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Commune de Braine-le-Comte — Province de Hainaut

Histoire complète de Ronquières

Le nom et les premières mentions

En wallon, le village s'appelle Ronkière. Selon le site d'histoire locale, sa terre est donnée en 977 par Godefroid le Captif à l'abbaye de Saint-Ghislain. Le nom apparaît par écrit en 1177, sous la forme « Runcheries », puis en 1197 sous la forme « Runkirs ». Au XIIe siècle, l'abbaye de Saint-Ghislain a le droit de nommer le curé de Ronquières et de sa voisine Henripont.

Les moines d'Haurut

Les bénédictins de Saint-Ghislain tiennent à Ronquières un prieuré, à Haurut. Au XIIe siècle (les dates varient selon les textes, entre 1138 et 1182), ils le cèdent avec ses dépendances aux cisterciens de l'abbaye de Cambron, fondée en 1142, qui ont plus de frères convers pour travailler la terre. Cambron garde ce domaine jusqu'à la Révolution française. Les moines exploitent un moulin et un bois de 70 bonniers près de la cour d'Haurut, nomment le curé et touchent une partie des dîmes.

À partir du XVe siècle, faute de convers, ils louent leurs terres en fermes : les censes d'Haurut, du Tomboy et du Chenois, ou encore la Malmaison, qui existe toujours. La chapelle d'Haurut est reconstruite au début du XVIIe siècle sous la direction du bailli de Cambron ; elle est achevée en 1604 et la première messe y est dite le 22 février 1605. Elle a été démolie en 1983.

Les seigneurs d'Enghien, en terre de Brabant

Vers 1200, la seigneurie appartient aux seigneurs d'Audenarde, puis passe à ceux d'Enghien : en 1208, Englebert d'Enghien possède déjà le domaine, et en 1256 Siger d'Enghien le tient en fief de Jean d'Audenarde, lui-même vassal du duc de Brabant. Ronquières reste brabançon jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. Par mariage, le domaine passe ensuite aux Luxembourg, puis aux Bourbons après la mort de Pierre de Luxembourg en 1482. Le 14 juillet 1446, Louis de Luxembourg accorde des privilèges au serment des archers du village. En 1608, le roi de France Henri IV vend la seigneurie au duc Charles d'Arenberg.

Le seigneur a droit de justice, de chasse, de pêche et de banalité : les habitants doivent moudre au moulin seigneurial. Ce moulin, sur la Samme, est une « triple usine » : moulin à farine, pressoir à huile de colza et moulin à écorce de chêne pour le tanin des tanneurs. Il est arrenté par les moines au seigneur d'Enghien en 1411 et reconstruit à la fin du XVe siècle. Tout contre lui se dresse une prison seigneuriale, une tour carrée attestée dès 1489 ; au XVIIe siècle, une femme accusée de sorcellerie, Laurence Dupuis, y est enfermée pendant son procès. Les Arenberg ne vendent le moulin, le bois de la Houssière et plusieurs fermes que pendant la Première Guerre mondiale (en 1916 ou 1917 selon les textes).

L'église Saint-Géry et le drame de 1569

Au XVIe siècle, les idées protestantes gagnent le village. En 1568, le tisserand Pierre Taminiau est condamné pour hérésie. En 1569, en pleine répression espagnole, Ronquières compte un groupe important de protestants : le mayeur est décapité et sa tête exposée sur un pieu, le greffier est arrêté et pendu près de sa maison.

L'église Saint-Géry date, selon le site d'histoire locale, du XVIe siècle (une autre page du même site parle d'une église bâtie par les cisterciens au XIIIe siècle). Le vieux cimetière garde des dalles funéraires des XVIe et XVIIe siècles. L'église brûle en 1924 ; elle est restaurée de 1924 à 1927 et classée le 14 janvier 1950.

Lin, coton, genièvre et dindons

Au XVIIIe siècle et au début du XIXe, Ronquières vit du lin, comme Braine-le-Comte et Henripont, même si on n'y cultive pas la plante : de 1779 à 1793, sur 126 mariages, 54 concernent des fileurs ou des fileuses de lin. Après la révolution de 1830, le filetier Étienne Denis lance l'industrie du coton, et en 1835 la commune autorise une filature sur la Sennette. Le village a aussi ses distilleries de genièvre, ses brasseries (celle de la ferme du Chenoy s'arrête en 1870), une papeterie à Pied d'Eau, relancée en 1829, et une forge le long de la Samme.

Ronquières est surtout connu pour ses dindons. Une race porte son nom, présente dans le village depuis le XVIIe siècle, avec plusieurs variétés (à épaules jaunes, fauve, jaspée, perdrix). Selon le site d'histoire locale, l'élevage qui faisait la réputation du village prend fin vers 1930. Avant la Seconde Guerre mondiale, Ronquières a encore une petite verrerie.

Le canal de Charleroi

Le rêve d'un canal entre Bruxelles et Charleroi remonte au XVIe siècle, mais il ne se réalise qu'en 1832. Creusé à la pelle et à la pioche, long de 74 km, il compte 55 écluses et n'accepte que des bateaux de 70 tonnes, les « baquets de Charleroi » ; il faut trois à quatre jours pour aller de Charleroi à Bruxelles. Le canal est élargi par morceaux au XIXe siècle, puis entièrement refait de 1948 à 1968 pour les péniches européennes de 1 350 tonnes.

Le 17 mai 1940, le canal devient une ligne de front. Dans le secteur de Virginal, Ronquières, Arquennes, Feluy et Seneffe, la 32e division d'infanterie française tente d'arrêter l'armée allemande. Le 7e régiment d'infanterie supporte l'essentiel de l'attaque : de 2 500 hommes, il tombe à environ 800, avec près d'une centaine de tués. Les Français se replient le soir vers la Dendre, mais des groupes isolés résistent jusqu'au matin du 18 mai. Le site d'histoire locale appelle ces combats la « bataille de Ronquières ».

Le plan incliné

Pour remplacer les 11 anciennes écluses de ce tronçon, on construit à Ronquières, de 1962 à 1968, un plan incliné. Il est inauguré le 1er avril 1968. Deux immenses bacs remplis d'eau, longs de 91 mètres, roulent sur des rails le long d'une pente de 1 432 mètres et font monter ou descendre les bateaux de 68 mètres. Chacun est équilibré par un contrepoids de 5 500 tonnes et tiré par huit câbles depuis une grande tour au sommet. La montée dure environ 22 minutes, et un passage complet environ trois quarts d'heure. Les travaux font disparaître plusieurs vieux bâtiments du village, dont une ancienne brasserie, la ferme du Chenoy et la forge.

En 1977, la fusion des communes fait de Ronquières une section de Braine-le-Comte. Le plan incliné est aujourd'hui l'une des grandes attractions touristiques du Hainaut, et le village accueille chaque été un festival de musique au bord du canal. Ronquières a vu naître Émilie Arnould (1906-1997), militante sociale chrétienne.

À découvrir au village

Pour prolonger la découverte de Ronquières, à voir aussi sur l'Annuaire Wallon en Vidéo : La Tour Glacée.

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