'Occupation, des résistants cachent à la gare des cloches réquisitionnées. En 1944, les bombardements alliés sur la gare de formation et le pont de Sambre font plus de 200 morts et détruisent plus de 400 maisons ; une bombe volante V1 explose aussi rue de la Pensée.
Les charbonnages Saint-André, Saint-Charles et Duchère ferment en 1957, 1958 et 1965, puis la sidérurgie est frappée à son tour par la crise. Après Edmond Yernaux, bourgmestre de 1926 à 1970, André Poffé est le dernier bourgmestre avant la fusion de 1977 avec Charleroi.
Montignies garde ses quartiers (le Centre, les Cités, les Trieux, Saint-Jean, le Roctiau, la Neuville, Saint-Charles, le Poirier, la Duchère...) et ses fêtes ouvrières : la Saint-Éloi des métallurgistes le 1er décembre et la Sainte-Barbe des mineurs. La comédienne Dominique Wilms, le dessinateur de BD Dupa, le sculpteur Johan Muyle et la femme politique Joëlle Milquet y sont nés.
Pour prolonger la découverte de Montignies-sur-Sambre, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : le restaurant El Mexicanito.
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