Commune de Charleroi — Province de Hainaut
Les fouilles de 1868 ont mis au jour à Soleilmont un oppidum gaulois, où l'on fabriquait des poteries, et d'autres fouilles les restes d'une villa romaine, à la limite de Montignies-sur-Sambre.
Le nom du village apparaît sous la forme Gislero en 866, dans le polyptyque de l'abbaye de Lobbes, dont Gilly dépend. Les habitants paient leurs redevances en nature et le servage est en usage ; l'abbé exerce la justice et nomme le mayeur et les échevins. On trouve ensuite les formes Gislir, dans une charte de l'évêque Notger en 980, puis Gilier, et Gilly à partir de 1359.
Gilly passe ensuite sous l'autorité du comté de Namur ; aux XIVe et XVe siècles, le prince-évêque de Liège la lui conteste, sans succès. Sur le plan religieux, la paroisse relève du diocèse de Liège et du doyenné de Fleurus, puis du diocèse de Namur à partir de 1561.
Aux confins de Gilly et de Fleurus, l'abbaye de Soleilmont aurait été fondée en 1088 selon la tradition ; la première mention sûre d'une maison religieuse date de 1185, et elle devient cistercienne en 1237, sous la dépendance de l'abbaye d'Aulne.
Sous les ducs de Bourgogne, puis sous les Espagnols et les Autrichiens, le village souffre au XVIIe siècle des sièges de la citadelle de Charleroi toute proche : réquisitions, incendies et pillages. L'église Saint-Rémy, la plus ancienne de Gilly, date de 1775.
Une convention de 1666 atteste déjà l'exploitation des veines de charbon. En 1686, Jean-Baptiste de Colnet, de la famille de verriers installée à Jumet, obtient du roi d'Espagne l'autorisation d'ouvrir à Gilly une verrerie de vitraux peints. En 1770, un document signale une exploitation importante de la houille et les premiers terrils.
À la fin de l'Ancien Régime, des assemblées réunies à Jumet et à Gilly contestent l'autorité autrichienne et les habitants refusent de payer les aides et les tailles.
En 1794, la victoire française de Jourdan sur les Autrichiens à la bataille de Fleurus se joue sous les murs de Soleilmont ; l'abbaye doit vendre son patrimoine pour payer une contribution de 30 000 francs, et ses religieuses sont expulsées en 1797. Gilly est rattaché au département de Jemappes.
Le 15 juin 1815, au début de la campagne de Waterloo, l'armée de Napoléon se heurte à Gilly à l'arrière-garde prussienne du général von Zieten, forte d'environ 10 000 hommes. Le général Letort y mène une charge de cavalerie au cours de laquelle il est mortellement blessé. Napoléon suit le combat depuis un vieux moulin du Sart-Allet.
Au XIXe siècle, Gilly se couvre de puits et de maisons ouvrières. La Société de Noël-Sart-Culpart et les Houillères Unies du Bassin de Charleroi naissent en 1857, le charbonnage Vallées-Congo et Yser démarre en 1868 et les Charbonnages du Nord de Gilly en 1874 ; d'autres sièges, comme le Gouffre et les Viviers Réunis, complètent le paysage. Les terrils des Nutons, des Vallées, de Congo et Yser, des Viviers et des Mastelles en sont les témoins. En 1874 s'ouvrent aussi deux lignes de chemin de fer, la 131 vers Bois-de-Nivelles et la 119 de Luttre à Châtelet.
Le verre n'est pas oublié : les Verreries de Charleroi et La Discipline fabriquent du verre à vitres, avec des fours à bassin à partir de 1884. En 1886, lors des grèves et émeutes qui secouent le bassin, l'abbaye de Soleilmont, que les religieuses avaient rachetée en 1837, est incendiée et pillée, et l'armée intervient.
La première maison communale date de 1824. Les quartiers se développent : les Haies, avec leur église néogothique Sainte-Barbe, le Sart-Allet, dont l'oratoire de 1878 devient en 1888 l'église néoromane du Sacré-Cœur, et le Sart-Culpart, avec son église Notre-Dame de Lourdes.
En août 1914, pendant la bataille de Charleroi, l'abbaye de Soleilmont devient un hôpital. En 1930, le terril des Vallées s'effondre sur le quartier de Louvy, heureusement sans faire de victime. Élie Braconnier, directeur d'école, bourgmestre de 1927 à 1936 et sénateur, aurait instauré pendant les grèves violentes de l'été 1932 un dialogue entre les mineurs et les forces de l'ordre ; son buste, œuvre du sculpteur Jules Vanderstock, est inauguré en 1937.
Sous le bourgmestre Joseph Gailly, de 1936 à 1960, puis Léopold Tibbaut, de 1960 à 1976, Gilly construit ses cités sociales, la cité Germinal du Foyer Gillicien (1951-1974) et la cité des Nutons (1958), et inaugure en 1963 son hôtel de ville. La nuit de Noël 1963, un incendie ravage l'abbaye de Soleilmont : les religieuses s'installent dans un nouveau monastère achevé en 1973, à quelques centaines de mètres des ruines.
Après 1945, l'activité minière décline et s'arrête dans les années 1970, et la production de verre prend fin à la fin des années 1970. La Discipline était entrée en 1930 dans le groupe Univerbel, puis en 1961 dans Glaverbel. En 1977, Gilly fusionne avec quatorze autres communes pour former la ville de Charleroi.
La gare du Sart-Allet a fermé en 1992, mais le métro dessert Gilly : la station Marabout, commencée dans les années 1980 et restée à l'état de gros œuvre pendant une vingtaine d'années, a été inaugurée en 2012, avec une fresque du céramiste Maurice Joly. Le Grand Hôpital de Charleroi a été construit sur le site des anciens charbonnages des Viviers. La braderie de mai et d'octobre et la marche Notre-Dame de Lourdes, en septembre, animent toujours le village.
Pour prolonger la découverte de Gilly, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : Gilly Zoo, le magasin d'arts de la table Maison Hocq et Eleven's Dwich.
Dernière mise à jour : 02/11/2026
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