Commune de Charleroi — Province de Hainaut
Le nom de Monceau, Moncea-so-Sambe en wallon, vient du mot « moncha », qui désigne un tas ou une butte. L'ancienne commune en comptait trois : le Hameau, les abords de l'actuel parc du château, entre les ruisseaux d'Ernelle et du Samin, et les Grands Trieux, au nord.
Pendant des siècles, Monceau n'est pas une commune à part entière : le village dépend de Marchienne-au-Pont.
Le château de Monceau est mentionné comme forteresse dès le XIVe siècle, en terre liégeoise. Il appartient alors à Othon VI de Trazegnies, qui le tient de sa mère, Jeanne de Heppignies. En 1443, Anne de Trazegnies, seule héritière après la mort de son frère Jean, le fait passer à la famille de son époux, Arnould de Hamal, seigneur d'Elderen.
Vers 1510, Jean de Hamal modernise le logis et son épouse y fait bâtir une chapelle : les plus anciens vestiges visibles aujourd'hui, dans les caves et les soubassements de l'aile est, datent de cette époque. Ruiné par le passage des troupes françaises dans la seconde moitié du XVIe siècle, le château aurait été reconstruit en 1607 par Guillaume de Hamal. Une ferme castrale l'accompagne ; son porche d'entrée date du milieu du XVIIe siècle.
En 1651, l'héritière de Monceau, Anne-Florence de Hamal, épouse en secondes noces Pierre-Eugène de Gavre, marquis d'Aiseau. Les Gavre, devenus princes en 1736, gardent le château jusqu'en 1832. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, François-Joseph de Gavre fait construire l'aile ouest : le château prend alors sa forme en U autour d'une cour d'honneur ouverte au nord, dans un vaste parc paysager.
La carte de Ferraris, levée entre 1771 et 1778, montre encore un village rural, groupé autour du château et de l'actuelle rue Ferrer.
En 1822, Monceau se sépare de Marchienne-au-Pont et devient une commune indépendante. Son église néoclassique Saint-Louis de Gonzague, dessinée par l'architecte J. Kuypers, est le symbole de cette autonomie.
En 1832, le château passe par héritage à la comtesse d'Egger, qui le lègue en 1864 à un neveu autrichien. Celui-ci le vend en 1866 au baron Jules-Jean Houtart, industriel verrier, qui le fait restaurer la même année par l'architecte Justin Bruyenne : les pignons à gradins des ailes de la cour d'honneur datent de cette restauration.
Au XIXe siècle, le chemin de fer traverse Monceau et l'industrie s'installe. Les Ateliers Germain, les Ateliers Hanrez, la Fonderie Thiébaut, le Laminoir du Ruau et la Société de charbonnage de Monceau-Fontaine font de Monceau l'une des communes les plus actives du bassin de Charleroi. Les corons des ouvriers voisinent avec les maisons des patrons, et la population grandit vite.
Au début du XXe siècle, la commune se dote d'une nouvelle maison communale de style éclectique, rue Ferrer, œuvre de l'architecte Marcel Simon, après l'incendie de la précédente.
En 1918, pendant la retraite allemande, des prisonniers français affamés sont parqués au cercle Saint-Édouard de Marchienne-au-Pont. Un samedi, après l'école, Yvonne Vieslet, une petite fille de Monceau âgée de 10 ans, passe à travers la clôture le pain reçu le matin à l'école. Une sentinelle allemande tire : touchée, Yvonne meurt le lendemain à l'hôpital de Marchienne. Elle est enterrée au cimetière de Monceau.
Une stèle est posée dès 1919 dans la cour de son école, et une rue porte son nom. En 1956, une statue en bronze du sculpteur Ernest Patris est élevée rue Ferrer ; volée en 2007, elle est remplacée en 2010 par une copie en résine réalisée par Fabrice Ortigni.
La crise de 1929 marque le début du déclin : de nombreuses usines ferment. En 1938, la commune achète le château et son parc aux héritiers Houtart pour 1 250 000 francs. Pendant l'entre-deux-guerres apparaissent aussi des maisons étonnantes, comme la villa « La Rustique », construite en 1923 dans un style fantaisiste que l'on compare souvent à Gaudí.
En 1977, Monceau-sur-Sambre devient une section de Charleroi, qui hérite du château, classé monument en 1989 et animé par l'ASBL « Les Amis du château de Monceau ». Les bâtiments du charbonnage de Monceau-Fontaine accueillent aujourd'hui des associations d'économie sociale, et un quartier de logements a remplacé les Ateliers Germain.
Pour prolonger la découverte de Monceau-sur-Sambre, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : l'épicerie italienne Au Soleil d'Italie, la boutique de jouets anciens et de BD Denistoys & BD et le photographe Photos Benoit.
Dernière mise à jour : 02/11/2026
Cette page est écrite à partir de sources publiques et elle peut toujours s'enrichir. Vous avez une information, un souvenir de famille, une vieille photo ou une carte postale ? Vous avez repéré une erreur ? Écrivez-nous : chaque information est vérifiée avant d'être ajoutée, corrigée ou retirée.
[email protected]