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Commune de Charleroi — Province de Hainaut

Histoire complète de Gosselies

Un nom venu de loin

L'origine du nom est discutée. Il pourrait venir d'un Gallo-Romain appelé Gossilius, propriétaire d'une villa, ou d'une forme ancienne, Gossiniacas, formée sur le nom germanique Gossin, ou Goswin. En wallon, on dit Gochliye.

Gosselies apparaît pour la première fois en 980, dans une charte de Notger, prince-évêque de Liège. Le lieu appartenait alors à l'abbaye de Lobbes, à laquelle saint Ursmer l'avait cédé.

Les seigneurs et le prieuré

Vers 1110, les premiers seigneurs connus, Pétronille de Roucy et son époux Raoul de Viesville, sont à l'origine de la paroisse. Pétronille fait raser la maison forte d'Avelinsart pour y fonder le prieuré de Sart-les-Moines, qui dépend de l'abbaye de Liessies.

La seigneurie de Gosselies relève du comté de Namur. En 1236, elle appartient à Thierry de Brerbais, puis passe aux familles de Bousies, de Rubempré, de Sainte-Aldegonde et de Bergerand. À côté d'elle existent deux seigneuries d'Église : Sart-les-Moines et le Moncil, qui dépend du chapitre de Saint-Ursmer de Binche. Un mayeur, Oston, est cité dès 1276.

La tour du château

Du château médiéval, il ne reste qu'une tour, construite par la famille de Bousies au XVe siècle, entre 1423 et 1534 selon une source, vers 1435 selon une autre. C'est le seul vestige de cette époque dans la ville.

L'église Saint-Jean-Baptiste

Vers 1554, une église est construite ; le roi de France Henri II la fait incendier lors de son passage à Gosselies. En 1560, les habitants organisent une procession pour implorer saint Jean-Baptiste contre une épidémie. Aujourd'hui encore, le Tour Saint-Jean sort chaque année le dimanche le plus proche du 24 juin, avec une messe en plein air à la chapelle Saint-Jean, bâtie en 1844.

L'église est agrandie en 1714-1715, puis de 1762 à 1791, et à nouveau de 1872 à 1878 par l'architecte Émile Tirou, qui lui donne son style néogothique et une nouvelle flèche. En 1990, une tempête abat le clocher, reconstruit en 1994.

Le 15 juin 1815

En 1804, Gosselies échange des territoires avec Jumet : le Moncil et Sart-les-Moines deviennent jumétois, et Gosselies reçoit le Chapois.

Le 15 juin 1815, les premiers combats de la campagne de Belgique ont lieu à Gosselies : les troupes françaises du général Reille y affrontent la division prussienne de von Zieten. Trois jours plus tard, la campagne se termine à Waterloo. En 1830, des volontaires de Gosselies partent se battre à Bruxelles lors des journées de septembre, qui mènent à l'indépendance de la Belgique.

Une ville de charbon

Au XIXe siècle, le bois du Spinoi devient le cœur de l'extraction du charbon, et le canal de Charleroi à Bruxelles longe le hameau de Trévieusart. En 1876, Gosselies reçoit officiellement le titre de ville. De 1879 à 1884, Émile Tirou construit l'hôtel de ville ; abîmé par les affaissements dus aux mines, il sera démoli dans les années 1970. Le château du Chapois abrite aujourd'hui le Collège Saint-Michel, et la maison Gaspar-Thibaut rappelle l'époque de l'Art nouveau.

Le berceau de l'aviation

En 1919, une école de pilotage s'installe sur le Mont des Bergers, le point le plus haut de la région. Dès 1920, la Société générale d'aéronautique y répare et entretient des avions, et quelque 400 pilotes militaires et civils y sont formés. En 1931 sont signés les statuts des Avions Fairey, qui font de Gosselies un centre de l'industrie aéronautique belge ; la SABCA y ouvre une seconde usine en 1954, et la Sonaca reprend les activités de Fairey en 1978.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'aérodrome devient public. Au début des années 1990, la Région wallonne en confie la gestion à Brussels South Charleroi Airport. Ryanair y ouvre une ligne vers Dublin et en fait sa première base sur le continent : l'aéroport accueille 800 000 passagers en 2001 et plus de 9 millions en 2023.

Pendant l'Occupation, de 1942 à 1944, Gosselies est intégrée au « Grand Charleroi » imposé par l'occupant.

Gosselies aujourd'hui

Émile Hubinon est le dernier bourgmestre de la ville, de 1958 à 1977. Avec la fusion de 1977, Gosselies perd son statut de commune et devient une section de Charleroi. Autour de l'aéroport, l'Aéropôle accueille le Biopark et le siège de la Sonaca. Le Tour Saint-Jean, en juin, et le Tour de la Madeleine, en juillet, perpétuent les anciennes processions.

Gosselies a vu naître ou vivre l'historien bénédictin dom Ursmer Berlière, l'ingénieur Junius Massau, l'écrivain wallon Franz Michaux, l'architecte Émile Tirou, Ida Pascolo, survivante des camps, et le chanteur Philippe Lafontaine.

Pour meubler la maison, le magasin Meubles CHOC est installé à Gosselies.

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